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Carlos Fernández de Vigo • Réalisateur de Memorias de un hombre en pijama

“Inclure des scènes de sexe était un équilibre nécessaire”

par 

- L'Espagnol Carlos Fernández de Vigo propose une adaptation de la bande dessinée Memorias de un hombre en pijama de Paco Roca, avec l'acteur Raúl Arévalo et le groupe Love of Lesbian

Carlos Fernández de Vigo • Réalisateur de Memorias de un hombre en pijama

Memorias de un hombre en pijama [+lire aussi :
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, projeté au dernier Festival de Malaga, arrive sur les écrans espagnols le 4 janvier, avec Begin Again Films. Il s'agit d'une adaptation de la bande dessinée du même nom de Paco Roca (Arrugas [+lire aussi :
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) par Carlos Fernández de Vigo. Il donne au personnage le visage et la voix de l'acteur et réalisateur Raúl Arévalo (La Colère d'un homme patient [+lire aussi :
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), et la musique a été confiée au groupe Love of Lesbian, dont le leader est Santi Balmes. Nous avons interrogé le réalisateur sur ce film pour adultes, qui combine l'animation avec certaines scènes tournées avec Arévalo et l'actrice María Castro.

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Cineuropa : Dans votre carrière, il y a des courts-métrages, des jeux vidéo, des effets spéciaux, de la production, et à présent de l'animation.
Carlos Fernández de Vigo :
 J'ai fait des études d'économie, mais la quatrième année, j'ai abandonné cette carrière car je ne me sentais pas épanoui. Ensuite, j'ai commencé à travailler dans le jeu vidéo et très vite, je me suis mis au cinéma d'animation, pour combiner ensuite la technologie avec le cinéma et les jeux vidéo. Et me voilà avec un projet en images filmées, un film de science-fiction et d'horreur à tourner, si possible, à Los Angeles. Après avoir fait un Master en effets spéciaux et avoir été réalisateur et responsable de la supervision des effets spéciaux sur plusieurs films, quand j'ai écrit le scénario de ce nouveau film de science-fiction, je l'ai fait en me fixant un budget à chaque page, pour éviter les dépenses inutiles sur des aspects qui n'apportent pas à l'histoire.

Aviez-vous d'autres références, préexistantes à la bande dessinée dont s'inspire Memorias de un hombre en pijama?
J'ai relu et revu tout le travail de Paco Roca, parce qu'il me semblait obligatoire, pour les mouvements de caméra et la composition des plans, de ne pas copier les vignettes originales, mais de manière subliminale, oui, je voulais que le lecteur du roman graphique voyant le film interprète la vignette. Dans ce sens, une des références principales du film, c'est l'univers des romans graphiques de Paco. En termes de cinéma, j'ai revisité beaucoup de films pour apprendre sur la composition et les intentions.

C'est un film pour adultes, avec des scènes de sexe…
Ça fait partie du romantisme. On m'a accordé beaucoup de liberté à ce niveau-là, on ne m'a pas mis d'entraves. Je voulais que la caméra entre dans la relation qu'on voit dans le film. Si, à chaque fois que le couple est seul, ils se mettent devant la télévision, le spectateur va-t-il se sentir intégré à la relation de ce couple ? Je crois que non. Il y a un lien émotionnel très intense entre les deux personnages, et c'est pour cela qu'il était important de traiter le sexe avec naturel, sans lui donner plus de poids que celui qui tient au fait qu'il fait partie du moment. C'était un équilibre nécessaire.

En même temps, le film parle de ces travailleurs indépendants qui apparaissent à peine dans les médias…
Ces héros indépendants... Il y a une séquence brève, quand le héros est avec le logo pour une enseigne de hamburgers, qui permet aux gens de ce profil de se retrouver là. Nous voulions aussi que ce film rende hommage au monde du dessin, des arts graphiques, de l'illustration...

Comment avez-vous sélectionné les acteurs qui apparaissent dans les scènes filmées, et ceux qui ont prêté leur voix aux personnages dessinés ?
J'ai eu beaucoup de chance car Ángel de la Cruz, mon producteur et coscénariste, ainsi que Paco, ont vu Raúl Arévalo comme un acteur très intéressant pour incarner le héros. Maria Castro était déjà prévue et j'ai applaudi ce choix, parce qu'elle a une énergie fantastique, en plus d'être une grande actrice.

La musique de Love of Lesbian donne au film un ton particulier et mélancolique…
Ça a été le cadeau qui vient comme une cerise sur le gâteau, pas seulement pour la musique, mais par rapport au niveau d'implication du groupe. Les gens de l'équipe proposaient qu'on ait beaucoup de musique indépendante espagnole dans la bande sonore et très vite, le nom du groupe Love of Lesbian s'est imposé et les producteurs ont signé avec eux. Ils ont non seulement composé deux nouvelles chansons, mais ils ont aussi refait des nouvelles versions de tous leurs thèmes classiques. Ça été une expérience incroyable et nous avons changé des scènes selon la musique.

Combien de temps a-t-il fallu pour monter ce projet ?
Cela a pris en tout quatre ans en comptant la phase de développement, avec près de 200 personnes qui travaillaient dessus en tout en incluant les collaborateurs et animateurs à Valence, Madrid, en Catalogne, en Galicie et à Los Angeles. Derrière un film d'animation, il y a tout un monde, un univers de travail qui ne perd pas de vue l'intention artistique du projet et en même temps, résout sans relâche toutes les contingences techniques : c'est un équilibre très compliqué parce que si votre profil est surtout créatif, ces tâches techniques peuvent dévorer toute votre énergie.

(Traduit de l'espagnol)

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