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KARLOVY VARY 2019 Compétition

Hong Khaou • Réalisateur de Monsoon

"Les personnages doivent vivre avec les conséquences involontaires de ce qu'ont fait leurs parents"

par 

- Nous avons rencontré le réalisateur britannique de naissance cambodgienne Hong Khaou pour parler de son deuxième film, Monsoon, en compétition à Karlovy Vary

Hong Khaou  •  Réalisateur de Monsoon

Le deuxième long-métrage du réalisateur britannique Hong Khaou, Monsoon [+lire aussi :
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, vient d’être présenté en compétition au Festival international du film de Karlovy Vary. Son premier long-métrage, le titre primé Lilting [+lire aussi :
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, avait également été projeté au festival tchèque. Monsoon est un récit extrêmement personnel sur un homme qui revient au Vietnam après trente ans. Khaou, cambodgien et chinois de naissance, a fui avec sa famille le Cambodge des Khmers rouges quand il était bébé. Il a ensuite vécu au Vietnam jusqu’à l’âge de huit ans, après quoi sa famille a gagné l’Angleterre en tant que "boat people", après la réunification.

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Cineuropa : Monsoon est un film sensible, et cela se reflète dans son rythme poignant. Est-ce la raison pour laquelle vous avez choisi cette cadence ?
Hong Khaou :
Oui. J’avais besoin de donner à ce film une forme qui magnifie les sentiments qui se jouent au moment où Kit revient au Vietnam. Une grande partie de cette entreprise consistait à rendre ce sentiment de solitude et de désorientation totale qu'il a quand il arrive dans le pays. Donc une des choses que je voulais vraiment, et que j’ai beaucoup discutée avec mon chef-opérateur, c'était que le film fasse l'effet d'être un récit personnel, mais que le public soit toujours deux pas derrière. Nous avons dû trouver une manière de manier la caméra et un certain style pour satisfaire cet objectif.

Pourquoi était-il si important pour vous de raconter l'histoire de quelqu’un qui retourne là où il a ses racines, mais dont l’expérience de l’endroit est limitée ?
Waouh, votre question vient d'enclencher cent neurones dans ma tête. Je pense qu’une des raisons pour lesquelles je voulais parler de cela est que je porte ce sentiment d’avoir mes racines ailleurs. Certains jours, il est plus fort que d’autres. Je voulais explorer cela.

Ce n'est pas commun, de voir un tableau aussi calme du Vietnam.
C’était l’autre élément, parce que quand je suis arrivé en Grande-Bretagne en 1993, la manière dont on concevait le Vietnam avait été façonnée par certains films sur la Guerre du Vietnam américaine. Donc, je pense que je voulais aborder le sujet d’une manière un peu différente. Je ne voulais pas être coincé dans cet univers polémique où il faut décider qui est gentil et qui est méchant. J’ai trouvé très intéressant d’avoir des personnages qui sont nés après la guerre, mais qui sont néanmoins un produit de la guerre, à cause de ce que leurs parents ont traversé, et qui doivent vivre avec les conséquences involontaires des choix qu’ont fait leurs parents.

Monsoon est-il un film autobiographique ?
Il n’est pas autobiographique, mais il vient de quelque chose de très personnel. C’est un amalgame de ma propre histoire et de plusieurs autres histoires que j’ai lues dans différents archives, et dont je me suis servi pour construire l’univers du film.

Le titre, qui renvoie à la mousson, est assez déceptif, parce qu’il n’y a pas de pluie dans le film.
C’est tellement difficile de trouver un titre pour un film. Je ne voulais pas que le titre soit littéral. Il n’est pas trop oblique non plus, je voulais juste qu'il représente une interprétation poétique de ce qui se passe.

(Traduit de l'anglais)

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