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CINÉMAMED 2019

Aurélie Losseau • Coordinatrice, Festival du Cinéma Méditerranéen de Bruxelles

“Si ce festival grandit, c'est aussi lié à la bonne santé de la production méditerranéenne“

par 

- Cinergie a rencontré Aurélie Losseau, coordinatrice du Festival du Cinéma Méditerranéen de Bruxelles, pour parler de sa 19e édition

Aurélie Losseau • Coordinatrice, Festival du Cinéma Méditerranéen de Bruxelles

Avec son ambiance typique et sa programmation riche, ses nombreux invités et sa ligne éditoriale unique dans le paysage belge, le Festival du Cinéma Méditerranéen de Bruxelles, accueillant chaque année 10.000 spectateurs, prouve sa raison d'être à cette capitale réputée pour sa multiculturalité. Une manifestation qui, par ailleurs, prend ses quartiers dans le centre de la ville, au Palace (lieu central de l'événement), au Bozar et à l'Aventure, là-même où Cinergie a croisé sa coordinatrice, Aurélie Losseau.

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Cinergie : Vu votre déménagement, on imagine cette édition un peu particulière pour vous, non?
Aurélie Losseau :
C'est sûr que par rapport à cette installation en plein cœur de Bruxelles, on a hâte de voir les réactions du public. Et avant une vingtième édition l'an prochain qui sera elle aussi très spéciale ! On sent ce festival grandir d'année en année, mais c'est aussi lié à la très bonne santé de la production méditerranéenne, qui confirme que notre passage à un rythme annuel en 2013 était une idée judicieuse. L'augmentation de la fréquentation est constante depuis quelques années, avec toujours plus de partenariats, tel que TV5 MONDE depuis l'an dernier, de plus en plus de professionnels présents, aussi.

De votre programmation cette année, qu'est-ce qui ressort ?
Après avoir dressé le bilan de notre soixantaine de film, c'est un peu la "quête de liberté" qui domine, car énormément de films impliquent des protagonistes ou des thématiques où des personnages cherchent à s'émanciper. Que ce soit des femmes face à leur mari, des gens face au joug politique parfois opprimant dans certains pays méditerranéens, etc.

Vous insistez sur la mise en valeur des films de femmes...
On essaie depuis toujours d’avoir une meilleure représentation de la femme et des réalisatrices, mais on ne cherche évidemment pas à placer des films de femmes s'ils ne sont pas de qualité. Ce qui est intéressant, c'est de voir le nombre important de films qui traitent de la condition des femmes, y compris réalisés par des hommes. Preuve qu'il y a encore beaucoup à faire et d'évolutions à mettre en place dans ce vaste combat. On aurait d'ailleurs pu tout à fait refaire un focus féminin comme il y a deux ans, quand on voit un film comme Noura rêve [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
de Hinde Boujemaa, qui évoque une relation d'adultère dans un pays où elle est passible d'une peine de prison et où les violences conjugales sont tolérées...

Quant à ce large volet de films belges, il s'explique comment ?
Quand on observe la dizaine de coproductions présentées par notre pays, on peut dire que la Belgique baigne aussi dans la Méditerranée. On me pose souvent cette question mais en fait, il suffit de sortir ou de vivre à Bruxelles pour se rendre compte que la culture méditerranéenne, très présente, est peu à peu venue construire la culture bruxelloise. Que l'une nourrit l'autre, pour au final amener ce qu'est notre capitale, avec son vivre-ensemble et sa cohésion qui la caractérisent...

Malgré l'identification voire même la bonne tenue de l'événement, vous nous disiez il y a trois ans devoir vous battre pour le maintenir. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Et bien c'est toujours le même combat, avec les mêmes incertitudes (sourire). Chaque année, on doit redemander des subsides, attendre des subventions, etc. Nous avons tout de même la chance d'être une initiative de la Commission communautaire française (COCOF), sans qui nous n'existerions pas, mais à chaque édition, et c'est valable pour tous les festivals je crois, c'est une vraie lutte, avec des financements qui parfois disparaissent, parfois apparaissent. Lorsqu'on entend en ce moment ce qui se passe pour la culture flamande, tout ça est évidemment inquiétant. Donc même si on réussit chaque année notre festival, c'est difficile, voire impossible, d'avoir une vision à long terme. Mais je pense que c'est propre à tout le secteur culturel, qui n'est hélas pas une priorité. Puis, nous sommes de plus en plus d'acteurs, avec des enveloppes qui ne s'agrandissent pas, voire diminuent. Mais bon, on s'en sort bien, et je pense que c'est lié à notre thématique forte et notre identité.

(Lire l’interview complète en français ici.)

En collaboration avec

 

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