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Markku Pölönen • Réalisateur de Land of Hope

"Je marche du côté ensoleillé de la rue"

par 

- Nous avons rencontré le metteur en scène finlandais Markku Pölönen pour parler de son nouveau film historique, Land of Hope, à l'affiche en ce moment dans le pays

Markku Pölönen  • Réalisateur de Land of Hope

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, dont l'action se passe entre 1945 et 1952, suit un jeune soldat, Veikko (Konsta Laakso), qui reçoit un lopin de terre pour commencer une nouvelle vie. La seule condition est qu'il se marie avant, mais il trouve vite une compagne à son goût en Anni (Oona Airola), une femme de tempérament. Nous avons interrogé le réalisateur Markku Pölönen sur ce film, à présent à l'affiche en Finlande.

Cineuropa : Les gens reconstruisaient le pays après la guerre, donc beaucoup de choses étaient en transformation. Qu'est-ce qui vous a fait vous intéresser à cette époque ?
Markku Pölönen :
J'aime bien les films historiques parce qu'on n'a pas à faire de placement de produit [rires]. J'avais déjà fait un film sur cette époque [Dog Nail Clipper en 2004], et j'ai découvert qu'elle était très... haute en couleurs. Et puis il y avait de la demande pour ce genre de films. Beaucoup de personnes d'âge mûr, notamment des femmes, m'ont demandé si je pourrais faire un film sur cette période oubliée qui a suivi la guerre. Les réalisateurs se concentrent d'habitude sur le front, mais ces gens se battaient aussi : ils essayaient de gagner leur vie et de construire un nouveau futur. Ce que j'ai trouvé intéressant, c'est tout ce qu'ont accompli les femmes. Je ne sais comment, des milliers de nouveaux logements ont été construits et personne n'est mort de faim, et il y avait la paix dans la société. C'est une sorte de miracle, à bien y penser.

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Cela explique aussi pourquoi il n'y a ici pas de méchant. Je parlais du film à quelqu'un qui m'a dit : "C'est un réalisateur qui aime les gens". Êtes-vous d'accord avec ça ?
J'ai toujours admiré Frank Capra. On peut toujours choisir la manière dont on voit le monde. On peut le voir comme un enfer mais ma théorie, c'est qu'au moins 97,3 % des gens qui habitent cette planète sont bons – le reste, c'est des cons. Peut-être que je suis un romantique, mais on peut marcher du côté ensoleillé de la rue ou rester dans l'ombre. Moi, j'aime le soleil. Pour survivre, ces gens ont dû travailler ensemble. On ne pouvait pas se contenter d'aller dans un bureau et de dire : "J'ai des problèmes et j'ai besoin d'argent". Il fallait faire confiance à ses voisins. Je suis né en 1957 à la campagne, où les choses ne changent pas si vite que ça, donc nous n'avions pas l'électricité jusqu'à mes 14 ans. J'ai vécu la même vie que les gens après la guerre. Mais ça ne m'intéresse pas de faire du cinéma sur la réalité sociale, ce n'est pas ma tasse de thé. J'aime les films qui se terminent bien, et j'essaie de voir les bons côtés des gens. Réaliser des films, ce n'est pas seulement un métier, c'est une manière de voir le monde et de le montrer aux autres.

On s'habitue à voir des guerres au cinéma. Dans Land of Hope, quand les voisins frappent à la porte, on s'attend à ce que quelque chose de terrible se passe, et puis il s'avère qu'ils sont juste venus apporter du poisson.
Nous habitons dans "le pays des mille lacs", donc c'est soit du poisson, soit de la gnôle [rires]. C'est drôle que vous mentionniez cela, parce que beaucoup de gens m'ont dit qu'ils s'attendaient à ce que le cheval meurt. Eh bien mon film n'est pas de ce genre. Pendant la guerre, des milliers de chevaux ont été mobilisés à des fins militaires, et 20 000 sont morts, et encore davantage ont été blessés et ont connu les mêmes traumatismes que les hommes qui s'étaient battu. Notre jument n'obéissait pas aux ordres, mais ça en a fait une meilleure actrice. Et aussi, il est vite devenu évident qu'Oona Airola était la seule personne qui pouvait jouer ce rôle, justement à cause de ce cheval. Elle monte à cheval depuis l'âge de neuf ans, alors elle pouvait s'en débrouiller.

Ce film est finalement très féminin. Vous avez collaboré pour le scénario avec la chanteuse et désormais actrice Paula Vesala. Est-ce une décision que vous avez prise sur le champ ou par la suite ?
Au départ, le projet devait être une série télé, et les personnages d'Anni et Veikko avaient la même importance, et puis ensuite, quand j'ai voulu en faire un film, ça ne fonctionnait pas. J'ai donc appelé le scénariste Antti Heikinen, et c'est lui qui le premier a dit : "C'est Anni qui devrait être le sujet du film". Ça a été un tournant. Là, j'ai eu l'étincelle, et je me suis rendu compte que c'était ça, l'histoire qu'on n'avait jamais racontée avant : l'histoire des femmes. Elles ont joué un rôle énorme pendant la guerre, ce qui leur a permis de croire un peu plus en leurs possibilités, leur potentiel. Rimbo Salomaa, mon producteur, a suggéré Paula Vesala. Je n'avais pas la moindre idée de la raison pour laquelle j'aurais eu besoin d'une popstar pour écrire le film, mais je l'ai rencontrée dans un café et 15 minutes ne s'étaient pas écoulées que nous étions déjà en train de travailler. C'est elle qui a rendu le personnage d'Anni si rafraîchissant. Elle en a fait une femme moderne.

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(Traduit de l'anglais)

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