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France

Olivier Wotling • Directeur, Unité Fiction d’Arte France

"Favoriser des nouvelles écritures dans la série"

par 

- Le directeur de l’Unité Fiction d’Arte France décrypte le partenariat avec le Groupe Ouest pour trois workshops, dont un Lab franco-danois, et évoque les mutations de l’industrie

Olivier Wotling   • Directeur, Unité Fiction d’Arte France

L’Unité Fiction d’Arte France et Le Groupe Ouest ont lancé en 2019 Expérience sérielle, deux workshops organisés chaque année (lire les détails ici) pour la "Pré-écriture de séries" et "Bâtir un concept de série". Ce partenariat s’élargit maintenant avec la création d’un Lab franco-danois pour auteur(e)s de séries, mis en place avec la chaîne TV2 et le fonds régional FilmFyn, et qui permettra à 12 professionnels (six français et six danois, quatre scénaristes et deux producteurs ou productrices de chaque pays) de tester leurs idées de départ, bases de leurs futures séries, afin de les consolider avant de partir en développement. Rencontre avec Olivier Wotling, directeur de l’Unité Fiction d’Arte France pour évoquer cette association avec le Groupe Ouest et quelques tendances d’un monde de la série en pleine effervescence.

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Cineuropa : Pourquoi Arte s’est-elle associée avec le Groupe Ouest pour le programme Expérience sérielle ?
Olivier Wotling :
Dans le souci assez général que nous avons de susciter et de favoriser des nouvelles écritures dans la série française. Car nous pensons que cela doit se faire aussi en dehors des commandes ou des travaux de développement directement destinés à la chaîne et à la production. Nous voulons favoriser des changements dans le paysage français en aidant de nouveaux talents, de nouvelles écritures et de nouvelles méthodes de travail à émerger. Cela passe par cet investissement dans Expérience sérielle, qui est un peu désintéressé puisqu’il n’y a pas de retour immédiat pour nous, mais qui me semble très fécond car le Groupe Ouest nous a toujours convaincu par ses méthodes assez originales.

Quid du lancement, toujours en partenariat avec le Groupe Ouest, du Lab franco-danois ?
Arte a des liens très forts et anciens avec le Danemark, à commencer par Borgen et The Killing. Ce lien a toujours été nourri, au début par des achats et maintenant par des coproductions régulières avec un pays très créatif et effervescent en matière de séries. Nous avons coproduit les deux saisons de Au nom du père avec la DR, mais aussi Kidnapping (DNA) qui était une coproduction avec TV2 Denmark. Nous avons donc une longue histoire d’affinités, aussi bien avec la télévision publique DR qu’avec TV2 à qui nous avions aussi préacheté Norskov il y a quelques années. À chaque fois, nous avons trouvé que la façon dont ils faisaient travailler les auteurs et les producteurs était très intéressante : il y a toujours matière à apprendre dans de nouvelles méthodes auprès des productions danoises et scandinaves en général. Nous nous sommes ainsi dits qu’il y avait quelque chose à nourrir de façon un peu plus systématique, ce qui nous a amené à l’initiative du Lab franco-danois avec le Groupe Ouest.

A quel point les méthodes de travail, en particulier en écriture, sont-elles différentes entre le Danemark et la France ?
Cela tient à la façon d’organiser l’écriture : plus ou moins collective, plus ou moins tôt collectivement, les répartitions des rôles et la hiérarchie notamment avec ce qu’ils appellent un "head writer" et les auteurs ensuite dans l’atelier d’écriture, la "writing room". Il y a aussi le temps de développement par rapport à l’entrée en production car les Danois écrivent très souvent encore, ou sont susceptibles de corriger l’écriture, pendant le tournage. Il y a également la grande question, très débattue en France, de l’unité artistique de la série : qui la porte quand il n’y a pas de "show runner" en tant que tel, au sens américain ? Qui est ce "head writer" ? Quels pouvoirs a-t-il ? Tout cela nous intéresse beaucoup et ils ont aussi toute une organisation afin de faire venir de jeunes auteurs sur les séries. Par ailleurs, leur façon d’aborder les projets correspond assez bien à la nôtre : privilégier l’angle intime et humain pour l’histoire et les personnages.

Vous venez d’annoncer le tournage de la série Le monde de demain (article) dont Netflix fait partie des partenaires. La singularité Arte est-elle compatible avec les plateformes SVOD américaines ?
C’est très différent de la collaboration avec TV2 par exemple, avec qui il y a un partage du travail éditorial et artistique, de l’échange de savoir-faire. Avec les plateformes, ce sont plutôt des relations financières d’achat ou de préachat. Cela fait quatre ans, depuis Au service de la France, que les plateformes, hier et aujourd’hui Netflix, mais aussi maintenant Amazon, Disney, préachètent ou achètent des séries Arte. Ce n’est sans doute pas leur ligne principale, mais ces plateformes trouvent avec nos séries un complément intéressant pour l’offre à leurs abonnés. Cela laisse néanmoins Arte totalement aux manettes artistiques et éditoriales de ces séries.

Après de récents très beaux succès d’audience comme En Thérapie et No Man’s Land, quelle est l’actualité d’Arte pour l’année à venir ?
Nous venons de boucler la saison 2 de la série espagnole Hierro (lire la critique), une coproduction avec la plateforme Movistar+. Nous coproduisons et terminons aussi Anna de Niccolò Ammaniti (dont nous avions déjà coproduit la série précédente, Il miracolo), un 6x52 produit par Wildside pour Sky Italia. En tournage, nous avons en coproduction Blackport avec l’Islande et Countrymen avec la Norvège. Nous finissons également Alger confidentiel, en coproduction avec la ZDF. Nous avons d’autres projets européens en cours, mais je mentionne ceux-là car ils incarnent bien la volonté de diversité européenne d’Arte, du Nord au Sud du Vieux continent.

Du côté des productions françaises, le tournage de la saison 2 de Jeux d’influence vient de démarrer ainsi que celui des Papillons noirs. La saison 2 d’En thérapie est en écriture. Nous allons lancer fin mai à l’antenne la saison 2 de Maroni (un polar un peu mystique qui, après la Guyane, a cette fois pour cadre Saint-Pierre-et-Miquelon) et à l’automne, nous diffuserons la saison 2 de Mytho.

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