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VENISE 2020 Orizzonti

Ana Rocha de Sousa • Réalisatrice de Listen

"L’argent ne remplace jamais l’amour dans cette vie"

par 

- VENISE 2020 : Nous avons interrogé l’actrice et réalisatrice portugaise Ana Rocha de Sousa sur son film Listen, qui suit sur un couple qui se bat pour conserver la garde de leur fille sourde

Ana Rocha de Sousa • Réalisatrice de Listen
(© La Biennale di Venezia/ASAC/Andrea Avezzù)

Après une carrière réussie comme actrice, Ana Rocha de Sousa a passé le cap pour prendre place derrière la caméra, avec un bel aplomb. Elle est d’abord allée vivre au Royaume-Uni pour étudier à la London Film School. Son premier long-métrage, Listen [+lire aussi :
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, a été sélectionné cette année dans la section Orizzonti de la Mostra de Venise. Le film raconte l’histoire d’un couple d’immigrants portugais qui sont forcés de défier les services sociaux britanniques pour rester unis comme famille et protéger le bien-être de leur enfant sourde.

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Cineuropa : Pouvez-vous nous parler de la genèse de Listen ?
Ana Rocha de Sousa :
J’ai entendu parler de familles portugaises affectées par l'adoption forcée au Royaume-Uni, alors j’ai commencé à faire des recherches, dans l’espoir de comprendre ce qui se passe et pourquoi. Ce que j’ai découvert m’a semblé très dérangeant. C’est alors que j’ai su que je voulais faire un film sur ce sujet, parce qu’il m’a paru très pertinent et important. Ensuite, avec les producteurs et co-scénaristes Paula Vaccaro et Aaron Brookner, nous avons compilé tout ce que nous pouvions sur ce thème. Au début, la recherche s'est faite principalement en ligne, et puis nous sommes parvenus à nous mettre en contact avec des associations.

Votre film contient une critique des services d’adoption. Ont-ils accepté volontiers de vous parler ?
Je ne pense pas adopter ici une position très critique. Mon désir a toujours été de définir les différents points de vue, d'essayer de comprendre où le système échoue et de poser la question suivant : pourquoi est-ce qu'il échoue ? Parce qu’il échoue, il se trouve qu’il y a plusieurs vérités, et tous ces points de vue pourraient bien tous être valides. À un moment, il faut choisir ce qu’on dit en tant que réalisateur. Pour moi, il y a des nuances entre ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Il y a de l’ambiguïté autour de cette famille pendant un certain temps, et puis on comprend que c’est le système qui échoue, mais on comprend aussi pourquoi le système se comporte ainsi.

Vous avez aussi pris la décision importante d’utiliser une actrice sourde, Maisie Sly, dans le rôle de l’enfant sourde, Lu.
Pour moi, Maisie est un ange. Je pense que pour les autres également. C’est fillette extrêmement jeune et c’est absolument incroyable ce qu’on apprend en la mettant en scène. Je ne peux pas communiquer très aisément avec elle, parce que je ne connais pas bien le langage des signes britannique, mais la manière dont les âmes se comprennent sans communication verbale est incroyable. J’adorerais la diriger dans beaucoup, beaucoup de films, et je suis très heureuse d’avoir eu la chance de travailler avec elle.

Cherchiez-vous une actrice sourde pour le rôle ? Était-ce important pour vous ?
Maisie m’a été suggérée par la production. Nous avions le scénario et nous avions cette enfant sourde dans l’histoire et à un moment, on me l'a conseillée. Une fois que j’ai vu son travail, je l’ai voulue pour le rôle.

Dans le film, vous explorez le fait que certaines des normes décrivant la bonne parentalité renvoient à la position financière dudit parent.
C’est, je pense, sur ce point que je deviens critique. Je pense que l’argent ne peut jamais se substituer à l’amour dans cette vie. Je ne dis pas que le système emmène les enfants à cause de l’argent, mais oui, il y a un niveau de pauvreté à partir duquel ça devient très difficile. Je crois que quand on a de l’amour dans une famille et quand on a le soutien des services sociaux, il devrait s'agir d'un vrai soutien, pas de quelque chose qui provoque la séparation. Pour moi, la séparation doit être la dernière réponse à laquelle on a recours dans une situation comme celle-ci, et elle devrait n'intervenir que quand on est certain à 100 % que des enfants est en danger.

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(Traduit de l'anglais)

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