email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

AL ESTE 2019

David Duponchel • Directeur, Festival Al Este de Lima

"Notre objectif majeur est de faire en sorte que le festival continue de vivre et de se développer"

par 

- Nous avons rencontré David Duponchel, directeur du Festival du film d'Europe centrale et d'Europe de l'Est Al Este, pour faire le point sur les dix années d'existence du festival

David Duponchel  • Directeur, Festival Al Este de Lima

Après des études à la prestigieuse FAMU de Prague, David Duponchel a décidé de partager sa passion pour le cinéma confectionné en Europe centrale en Europe de l'Est en créant le festival À l'Est, du Nouveau dans sa France natale. Avec le temps, il a fini par traverser l’Atlantique pour continuer son travail de diffusion de ce cinéma dans des pays comme l’Argentine, la Colombie et le Pérou. Nous l’avons rencontré pour parler des dix éditions que le Festival Al Este de Lima a déjà à son actif, et du futur qui attend la manifestation.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Cineuropa : Comment est venue l’idée d’organiser un festival dédié au cinéma d’Europe centrale et d'Europe de l'Est en Amérique latine ?
David Duponchel
: J’ai commencé il y a 15 ans en France, avec un festival qui s’appelait À l'Est, du Nouveau. Je souhaitais diffuser le cinéma d'Europe centrale et de l'Est, qui n’était pas bien représenté du tout en France à l’époque. J’ai fait des études à la FAMU de Prague et j’avais accès à sa cinémathèque. Là, j’ai découvert des auteurs comme Kieślowski, Milos Forman, Otakar Vávra et plus encore. En 2002, nous avons fait notre première édition, c’est là que le festival est né. Quand je suis arrivé au Pérou, j’ai vu qu'à l'affiche, il n’y avait pas beaucoup d’offre au-delà des films hollywoodiens, et j’ai décidé qu’il fallait faire quelque chose.

Comment se sont passées les premières éditions du festival au Pérou ?
J’ai eu la chance de rencontrer des gens qui travaillent dans la publicité et qui étaient las de voir toujours la même chose au cinéma. Le festival s’est créé avec leur aide ; le marketing a bien aidé à positionner le festival. Nous avons eu un très bon accueil de la part des jeunes. Les premières années ont coïncidé avec l'apogée de la comédie roumaine. Des films comme Silent Wedding [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
ou California Dreamin' [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
ont eu beaucoup de succès auprès du public.

Ces dernières années, le festival s’est ouvert à la Colombie et à l’Argentine. Comment s’est passé ce processus d’expansion ?
Au festival, nous avons eu des volontaires argentins qui me disaient qu’il fallait tenter de faire quelque chose là-bas. Nous avons commencé à Córdoba, avec une petite ouverture à Buenos Aires. L'entreprise a bien fonctionné les premières années ; à présent, nous préparons la septième édition.

Au fil des années, vous avez eu différents hôtes de marque. Comment êtes-vous parvenu à amener ces cinéastes prestigieux vers un festival si jeune ?
Oui, nous avons eu des invités comme Béla Tarr, Sharunas Bartas ou encore Paweł Pawlikowski. Je crois que nous avons la chance que pour ces cinéastes, venir au Pérou soit très attrayant, parce que c’est presque comme venir dans un autre monde. Beaucoup de gens me disaient : "Mais que fait ce fou à organiser un festival comme celui-ci à Lima ?". Et petit à petit, nous voyons qu’il y a beaucoup de choses qui peuvent se faire. Nous sommes passés de la simple projection de films à un appui de la création à travers notre laboratoire. Mon idée est de continuer dans cette lignée. Nous sommes indépendants et il nous faut travailler dur, mais nous n’avons pas prévu d’arrêter.

Comment évaluez-vous l’expérience du premier laboratoire de coproduction que vous avez organisé cette année ?
Ce que je vois avec ce laboratoire de coproduction, c’est qu’il y a beaucoup de choses qui peuvent se faire. Ça, pour moi, c’est essentiel : ne pas se contenter de montrer les films, mais tenter d’aller au-delà. Le laboratoire est, à ce jour, un espace pour encourager la production. Ces dix prochaines années, l’idée que nous avons, à partir du festival, est d'élargir cet espace ; puisque nous sommes déjà parvenus à nous positionner comme un outil pour la diffusion du cinéma au Pérou, nous avons l'ambition de nous convertir en créateurs. Nous sommes conscients de nos limites, mais aussi de nos forces : nous travaillons avec des professionnels du Pérou, de Colombie, d’Argentine... et ensemble, nous avons beaucoup de possibilités de collaborations.

Quel avenir attend le festival ces prochaines années ?
Dix ans d'existence sont déjà un succès. Continuer de célébrer le festival et de grandir comme jusqu’ici, voilà notre objectif. Nous avons le soutien de Promperú, des universités, de la DAFO et de la Comisión Fílmica du Ministère du Tourisme. L’appui de la commission est important car le Pérou est de plus en plus conscient de l’importance du cinéma pour le développement économique. Ils font un gros effort pour attirer des tournages vers ce pays, qui a une richesse de paysages énorme, et le font à travers des aides fiscales (à hauteur de 18 %) et en proposant des services de conseil qui peuvent être très utiles pour des producteurs étrangers. C’est un intérêt fondamental pour consolider l’industrie cinématographique du pays, et cela ne peut qu’être positif pour notre festival.

(Traduit de l'espagnol)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.