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Timo Vuorensola • Réalisateur de Iron Sky: The Coming Race

“Être sérieux n'est pas dans ma personnalité”

par 

- Cineuropa a rencontré Timo Vuorensola, le réalisateur de la suite tant attendue du film finlandais culte de 2012 Iron Sky: The Coming Race, le jour de la sortie du film en Finlande

Timo Vuorensola  • Réalisateur de Iron Sky: The Coming Race
(© Tiia Öhman)

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, un film librement inspiré d'un roman d'Edward Bulwer-Lytton paru en 1871 qui a mis six ans à arriver sur les écrans, troque une base nazie sur la Lune contre un parcours vers le centre de la Terre. Ce film, dont l'action se passe vingt ans après celle du premier Iron Sky, suit les efforts d'Obi Washington (Lara Rossi), la fille de Renate Richter (Julia Dietze), pour sauver l'humanité en pénétrant un monde secret gouverné par le reptilien Vril, sous la houlette d'Adolf Hitler. Nous avons rencontré le réalisateur du film, Timo Vuorensola, le jour de sa sortie en Finlande.

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Cineuropa : La dernière fois que nous avons parlé, vous avez dit que vous n'aviez pas besoin de Donald Trump dans ce film, ayant déjà Sarah Palin. Et pourtant, le sous-titre clame : "Let’s make Earth great again.”
Timo Vuorensola :
 L'idée est cenue de Laibach [un groupe slovène d'avant-garde] ! Ils venaient d'ajouter cette phrase dans la chanson d'ouverture du film et nous avons décidé de la reprendre à des fins de marketing. L'histoire principale est que le peuple des lézards vit depuis longtemps au coeur de la Terre et qu'ils ont, par accident, créé la race humaine, qui a ensuite pris les commandes du monde. Et bien qu'ils ne puissent pas combattre les hommes directement, ils essayent d'influencer leur politique, la culture et l'Histoire. Nous avions une longue liste de candidats potentiels. J'avais besoin qu'ils soient immédiatement reconnaissables et qu'ils soient connus pour ne pas bien traiter l'humanité. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvé avec Mark Zuckerberg, par exemple [rires]. Par ailleurs, notre producteur Tero Kaukomaa a pu jouer avec notre ancien président, Urho Kekkonen. Il a été au pouvoir pendant 30 ans – donc c'est un peu un Poutine finlandais, mais en bien plus sympathique. Trump lui-même n'est pas dans le film - quand on pense qu'il y a un temps où l'idée de Sarah Palin en vice-présidente américaine était la chose la plus folle qu'on puisse imaginer !

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comme une saga potentielle, or à présent, après Christopher Nolan et Batman, les saga ont tendance à se prendre très au sérieux, mais ce n'est absolument pas le cas ici.
Je pense vraiment qu'il est possible d'avoir une approche plus légère. Nous avons tellement de blagues internes à la saga – jusqu'au concept d'un type en uniforme rouge à la Star Trek qui serait toujours le premier à mourir. Nous voulions créer une saga unique et un univers unique, quelque chose qui ferait que les gens se diraient : "C'est tellement Iron Sky !". Je ne voulais pas être trop sérieux ni trop dramatique, ce n'est pas dans ma personnalité.

Avec mon scénariste, Dalan Musson, nous avons essayé d'intégrer au film beaucoup de choses que nous avons adorées enfants. J'ai été inspiré par le paléoart [les dessins sur la vie préhistorique] des années 1930 et 1940 –  ils avaient une apparence un peu passée, et les dinosaures étaient très simples. C'est ainsi que je les ai imaginé grandir. Et aussi, à chaque fois qu'on évoque l'idée d'une Terre creuse, on pense aux dinosaures. Je voulais revenir aux racines de la science-fiction, or ce dont elle parlait toujours avant, c'était d'aller sous l'océan ou vers le centre de la Terre.

Udo Kier, qui joue Hitler dans le film, m'a dit qu'il était impressionné par vos idées de financement participatif : permettre aux fans de payer pour être mangés par un dinosaure à l'écran, par exemple. Comment avez-vous vu votre relation avec cette communauté évoluer ?
J'adore nos fans, mais je n'avais pas au départ l'idée que je faisais ce film pour eux, ou pour quiconque d'ailleurs. Ce n'est pas comme ça qu'un réalisateur travail. Nous faisons les films en lesquels nous croyons. Difficile de dire comment les gens vont réagir, mais je voulais vraiment aller dans une autre direction, cette fois.

Est-il nécessaire d'avoir un budget aussi élevé ? Il semble que vos fans ont adoré le film avec toutes ses imperfections.
Personnellement, je ne m'y connais pas en cinéma de série B. Je ne connais pas du tout cet univers et bien que l'idée ait du sens, je refuse de mettre mon film dans le même panier. Dès l'instant où je me mettrais au service de cette communauté uniquement, je m'ennuierais ferme, et eux aussi le sentiraient dans le film. Je veux essayer d'autres styles : la version chinoise du film que nous préparons [The Ark – An Iron Sky Story, avec  Andy Garcia] sera aussi très différente. Il y a certainement des spectateurs qui voudraient voir plus de nazis sur la Lune, et peut-être que cela arrivera, peut-être que quelqu'un reprendra cette histoire en particulier, mais pour ma part, j'en ai fini avec cette partie du récit. Iron Sky va bien au-delà d'une histoire de nazis : c'est une attitude.

(Traduit de l'anglais)

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