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BLACK NIGHTS 2020 Compétition

Laila Pakalniņa • Réalisatrice de In the Mirror

“Nous ne cherchions pas une manière facile de faire les choses”

par 

- Entretien avec Laila Pakalniņa sur son film dramatique expérimental In the Mirror, en compétition cette année au Festival Black Nights de Tallinn

Laila Pakalniņa • Réalisatrice de In the Mirror

La cinéaste lettone aguerrie Laila Pakalniņa est de retour au Festival Black Nights de Tallinn avec son nouveau long-métrage, le drame expérimental grotesque In the Mirror [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Laila Pakalniņa
fiche film
]
. Nous avons eu l’occasion de discuter de la confection de ce film, de l'"esthétique selfie" singulière de ce dernier et de son nouveau projet de documentaire.

Cineuropa : Comment vous êtes-vous mise à développer In the Mirror ?
Laila Pakalniņa : Au début, j’avais l’idée d’explorer les selfies comme forme. À un moment, ma fille s'est mise à communiquer avec moi à travers des selfies : elle ne m’envoyait pas de portraits photo, mais de courts messages vidéo. J’ai compris par la suite qu’il y avait quelque chose à creuser là-dedans, mais travailler avec des portables n’aurait pas été assez intéressant pour moi. Clairement, je savais qu'il me fallait des caméras professionnelles, un cadrage horizontal et, très probablement, des objectifs anamorphiques, parce que j’aime travailler sur la mise en scène et non pas seulement sur les gros plans de quelqu’un. Je me suis rendu compte que c’était une forme très intéressante qui pouvait être utilisée pour communiquer et le monde aux gens à travers un autoportrait. L’idée suivante qui m’est venue est un conte de fées, Blanche-Neige. Je me suis rendu compte, je ne sais comment, que ce à quoi la belle-mère parle est un miroir, donc c’était déjà un selfie ! Je voulais offrir cet outil à tous mes personnages.

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C’est un projet complexe et très expérimental. Avez-vous eu du mal à expliquer clairement votre idée au tout début, quand vous pitchiez le projet et cherchiez des financeurs potentiels ?
Je dirais que j’étais contente d’avoir obtenu une aide au développement du Centre national de la cinématographie de Lettonie. Nous avons essayé de filmer quelques images nous-mêmes. Ce n’était pas des scènes du film ; nous avons essayé de faire des plans selfie avec le même genre de mise en scène et la caméra dont je comptais me servir (la ARRI Alexa Mini), de manière à avoir quelque chose de spécifique à montrer. C'était vraiment un projet qui requérait qu’on montre quelque chose !

Comment avez-vous casté vos trois acteurs principaux : Blanche-Neige, la belle-mère et le père ?
Pour tous, ce qu'il fallait, au-delà de leur talent d'interprétation, était à l’évidence des capacités physiques solides. Nous n’avons pas fait des tonnes d’auditions, pour tout vous dire. La belle-mère [Elza Leimane] est une danseuse classique très connue. J’ai eu la chance de pouvoir travailler avec elle, elle a vraiment du talent. Par ailleurs, ses compétences en chorégraphie ont été d’une grande aide ! Au moment du tournage, Blanche-Neige [Madlēna Valdberga] était toujours écolière, mais également danseuse professionnelle et acrobate : c’était le mariage parfait ! Le père [Lauris Dzelzītis] est acteur point, mais quand je l’ai invité à venir auditionner, je me suis rendu compte qu’il s'y connaissait aussi pas mal en fitness.

Et quid du choix de tourner en noir et blanc ?
Généralement, quand on tourne en noir et blanc, il est plus facile de composer les plans, moins chaotique. Non que nous cherchions une manière facile de faire les choses. Mais il s'agit d'un conte de fées, et le noir et blanc laisse au spectateur de la place pour faire marcher son imagination. Je suis convaincue que quand on regarde un film tourné en noir et blanc, on voit les images telles qu'elles sont les premières minutes mais ensuite, on peut laisser libre cours à son imagination et voir les couleurs.

Pouvez-vous nous en dire plus sur l'"esthétique selfie" spéciale que vous avez choisie ? Comment l'avez-vous obtenue ?
Tous les plans n'ont pas été réalisés de la même manière. Il n’y a que dans deux configurations que les acteurs n'étaient pas "raccordés" au directeur de la photographie, à savoir quand ils portaient la caméra directement sur eux ou quand ils couraient. Ces plans ont été tournés avec un steadicam, soit attaché au chef-opérateur lui-même, soit tenu à l’épaule. L’outil principal dont nous nous sommes servis pour rendre cette esthétique était une poignée, qui devait être être suffisamment longue, car les acteurs devaient rester à une distance raisonnable de l'objectif de manière à bien faire le point. Maintenir les acteurs à la bonne distance a été très difficile.

De quoi parlera votre prochain projet ?
Je travaille sur un long-métrage documentaire qui s’appelle Homes. Là encore, il est plus facile d’en parler en expliquant ce qu'on voit dans les plans. C’est sur les maisons des gens et l’acte de filmer. Nous avons demandé aux gens de sortir de chez eux et nous les avons filmés à travers leurs propres fenêtres. Nous leur avons montré comment nous cadrons, nous leur avons donné des talkies-walkies pour l'extérieur, et le directeur de la photographie leur disait où se placer. Ces dynamiques ont créé des interactions intéressantes entre eux. C'était des gens de toutes sortes : des grandes familles, des gens vivant seuls, etc. Nous avons tourné en Lettonie cet été. Nous sommes maintenant en post-production. On a déjà le montage final, et là on finalise le son.

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(Traduit de l'anglais)

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