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SARAJEVO 2019 Compétition

Cătălin Mitulescu • Réalisateur de Heidi

"Dans n'importe quelle histoire, l'âge compte"

par 

- Nous avons parlé de l'amour comme un tango et des relations déséquilibrées avec le Roumain Cătălin Mitulescu, dont le nouveau film, Heidi, est en compétition à Sarajevo

Cătălin Mitulescu  • Réalisateur de Heidi

Après Loverboy [+lire aussi :
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, le réalisateur roumain Cătălin Mitulescu explore de nouveau une relation difficile dans Heidi [+lire aussi :
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, un des deux thrillers roumains avec un héros sexagénaire qui a été sélectionné en compétition officielle cette année au Festival de Sarajevo. Voilà ce que le réalisateur nous a dit sur l’âge, l’amour et la dynamique d’une relation complexe.

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Cineuropa : Qu'est-ce qui vous a amené à développer un film sur un policier qui approche de la retraite ?
Cătălin Mitulescu :
Au moment où je m'occupais du développement de Loverboy [en 2010], j'ai travaillé avec un policier qui m’a vraiment inspiré. Son métier l'avait souvent mis dans des situations où il aurait été impossible pour lui de n’être pas impliqué émotionnellement. Pour un homme très mûr, une relation avec une très jeune fille implique des risques pour tous les deux : même s’il semble contrôler la relation, il est vulnérable également. Il peut choisir la voie étroite du comportement juste, comme il l'a fait dans 99 % des cas, mais il y a ce 1 % du temps où il franchit la ligne. Si personne ne l'attrape, il peut continuer de marcher droit, comme n’importe quel autre homme.

Il y a si peu de films roumains avec des héros dans leur soixantaine
Eh bien, le mien l'est. Il essaie d’aider la fille, et se conduit presque comme un père pour elle. L’histoire suit cette dynamique pendant un temps mais, comme j’ai dit, l’équilibre entre eux est extrêmement fragile. Les sentiments se mélangent. Ce qui m’intéressait, c’était ce changement, et Gheorghe Visu sait parfaitement comment transmettre cela, comment porter ce poids. Dans n’importe quelle histoire, l’âge compte ; ici, il augmente la dimension dramatique de cette relation, mais il en exalte aussi la beauté. Pour un homme de cet âge, une telle relation est plus intense parce qu’elle n’existe que dans le présent.

Dans la mesure où vos autres films se concentraient aussi sur des histoires d’amour très déséquilibrées, il semble que vous pensiez que l’amour est impossible. Avez-vous avez-vous un commentaire sur cette question ?
Je ne pense pas que l’amour ne s'exprime que dans des relations amoureuses harmonieuses. Marcher main dans la main devant un coucher de soleil, c’est merveilleux, mais ce qui m’intéresse davantage, c’est explorer l’amour dans le contexte de relations dynamique. Un tango est un combat, et je pense que ce combat est plus fréquent dans la vie. Peut-être que je ne m’intéresse qu’à cet aspect de l’amour – et par cela, je ne veux pas dire amour physique.

Que pensez-vous de votre héros ? Le voyez-vous comme un héros, un méchant ou un antihéros ?
Je n'essaie pas de le comprendre. Il a soulevé de nombreuses émotions en moi au moment où j'écrivais le scénario. Mon travail avec Radu Aldulescu [le co-scénariste] a été extraordinaire : c’est un auteur merveilleux. Il m’a aidé à mieux comprendre le personnage, et Gheorghe Visu est parvenu à en composer une incarnation très puissante. Je pense que je me suis rapproché de ce personnage et que j’ai fait l'effort de ne pas le juger.

Heidi pourrait polariser le public roumain, car l'histoire évoque une affaire de meurtre qui a enflammé le pays il y a quelques semaines seulement. Que voudriez-vous que le public sache avant d’aller voir votre film ?
Les êtres humains sont d'étranges créatures capables de faire des actes inimaginables. J’essaie de comprendre, car je ne sais pas tout, et peut-être que je ne suis même pas capable de tout comprendre. Je ne peux que prendre les faits et essayer de comprendre la personne, qui est un être humain comme moi. De plus, si cette fille n’avait pas appelé [les services d’urgence], cet homme aurait continué de mener la même vie, avec ses voisins, ses tâches automnales, ses visites à l’église.

Pourquoi avez-vous appelé votre film Heidi, si le personnage-titre n’est qu’un catalyseur pour votre héros ?
Parce que Heidi change la vie de cet homme, de même que la petit fille change la vie du grand-père [dans le livre de Johanna Spyri]. Heidi est très généreuse. C’est une vraie battante. Cătălina Mihai transmet cela avec une aise merveilleuse. Elle change son monde, on peut le ressentir dans chaque plan.

(Traduit de l'anglais)

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