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TRIBECA 2023

Virginie Verrier • Réalisatrice de Marinette

"À la fois un conte de fée et un grand message d’espoir"

par 

- La cinéaste parle de son biopic sur une star et pionnière du football féminin, lancé cette semaine dans les salles françaises et en compétition à Tribeca

Virginie Verrier  • Réalisatrice de Marinette

Marinette [+lire aussi :
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interview : Virginie Verrier
fiche film
]
est second long métrage de la réalisatrice et productrice Virginie Verrier après À 2 heures de Paris [+lire aussi :
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(2018). Lancé dans les salles françaises le 7 juin, ce biopic sur la footballeuse Marinette Pichon (incarnée par Garance Marillier) fera sa première internationale en compétition le 11 juin à Tribeca.

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Cineuropa : Comment avez-vous découvert l’histoire de la footballeuse Marinette Pichon et qu’est-ce qui vous a donné envie de réaliser un biopic sur sa vie ?
Virginie Verrier : J’avais envie de parler de sport parce que j’en ai pratiqué beaucoup, notamment l’athlétisme. En France, ce n’est pas une évidence et tout le monde m’a dit qu’on ne faisait pas de film de sport, même si Marinette n’est pas un film de sport stricto sensu. Par ailleurs, j’adore les biopics et les biographies. Donc j’ai commencé à me documenter, j’ai lu des livres sur les carrières de différentes sportives, mais pour alimenter un film, il fallait une vie et des thématiques qui m’accrochent, dans lesquelles je puisse me reconnaître et pour lesquelles j’ai envie de dédier plusieurs années de ma vie.  C’est alors qu’un ami qui connaissait Marinette m’a signalé qu’elle sortait sa biographie Ne jamais rien lâcher et qu’il fallait absolument que je la lise. Je lui ai répondu : mais qui est Marinette Pichon ? Je n’avais jamais entendu parler d’elle. Quant au football féminin, on était en 2018 et il fallait être vraiment fan pour suivre les matchs parce que la médiatisation auprès du grand public est arrivée surtout à partir de la Coupe du monde organisée en France en 2019. Donc j’ai lu la biographie de Marinette et je me suis dit que c’était dingue que je ne la connaisse pas : j’ai découvert à quel point elle était une pionnière, à quel point elle avait réuni les premières fois dans son existence. Et il y avait l’enfance compliquée. J’y ai vu à la fois un conte de fée et un grand message d’espoir. Ce qui m’a tout de suite séduit, c’est son caractère résilient, hyper résistant, sa façon d’être confrontée à des épreuves et à chaque fois d’aller de l’avant, de ne pas lâcher. Et il y avait de très nombreux rebondissements naturels et une vie faite de hauts et de bas qui étaient déjà presque une construction narrative.

Comment avez-vous équilibré le parcours d’une sportive de haut niveau dans un sport où l’on n’attendait pas forcément les filles, avec le volet humain, personnel, lié à sa famille compliquée et à sa vie sentimentale plutôt avant-gardiste à l’époque ?
C’est le tricotage harmonieux de ces trois dimensions d’une même personnalité qui m’intéressait. Je ne voulais pas faire d’impasse, mais que les différents éléments entrent en écho, s’entremêlent car elle vit tout en même temps. Mais la façon dont elle se comporte dans sa vie amoureuse et sur le terrain n’est pas forcément la même par exemple. Je trouvais cela pertinent de confronter ces différences, notamment le fait d’accepter certaines choses dans sa vie sentimentale et de se montrer une guerrière sur le terrain. Il y a des paradoxes, notamment entre ce qu’elle vivait à la maison, un huis-clos infernal, et ce qu’elle exprimait à l’air libre, à tout déchirer sur ces terrains géants. Cela permettait de dresser un portrait complet et concis car j’ai voulu que le film soit rapide et énergique.

Comment avez-vous choisi de filmer les matchs de foot ?
Je ne voulais surtout pas filmer le foot comme on le voit à la télé. Je ne voyais pas l’intérêt de faire des longues focales en bord de terrain. Je voulais coller au personnage, à ses émotions et être vraiment sur le terrain, parmi les filles. Depuis toujours, je suis très sensible à l’écriture manga, un peu BD, à la Olive et Tom, et j’y ai pensé immédiatement : être près des visages, avoir le regard, être sur des actions marquantes. Je ne voulais pas ennuyer les spectateurs avec des tunnels de foot, mais qu’à chaque fois qu’on soit sur le terrain, qu’aucun moment ne soit gratuit.

Pourquoi Garance Marillier dans le rôle principal ?
Soit je trouvais une footballeuse que j’amenais à la comédie, soit une actrice sportive que je puisse amener au football. Je suivais Garance comme d’autres actrices et acteurs que j’aime bien sur Instagram et un jour elle a publié une petite vidéo dans laquelle elle racontait qu’elle jouait au foot. Elle a donc été la première à recevoir le scénario et elle a accepté immédiatement.

Vous êtes également productrice du film. Comment s’est déroulé le financement ?
Chez certains financiers ou d’éventuels coproducteurs, il y avait des réticences. J’entendais de leur part que le foot féminin n’intéressait personne alors que pour moi, c’est juste une toile de fond : c’est une vie, une émancipation, une histoire, un parcours résilient. J’ai eu aussi quelques réflexions sur le fait qu’une héroïne lesbienne, ce serait un cliché... J’ai donc décidé de me produire seule et l’aide de la région Hauts-de-France m’a permis de lancer le développement du film. Une fois le scénario écrit, les chaînes TV, France 3 et Canal+, se sont engagées très rapidement. Être à la fois productrice et réalisatrice, ce n’est pas très commun en France contrairement aux États-Unis, et j’ai bien senti que par rapport aux banques et aux institutions, il fallait prouver, mais cela m’a clairement permis de faire le film. Sinon, je serais peut-être encore en train de faire des rendez-vous pour trouver un producteur.

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