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ZURICH 2019

Julie Delpy • Réalisatrice de My Zoe

"Nous sommes au bord de gros problèmes que nous n'avons pas traités sur le plan émotionnel"

par 

- Cineuropa a rencontré Julie Delpy au Festival de Zurich, où elle a présenté son nouveau film, My Zoe

Julie Delpy  • Réalisatrice de My Zoe
(© Jojo Whilden/Magnolia Pictures)

Découverte par Jean-Luc Godard à l'âge de 14 ans, Julie Delpy est avant tout connue pour sa belle carrière d'actrice, avec des films comme Before Midnight [+lire aussi :
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, Trois coulours : Blanc et Europa Europa. Elle a été nominée pour un Oscar du scénario pour son travail sur Before Sunset et s’est lancée dans la réalisation en 2007 avec 2 Days in Paris [+lire aussi :
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, suivi par La Comtesse [+lire aussi :
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(2009), Le Skylab [+lire aussi :
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(2011), 2 Days in New York [+lire aussi :
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(2012) et Lolo [+lire aussi :
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(2015). Son nouveau film, My Zoe [+lire aussi :
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, est au programme du Festival de Zurich, où nous l’avons rencontrée pour lui poser quelques questions.

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Cineuropa : My Zoe est un film à thème. Le clonage est très débattu en ce moment.
Julie Delpy :
Le film est aussi un conte sur le parcours d’une mère et d’une certaine manière, c’est une allégorie sur la garde des enfants. Personnellement, je pense que le film est plus que ça, mais j’aime bien l’aspect scientifique son aspect scientifique. Je pense que nous sommes au bord de gros problèmes que nous n’avons pas traités sur le plan émotionnel.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire un film sur la bataille pour la garde des enfants ?
J’ai vu des femmes qui sont obligées de montrer le crocs pour obtenir ce qu’elles veulent parce que si elles ne font pas ça, elles seront écrasées, parce que c’est tout simplement comme ça que ça se passe dans une société dominée par les hommes. C’est intéressant parce qu'on a généralement beaucoup d’empathie par rapport aux hommes dans les batailles pour la garde des enfants ; il y a des centaines de films sur le sujet, donc les hommes ont eu la possibilité de s’exprimer sur la douleur et l’angoisse des batailles pour la garde des enfants. Combien de films ont été faits par des femmes sur le même sujet ? Presque aucun. C’est là que je me suis rendu compte que même les femmes ont de l’empathie vis-à-vis des hommes qui veulent la garde de leurs enfants, comme si les femmes étaient toujours celles qui obtiennent la maison, la voiture, l’enfant et l’argent, alors que ce n’est pas vrai du tout.

Avez-vous choisi un acteur britannique parce que le premier bébé in vitro est né en Angleterre ou parce que le premier mouton été cloné à Édimbourg ? Est-ce que c’était un clin d’œil à l’histoire du clonage ou est-ce parce que les Britanniques sont des salauds ?
Non, les Britanniques ne sont pas des salauds. J’adore les Britanniques – quand ils ne sont pas saouls, ils sont formidables. Je viens de Bretagne, mais j’ai découvert que, génétiquement, on est pareil que les Britanniques et les Irlandais, donc je suis britannique. J’ai choisi un homme britannique parce que le film est en anglais et je ne voyais pas vraiment un Américain dans ce rôle. Il y avait aussi beaucoup de dialogues et certaines scènes sont presque théâtrales, donc je me suis dit que les entendre de la bouche d’un acteur britannique serait plus juste. Et puis j’ai rencontré Richard, et il m'a paru la bonne personne pour jouer ce rôle. Aussi, il voulait vraiment le jouer, et ce n’est pas un rôle facile.

Est-ce que le nom Zoe a une connexion avec Killing Zoe?
Mon mari, qui est grec, l'a suggéré parce que ça renvoie à une vie qui ne se termine jamais. C’est un mot grec.

Vous avez déjà travaillé avec vos parents. Avez-vous envisagé de choisir votre fils pour le rôle de l’enfant ?
Pas du tout. D’abord, c’est un garçon, et je n’allais pas l’habiller en fille. Je ne ferai pas ça. Ce qui est intéressant, c’est que je n’arrivais pas à écrire sur un garçon qui perd la vie. Il fallait que ce soit une fille.

(Traduit de l'anglais)

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