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CINEMED 2021 Cinemed Meetings

Julien Paolini • Réalisateur de Le Raïs de Palerme

"L’histoire du premier capitaine non-sicilien de la Cosa nostra"

par 

- Rencontre avec le réalisateur qui copilote aussi la société de production La Réserve, pour parler de son nouveau projet, à l'occasion des Cinemed Meetings

Julien Paolini  • Réalisateur de Le Raïs de Palerme
(© Clément Manes)

Créée en 2018 par le trio Julien Paolini (auteur-réalisateur), Syrus Shahidi (auteur-comédien) et Clément Lecomte (business affairs), la société de production française La Réserve a démarré son activité avec Amare Amaro [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
. Après ce premier long métrage remarqué (Grand Prix du polar à Cognac en 2018, présenté à Taormina, Saint-Jean-de-Luz, Villerupt ou encore Vancouver; récemment acheté par Amazon Prime Video Italie) tourné en Sicile, le cinéaste franco-italien Julien Paolini était présent au 43e Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier où il a pitché (aux côtés de Syrus Shahidi avec qui il a écrit le scénario) à la Bourse d’aide au développement des Cinemed Meetings (lire la news) son projet de second long : Le Raïs de Palerme.

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Cineuropa : Le Raïs de Palerme est une histoire de mafia sur fond d’immigration. D’où est venue cette idée ?
Julien Paolini : J’ai toujours adoré un cinéma d’auteur commercial où l’on arrive à mêler le spectaculaire à l’engagement, à une réflexion sur le monde. Pour avoir un peu vécu la crise migratoire à Palerme et toujours baigné dans ces univers passionnés des histoires de mafia, j’avais fantasmé ce film depuis longtemps. Au début de la crise migratoire, je me suis rendu compte que le sujet était assez méconnu ; aujourd’hui, il l’est beaucoup moins et je pense que le grand public est prêt à accueillir ce genre de film, comme l’était Blood Diamond à son époque, ce type de film qui fait découvrir la partie cachée des trafics.

Le Raïs de Palerme, c’est l’histoire du premier capitaine non-sicilien de la Cosa nostra. Brahim, ce pêcheur de thon, ce meneur d’hommes, est sur le point d’être promu après vingt ans de bons et loyaux services : il peut devenir le sous-chef de la famille mafieuse qui gère le centre historique de Palerme, une famille qui collabore avec la mafia nigériane. Mais il va devoir choisir : soit tuer son frère qui a couché avec la femme de l’un des Siciliens avec qui il travaille, soit perdre la possibilité de grimper dans la hiérarchie de la Cosa nostra. C’est le dilemme de ce Raïs de Palerme, dans un moment de transition de la Cosa nostra où le trafic des migrants est devenu le business le plus lucratif. Car Brahim est un Sicilien d’adoption : il a d’abord opéré à Nice pour le compte de la Cosa Nostra, dans cette espèce de French Connection encore active, puis il a été caché en Sicile. C’est un collaborateur très précieux, un des meilleurs soldats de Cosa nostra, car il parle arabe et connaît parfaitement les coulisses des ports.

Vous avez intégré la Cosa nera, la mafia nigériane, au récit.
C’est la première fois qu’une organisation non-italienne a été classée comme organisation mafieuse. C’est assez récent et symboliquement très fort. La Cosa nera, ce sont principalement deux organisations et celle dont on parle dans le film, c’est la Black Axe qui opère comme sous-traitant de la Cosa nostra pour la prostitution et le trafic de drogue. La Cosa nera est très fidèle et disciplinée, mais elle prend de plus en plus de place en Europe.

À quel stade d’avancement en est le projet ?
Nous sommes en début de casting et nous espérons pouvoir rentrer en financement très bientôt. Il y a maintenant une génération d’acteurs français qui portent le drapeau d’une France plus métissée, d’origine d’Afrique du Nord comme le personnage du Raïs de Palerme, tellement de talents qui crèvent l’écran que nous avons plusieurs pistes solides pour le rôle qui nous font vraiment rêver. Notre idée est aussi d’être co-délégué minoritaire, de travailler avec un producteur senior et de nous positionner en dialogue là où ce sera logique en fonction du plan de financement. L’acteur principal que nous envisageons en priorité a des préférences et il veut également s’impliquer dans la production du film. Mais ce sont des discussions très récentes, donc la stratégie précise reste à confirmer.

Quid d’une coproduction éventuelle avec l’Italie ?
Nous avons actuellement le soutien de la région des Pouilles à travers la société Scirocco Films, une jeune structure qui vient de produire Oltre il confine d’Alessandro Valenti. Après, cela dépendra beaucoup de la production déléguée que nous sommes en train de chercher en ce moment et pour laquelle il n’y pas encore d’accord définitif. Mais il y aura une production italienne, c’est certain, en sachant qu’en termes de langues, le film sera à 60% français et à 40% italien. Si tout se passe bien, le tournage pourrait se dérouler à l’automne 2022 ou l’hiver 2022-2023. Car comme pour Amare Amaro, c’est une autre Sicile que nous montrerons avec ces ciels plus sombres, plus crépusculaires.

Quels sont les autres projets de La Réserve ?
Nous discutons avec Netflix sur le thriller d’épouvante Ether. Avec Le Raïs de Palerme, ce sont les deux projets sur lesquels nous nous concentrons en ce moment car nous sommes une petite structure.

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