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VENISE 2020

Alberto Barbera • Directeur, Mostra de Venise

"Nous voulions donner un signe de soutien fort et de solidarité à l’industrie du film"

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- Le directeur de la Mostra de Venise, Alberto Barbera, parle du système anti-Covid mis en place cette année au festival

Alberto Barbera • Directeur, Mostra de Venise
(© La Biennale di Venezia)

La 77e Mostra de Venise est le premier grand festival du film international dans le monde à se passer physiquement après plusieurs mois de confinement. Le directeur du festival, Alberto Barbera, nous parle du processus de sélection, des mesures anti-Covid adoptées et des défis qui se posent pour l’industrie du film.

Cineuropa : Quel genre d’impact a eu le confinement sur la programmation cinéma de la Biennale ?
Alberto Barbera :
Jusqu’à mai, nous ne savions pas si nous serions capables d’organiser le festival. Comme d’habitude, nous avons commencé à regarder des films début mars, les mêmes films que ceux qui ont été soumis à Cannes. Nous ne savions pas s'il y aurait davantage de films qui se présenteraient une fois faite la sélection cannoise. Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait beaucoup de films qui n’ont pas pu être terminés pour Cannes à cause du confinement pendant les mois qui ont précédé, mais qu’ils pouvaient être prêts à temps pour Venise. Nous avons pu inviter plus de films que ce à quoi nous nous attendions. Nous avons invité 63 films dans les trois sections Compétition principale, Compétition Orizzonti et Hors-compétition. Cette année, nous avons moins de films américains que d’habitude, mais beaucoup de films viennent d'Inde, du Brésil et, bien sûr, d’Europe. Nous n'avons pas été contraints de renoncer à la vitrine que nous représentons habituellement pour le cinéma mondial.

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Présentez-vous moins de films du fait des capacités d’accueil réduites des salles ?
Bien sûr, nous devons respecter toutes les consignes et tous les protocoles liés aux mesures anti-Covid. Par exemple, la capacité des salles est réduite à 50 %. Cela signifie que nous devons projeter les films plusieurs fois pour que tout le monde puisse les voir. Nous avons décidé de réduire le nombre des sections. Cette année, nous n’allons pas présenter la section Sconfini, et nous avons accepté la proposition de Il Cinema Ritrovato, à Bologne, d’accueillir le volet Venice Classics, qui réunit des films restaurés. La seule section que nous allons présenter entièrement en ligne, c’est la Compétition VR.

Est-ce qu’il y a une capacité d’accueil maximum de 50 % pour tous les cinémas en Italie ?
Ça dépend de l’État ainsi que de la région. 50 % de la capacité habituelle signifie pour un siège de pris, un siège à sa gauche et un à sa droite sont bloqués pour que les spectateurs n’aient personne à côté d'eux. Tous les gens qui vont au cinéma pendant le festival doivent porter un masque quand ils entrent dans la zone du festival et ils doivent le garder tout le temps. Nous ne contrôlons qu'une fois la température de tous ceux qui entrent dans la zone festival. Nous ne voulons pas que quelqu’un tombe malade parce qu’il s'est trouvé trop près d’autres participants au festival. Après chaque projection, nous allons aussi nettoyer la salle et les fauteuils. sièges. Nous avons un plan très strict, pour que tous les gens qui viennent au festival puissent se sentir en sécurité et profiter du festival sans trop se faire de souci.

Du fait de la réduction de la capacité d’accueil des salles, nous avons deux cinémas en plein air sur le Lido et un dans le jardin de la Biennale à Venise. Nous allons aussi repasser pour le public tous les films du festival dans trois salles : un multiplex à Venise et deux salles à Mestre.

Est-ce qu’il sera obligatoire d'acheter les billets de cinéma en ligne ?
Absolument. Les participants accrédités au festival aussi devront réserver un billet en ligne pour chaque projection. Sans réservation de siège, ils ne seront pas autorisés à entrer dans la salle. C’est une mesure de sécurité. Au cas où quelqu’un tomberait malade, il nous faudrait vérifier et informer tous les gens qui ont été proches de cette personne dans la salle.

Heureusement, la plupart des délégations invitées avec leurs films à la Mostra de Venise sont disposées à venir. Seules certaines, venant de pays comme le Brésil ou l'Inde, ne sont pas autorisées à voyager vers l’Italie. Tous les gens venant d'en dehors de la zone Schengen doivent présenter un test négatif avant de voyager et ils doivent refaire un deuxième test à Venise en arrivant. Si le résultat est négatif, ils peuvent participer au festival.

Combien de visiteurs attendez-vous à cette édition ?
Nous pensons que le nombre d'accréditations va diminuer de 40 à 50%, mais ça rend le festival plus sûr. Il a beaucoup d’attention et de curiosité de partout dans le monde parce que nous sommes les premiers et un des très rares festivals qui ont lieu physiquement cette automne. Telluride a été obligé d’annuler son édition. Toronto sera beaucoup plus petit que dans le passé, avec seulement 50 films et il n’y aura aucun marché. À New York, il y aura des projections en plein air seulement et moins de films que d’habitude.

Nous sommes sans doute le seul grand festival qui se passe à l’automne. Nous voulions donner un signe de fort soutien et de solidarité à l’industrie du film. Nous ne pouvons pas nous permettre de rester confinés plus longtemps. Il faut rouvrir les cinémas, avec toutes les mesures de sécurité en place, bien sûr.

Y aura-t-il assez de films des studios hollywoodiens ?
Je comprends la préoccupation des producteurs qui pensent que c’est un risque de lancer leur film quand toutes les salles ne sont pas ouvertes. Et un certain nombre de personnes ont peur d’aller au cinéma, mais je vois un autre risque quand on attend une année de plus pour lancer un film parce que nous avons besoin de bons films quand les salles vont rouvrir. Le public n’aura plus de raison le stimulant à aller de nouveau au cinéma après avoir passé des mois à regarder des films sur les plateformes à la maison. C’est un risque, que d’attendre une année de plus dans cette situation particulière. Pourquoi quelqu’un se laisserait-il convaincre de revenir à ses habitudes après un an ou un an et demi et d'abandonner le confort qu'il y a à regarder des films chez lui pour très peu d’argent ? La plupart des distributeurs attendent le bon moment pour lancer leurs films, mais c’est un risque qui pourrait nuire à tout le système de distribution et surtout aux salles de cinéma.

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(Traduit de l'anglais)

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