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SAN SEBASTIAN 2021 Compétition

Lucile Hadzihalilovic • Réalisatrice d'Earwig

“Ce film est dans la tête d’un homme qui est perdu”

par 

- Pour son troisième film, la réalisatrice française a pour la première fois choisi de tourner en anglais ; la première européenne du film a eu lieu en compétition à San Sebastian

Lucile Hadzihalilovic • Réalisatrice d'Earwig
(© SSIFF/Montse Castillo)

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interview : Lucile Hadzihalilovic
fiche film
]
est l'adaptation d’un livre de l’artiste pluridisciplinaire britannique Brian Catling paru en 2019. L’histoire se passe quelque part en Europe à la moitié du XXe siècle. Le personnage principal, incarné par Paul Hilton, est un homme appelé Albert qui s'occupe d'une fillette gardée en isolement. La troupe comprend également Romola Garai et Alex Lawther. Le film vient de faire sa première européenne en compétition au Festival de San Sebastian, après avoir été projeté à Toronto. Nous avons interviewé la réalisatrice, Lucile Hadzihalilovic.

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Cineuropa : Le film a un style très particulier, avec un aspect ésotérique qui est assez troublant. Pourquoi avez-vous choisi cette esthétique ?
Lucile Hadzihalilovic :
Avant toute chose, je pense que c’est parce que le livre lui-même avait cette espèce de logique de rêve. C’est très interne ; le plus gros de l’action se passe dans l’esprit de cet homme. Le film a ce côté onirique, avec des choses qui sont très mystérieuses, et c’est ce que j’ai aimé dans le livre. C’est donc pour cela que le film va dans cette direction, encore plus que mes films précédents. Je pouvais aller encore plus loin sur ce terrain, et ce film est beaucoup plus psychologique.

En tant que réalisatrice, c'est comment, de composer une histoire dont vous êtes consciente qu'elle va requérir du public un gros travail ?
Je ne pensais pas qu'il aurait à travailler trop dur ! Le film se passe dans la tête d’un homme qui est perdu et qui a des miettes de souvenirs, de cauchemars et d'hallucinations, et qui ne sait pas les différencier les unes des autres. J’ai essayé de mettre le spectateur dans sa tête.

Est-ce l’idée du perce-oreille (earwig), c'est-à-dire d'un insecte qui rampe un peu partout, qui a défini le film ?
C’est drôle : dans le roman, "earwig" est un insecte, bien sûr, mais le mot anglais désigne aussi quelqu’un qui écoute. Et on a cet homme qui se cache dans sa chambre et ne sort que la nuit. Ce n’est pas le seul élément qui m’intéressait dans le livre, mais il y a un côté, dans ce roman, qui m’a vraiment fait penser à ceux du début du XXe siècle, que j’aime beaucoup.

A-t-il été plus difficile de tourner en anglais ?
Naturellement, ça a été beaucoup plus dur que quand j’ai tourné en français, mais comme vous le voyez dans le film, il a l'avantage de ne pas contenir énormément de dialogues. La chose que j’ai trouvée vraiment difficile, c'est les accents, parce que c’est beaucoup plus difficile pour moi de juger si les accents sont corrects en Angleterre. Trouver la bonne prononciation pour les acteurs britanniques dialoguant avec un acteur européen qui parle anglais avec un accent et harmoniser a été difficile.

A-t-il été compliqué de trouver les acteurs ?
J'ai obtenu sans mal la participation de Romola Garai et Alex Lawther. J'avais déjà vu Romola au cinéma, donc je connaissais son travail. Elle connaissait vraiment bien mes films. Pour ce qui est d'Alex, je ne connaissais pas son travail. Un ami m’a parlé de lui. Il est venu à Paris et j’ai vu The End of the F**King World, et ça s’est fait assez vite à partir du moment où on s’est rencontrés. Le plus difficile a été de trouver Paul Hilton, parce qu’il travaille surtout au théâtre, donc je n’avais pas vu son travail. Le directeur de casting en Angleterre m’a parlé de lui. Quand Paul m'a été suggéré, il travaillait au théâtre aux États-Unis et quand il est revenu en Europe, nous nous sommes vus. J’ai été vraiment ravie quand je l’ai rencontré, car il correspond vraiment bien au personnage.

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(Traduit de l'anglais)

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