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Italie / Slovénie

Davide Del Degan • Réalisateur de Paradise - Una nuova vita

“Le personnage central de mon film n’est pas un héros par hasard”

par 

- Nous avons discuté avec Davide Del Degan de son premier film de fiction, Paradise - Una nuova vita, qui sort à présent en Italie

Davide Del Degan  • Réalisateur de Paradise - Una nuova vita

Davide Del Degan, 52 ans, originaire de Trieste, est documentariste et auteur de courts-métrages. Il se lance dans le long-métrage en solo avec Paradise - Una nuova vita [+lire aussi :
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, après le succès du documentaire L’ultima spiaggia [+lire aussi :
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(2016), qu'il avait co-réalisé avec Thanos Anastopoulos. Paradise, une coproduction entre l’Italie et la Slovénie qui se passe dans la région montagneuse de la Carnie, dans le Frioul. C'est là que se cache Calogero, un vendeur de granite sicilien devenu témoin de justice. Le film arrive dans les salles italiennes le 8 octobre avec Fandango, qui s’occupe aussi de ses ventes internationales.

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Cineuropa : Dans Paradise, drame civique, thriller et comédie se courent après. Est-ce un choix que vous avez fait dès le début du projet ?
Davide Del Degan :
Nous avons cherché à trouver des points de vue nouveaux dès l’écriture, et cet effort s'est poursuivi pendant la phase de réalisation, qui a été le plus gros challenge. Nous avons tout misé sur des équilibres très subtils, de la construction de l'intrigue jusqu’au montage, un équilibre qui pouvait changer radicalement le ton du film. Des costumes aux décors, sur certaines scènes, nous poussions dans une certaine direction, alors que sur d'autres, nous travaillions par soustraction. Les musiques sont un bon exemple de cela : nous avons fait un premier travail, avec Luca Ciut, où l'idée était de chercher certaines sonorités, en séparant celles qui pouvaient appuyer l’ironie de celles qui étaient purement dramatiques. Et puis nous nous sommes rendu compte que le saut de l'un à l'autre était trop évident, de sorte que nous avons cherché dans les notes et dans les rythmes un point d’équilibre plus léger qui évite les préjugés par rapport aux différents personnages et qui aille dans le sens d'un respect total du thème que nous traitions, mais en soulignant, par le ton de la comédie ou du drame, les difficultés de la vie des témoins en justice. Une réalité dramatique qui peut être parfois bizarre et grotesque.

Vous êtes-vous documenté sur les véritables histoires de témoins qui vivent sous ce statut ?
Grâce à des amis qui travaillent dans le champ judiciaire, j’ai entrepris des recherches, en lisant des livres et des interviews (écrites ou vidéo) de ces gens qui ont souvent besoin qu'on fasse très attention à eux pour qu'ils soient protégés, mais je n’ai jamais eu de contact direct. L'acteur principal, Vincenzo Nemolato, a eu la chance de parvenir à avoir un contact direct.

Le choix de cet excellent acteur au visage agité a été fondamental pour la réussite du film. Comment avez-vous trouvé Vincenzo ?
La société de production Pilgrim Film a soutenu mon désir de rechercher l’acteur que je trouverais vraiment parfait pour ce rôle. Avec le responsable casting, Massimo Apolloni, nous avons vu une quantité d’acteurs très bons. Je voulais que l'élément sicilien soit très présent, même s'il y a peu de scènes en Sicile, pour créer ce contraste qui devait s’établir avec le village du nord où le héros part vivre. J’ai trouvé en Vincenzo, qui est napolitain, ce mélange de force et de légèreté que je cherchais, ainsi qu'un immense professionnalisme : il a travaillé pendant un an pour apprendre à parler parfaitement en dialecte sicilien, mais sans toutefois évoquer une zone géographique précise de l'île.

Le héros exprime bien la conscience civique de l’homme ordinaire devant l'omerta et l’impunité du monde de la criminalité.
Calogero/Alfio est un héros par hasard. C'est une personne avec des principes et des valeurs importantes, mais ce n’est pas quelqu’un qui cherche à accomplir des actes. Il y a des situations où il existe une zone grise où tu peux vivre sans devoir nécessairement trier entre le bien et le mal, mais dans certains cas, il y a des choix à faire. Il prend sa décision, poussé par le fait qu'il va devenir père. J’ai ressenti fortement le désir de raconter une histoire de rennaissance et de rédemption justement la nuit où j’ai découvert que j’allais devenir père. Je me suis rendu compte que toutes les certitudes avaient disparu et que les peurs que je pensais avoir vaincues étaient revenues. C'est un chose que vivent probablement tous les jours les témoins en justice qui ont fait ce choix. Vincenzo veut sauver le futur de sa fille en accomplissant un geste qui devrait être exemplaire.

Comment s’est passée la coproduction avec la Slovénie ?
C’est sans nul doute la vocation du cinéma de la région Frioul-Vénétie julienne, qui pousse naturellement à s'allier – également grâce au Fonds régional pour l'audiovisuel et à la FVG Film Commission. Dans Paradise, je souhaitais évoquer un village qui tout en faisant l'effet d'être arrêté dans le temps, est en réalité très dynamique et coloré. Et je voulais le faire à travers une caractéristique qui est propre à Sauris, juste à la frontière entre l’Italie, l'Autriche et la Slovénie, une zone où on parle trois langues : l’italien, le carnique (ou frioulan) et le dialecte germanique de Sauris, qui remonte au XIVe siècle. L’opportunité offerte par le fait de monter le film comme une coproduction, c'est que cela pouvait amener des acteurs slovènes qui apporteraient leur culture dans l’histoire. Et justement, c'est ainsi que Branko Završan et Katarina Cas nous ont rejoints. Et le chef-décorateur ainsi que la costumière sont également slovènes. Une valeur ajoutée pour le film.

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(Traduit de l'italien)

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