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SAN SEBASTIAN 2022 Compétition

Marco Martins • Réalisateur de Great Yarmouth: Provisional Figures

“Le film porte le nom de la ville, parce que toute la ville est malade”

par 

- Entretien sur ce film atmosphérique, qui se concentre sur les travailleurs portugais dans le lieu du titre, une ville de bord de mer anglaise qui vit une dépression économique

Marco Martins • Réalisateur de Great Yarmouth: Provisional Figures
(© SSIFF/Ulises Proust)

En 2016, le réalisateur portugais Marco Martins a exploré l’impact de la crise financière qui a frappé son pays dans Saint George [+lire aussi :
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, dont le personnage central est un homme qui recourt à des mesures désespérées pour régler ses dettes. Great Yarmouth: Provisional Figures [+lire aussi :
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, en compétition au Festival de San Sebastian, montre où sont allés beaucoup de travailleurs portugais en difficulté : dans des villes anglaises, pour faire le travail ingrat que les locaux ne voulaient pas touche pour ce genre de salaire.

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Cineuropa : Pourquoi Great Yarmouth ?
Marco Martins :
Mon film précédent parlait de la crise, des classes moyennes et basses portugaises, du fait qu’ils n’ont pas d’emplois. Ensuite, j’ai été invité à Great Yarmouth par une organisation appelée SeaChange pour y développer une pièce, car je fais aussi du théâtre. Je ne connaissais pas Great Yarmouth et n'avais aucune idée du phénomène de l'immigration portugaise là-bas. D’une certaine manière, c’était un prolongement de mon film précédent : où ces Portugais sont-ils allés après la crise ? Beaucoup d’entre eux sont allés là-bas, surtout depuis les banlieues de Lisbonne.

Certains aspects du film sont très réalistes, mais son évolution n'est pas vraiment réaliste.
Je ne voulais pas faire du réalisme social. Pour moi, l'idée était plus de faire un film inspiré des histoires personnelles des immigrés, de ce qu’ils m’ont dit sur les hôtels et les usines. C’est un lieu mental et psychologique, d’une certaine manière, comme un cauchemar. En fait, mon idée de départ était de faire un film de zombies, parce que c’est la première impression qu'on a quand on va dans cet endroit : il est désert, la plupart des bâtiments sont vacants, les hôtels sont vides et les travailleurs s'y déplacent la nuit, sans qu’on les voie. Mais d’un autre côté, je voulais aussi dire : "Je viens de là-bas, du Portugal, et ces gens existent vraiment, je ne les ai pas inventés". C’est pour cela que je mets la situation en contexte à travers un texte qui apparaît à l’écran au début. Les types qui crient dans les couloirs pour réveiller les travailleurs, par exemple, c’est une chose dont ils m’ont parlé, et que j’ai vue moi-même.

Vous prenez ces choses réelles et vous en faites quelque chose de très stylisé. Aviez-vous des sources d’inspiration qui vous ont guidé ?
Ce n’est pas un film d’horreur, mais vous sentez bien que quelque chose n’est pas normal dans ces villes, un peu comme dans un film de complot. J’ai été inspiré par les films de série B qui traitent de cela, d'un complot frappant une ville, une sorte de maladie qui s'y répand partout… Le film porte le nom de la ville parce que toute la ville est malade.

Comment avez-vous travaillé avec les acteurs ?
Nous avons commencé le tournage en mars 2020, au début de la pandémie. Nous avons tourné trois semaines, puis arrêté six mois. Pendant cette période, je ne savais pas si nous aurions la possibilité d'y retourner. C’était un tournage pour lequel nous devions vivre sur place, et nous utilisions beaucoup d'immigrés vivant là-bas, etc. Je pense que cette peur et la pression pèsent lourdement sur les acteurs dans le film, quand je le regarde maintenant. D'un autre côté, nous avions fait beaucoup de recherches et de préparation avant cela. Pour moi, le plus important, c'était qu'ils travaillent tous dans cette usine. Je pense que ça leur a permis de découvrir beaucoup de choses. Même Beatriz Batarda, la manière dont elle marche… L'élément physique est plus immédiat. Nous découvrons plus de choses à travers les aspects physiques.

Quid de l’histoire d’amour présente dans le film ? C'est presque un soulagement qu'elle survienne, pour elle, mais aussi pour le public.
C’est ça. Quand j’étais là-bas, et j'y suis resté cinq ans, un des aspects que j’ai trouvé très choquant était le type de relation entre les gens. J’ai senti un besoin d’amour. Certains d'entre eux mènent des vies très dures, font du temps supplémentaire au travail, y passent plus de douze heures par jour. Je pense que nous cherchons tous l’amour et donc elle aussi, même si nous ne savons pas exactement pourquoi elle tombe amoureuse de ce type. Il y a aussi tous ces personnages qu'elle voudrait être : elle veut bien parler anglais, elle veut travailler pour des gens du troisième âge... Je pense que quand elle voit ce Portugais, elle a un moment de doute. Elle est généralement très forte, très raide, mais là elle se perd un peu, elle se laisse aller.

Préparez-vous un nouveau projet ? Est-ce qu’il se passera de nouveau au Royaume-Uni ?
Non. Je travaillais sur un autre projet en Angola, dans une mine de diamants, mais comme j’ai passé cinq ans au Royaume-Uni, et que la pandémie a été une période extrêmement difficile, je travaille à présent sur un projet qui se passe au Portugal, sur des gens qui s'occupent de personnes âgées.

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(Traduit de l'anglais)

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