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Russie

Klim Shipenko • Réalisateur de Text

“La plupart du temps, la famille est la cause principale de tous nos traumatismes"

par 

- Le réalisateur russe nous parle de son thriller psychologique Text, présenté dans le cadre du Festival du film russe sur la plateforme espagnole Filmin

Klim Shipenko  • Réalisateur de Text

Text [+lire aussi :
interview : Klim Shipenko
fiche film
]
de Klim Shipenko (Moscou, 1983), un film sur la culpabilité, l’ambition et la revanche, présenté dans le cadre du Festival du film russe organisé sur la plateforme espagnole Filmin (lire l'article).

Cineuropa : A-t-il été facile d'adapter le roman originel pour en faire un film ? Certaines choses ont-elles dû être sacrifiées et modifiées en cours de route ?
Klim Shipenko
: Nous avons demandé à l'auteur du roman, Dmitri Gloukhovski, de faire lui-même l’adaptation. Quand j’ai reçu son scénario, nous l'avons très légèrement affiné ensemble. De fait, toute cette opération ne m’a pas semblé compliquée. La vraie question, c'est que quand quelqu’un lit un livre, d'une certaine manière, il le met en scène et le visualise dans sa tête. Or contrairement à la littérature, qui fait généralement de la place pour l'imagination du lecteur, la réalisation cinématographique est une forme d’art très précise et spécifique, donc oui, nous avons dû faire des choix et sacrifier certaines choses. Par exemple, le roman offre les descriptions des rêves du héros… Je me suis dit que ce n’était pas vraiment nécessaire de les mettre dans le film. Le besoin de faire quelques changements significatifs s’est fait sentir pendant le tournage. Donc oui, adapter un texte à l’écran est tout un artisanat en soi.

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Est-ce que se mettre dans le rôle de quelqu’un d’autre est plus facile que jamais maintenant, grâce à la technologie ?
Oui, c'est comme ça, maintenant. Les technologies modernes permettent non seulement de passer pour quelqu’un d’autre, mais aussi de devenir littéralement cette autre personne. Les réseaux sociaux nous laissent jongler avec notre nom, nos photos, notre profil, tout… Sur Internet, on peut avoir la vie de quelqu’un de totalement différent, et personne ne découvrira jamais qui est derrière cette personnalité numérique. Ce n’est ni bien ni mal, c’est juste ainsi que sont les choses. Il faut nous adapter et nous y habituer. Tout le monde fait ses propres choix, qu’ils veuillent jouer ce jeu ou pas. Et s'ils le veulent, quel genre de personne vont-ils être ? C’est comme ça qu'on vit, maintenant.

Le personnage de votre film subit beaucoup de pression de la part de sa mère. Est-ce que la famille peut constituer un problème psychologique pour certaines personnes ?
Tout à fait. La plupart du temps, la famille est la cause principale de tous nos traumatismes et nos problèmes. La plupart des problèmes qu’on a dans sa vie adulte sont enracinés dans notre enfance et les relations que nous avons eues avec nos parents. En l'espèce, notre personnage principal a en effet une relation très compliquée avec sa mère. Même après sa mort, il continue de suivre ses conseils. Il continue de faire certaines choses en se rappelant ce qu’elle lui disait, ses instructions et ses avis.

Le film contient des plans-séquences très dynamiques. En quoi contribuent-t-ils au récit ?
Dans ce film, on sent très clairement le rythme. Certaines parties étaient censées engager le public à plonger plus profondément dans l’histoire : c’est pour cela que nous avons fait ces scènes en un seul plan, des plans longs, du genre qui fait oublier aux gens qu'ils sont en train de regarder un film, avec un réalisateur qui contrôle là où l'attention doit se porter. Et ensuite, d'un coup, on peut sentir l’action qui s’accélère, à travers un montage dynamique. Tout cela – tous les choix techniques qui me permettaient, en tant que réalisateur, à un moment donné, de déplacer l’attention sur ce qui me paraissait important – a bien entendu été fait très consciemment.

Quelle a été la scène de Text la plus complexe à tourner ?
Quand on aborde un récit dramatique, les moments d'émotion représentent toujours un challenge, parce qu’il s'agit de vivre la vérité et la douleur du moment. Il faut être très précis dans la manière dont on dépeint l’état dans lequel le personnage se trouve. Dans Text aussi, ces scènes ont été les plus compliquées, celles où on dépeint le personnage en train de passer par un certain éventail d’émotions et de prendre certaines décisions. Par exemple, la scène de meurtre, ou quand il dit au revoir à sa mère, quand il parle au cadavre. À réaliser, tous ces épisodes émotionnellement intenses ont été très complexes.

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