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SAN SEBASTIAN 2019 New Directors

Svetla Tsotsorkova • Réalisatrice de Sister

"C'était facile d'être vrai parce que tout ce qu'on montre ici est vrai, nous l'avons juste filmé"

par 

- Sister, deuxième long-métrage de la Bulgare Svetla Tsotsorkova, est un pas en avant solide dans son intéressante carrière ; il est actuellement au programme de la section New Directors

Svetla Tsotsorkova  • Réalisatrice de Sister
(© Lorenzo Pascasio)

La réalisatrice bulgare Svetla Tsotsorkova connaît déjà le Festival du Film de San Sebastian : il y a quatre ans, elle y a présenté Thirst [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Svetla Tsotsorkova
fiche film
]
. Elle y fait son retour avec Sister [+lire aussi :
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interview : Svetla Tsotsorkova
fiche film
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, sur trois femmes qui ont du mal à survivre, dans des situations difficiles à gérer.

Cineuropa : On pourrait penser que tourner son deuxième film est plus facile que pour le premier. Est-ce le cas ?
Svetla Tsotsorkova : Je pense que tout film est difficile pour son auteur(e). Le budget de Thirst se situait aux alentours des 300 000 euros, et c’était difficile de le réaliser pour ce prix. Ensuite, on s’est dit : “Bon, le premier film est bouclé, le deuxième se fera avec plus de moyens, on travaillera plus confortablement et avec plus de flexibilité”. Mais nous n’avons eu aucun soutien, hormis celui de l’Institut du Film de Doha, qui a financé en partie la post-production. En réalité, on n'a pu tourner ce film que grâce au soutien d’amis. En somme, ce n'a pas été très confortable.

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Au début du film, les mensonges racontés par Rayna, le personnage principal, sont plutôt drôles, mais au fur et à mesure du récit, on a de plus en plus de mal à s’identifier avec elle. Comment avez-vous travaillé pour donner à ce personnage principal complexe tant de facettes différentes ?
Je crois que tout vient du scénario [écrit par Tsotsorkova et son collaborateur régulier, le réalisateur bulgare Svetoslav Ovtcharov] : pour moi, c’est très important. Toute la dynamique du personnage est contenue dans le scénario, et si on peut entièrement la voir à l’écran, alors c'est qu'on a rempli notre mission.

Le lieu de travail et de vie des femmes paraît si vivant et si authentique. Comment avez-vous fait ?
La maison est très proche de là où on vit. C’était commode car on était à un carrefour, et elle était couverte par les buissons et les arbres. En nettoyant la maison, on s’est dit que ça ne valait pas le coup de travailler autant et d'investir autant d’argent pour tout reconstruire. Mais dès qu’on est entrés dans la pièce aux deux fenêtres, avec les voitures qui passaient au loin, on a vu que le jeu en valait la chandelle. Et c’était facile d’être authentique, car tout ce que l’on montre l’est ; c’est juste là, sous nos yeux, on n’avait qu’à le filmer.

Les vies de ces trois femmes sont conditionnées par la violence perpétrée par les hommes. Est-ce que vous souhaitiez faire un commentaire sur la situation des femmes dans son pays ?
Eh bien, chaque famille est différente, et on voulait raconter l’histoire de relations spécifiques, entre trois femmes et un homme. Je n’appellerais pas ça un commentaire : juste une exploration des dynamiques d’une famille dysfonctionnelle. Leur vie est dure, et leurs relations aussi.

Le film met en lumière d’autres thèmes de société, comme la corruption policière et l’émigration. Quelles étaient vos intentions à travers le traitement de ces éléments ?
Je crois que cela fait juste partie de nos vies. On voulait que ces thèmes sociaux fassent partie intégrante de l’environnement du film. Ils sont ressortis tandis qu'on explorait les relations entre les personnages. Bien sûr, ce film essaie de dépeindre la vie quotidienne, même s’il s’agit d’une fiction.

L’évolution du personnage de Milo est intéressante : il est d’abord présenté comme un homme dur et antipathique, et puis on voit qu'il a de la décence et de l’humanité. Comment avez-vous construit une personnalité aussi complexe ?
On a eu la chance d’avoir Asen Blatechky, un comédien formidable qui a de suite compris les dialogues, la dynamique et la complexité de son personnage. Tout était très facile avec lui.

On voit surtout cette complexité avec Rayna, grâce aussi à la belle performance de Monika Naydenova. Comment s’est passé la collaboration avec elle ?
C’était une des quatres comédiennes dans Thirst. On s'est dit que puisqu’on avait cette comédienne non-professionnelle si magnétique, si naturelle devant la caméra et avec laquelle il est si agréable de travailler, on devait écrire ce scénario. Ça a été facile, car on connaissait les acteurs. C'est le montage financier qui n'a pas été simple. On avait deux alternatives : soit attendre quatre ou cinq ans, mais Monika aurait grandi et on aurait dû chercher quelqu’un d’autre, ou, et c'est ce qu'on a fait, les convaincre de faire le film en tant qu’amis.

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(Traduit de l'anglais par Florian Etcheverry)

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