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BERLINALE 2024 Generation

Anthony Schatteman • Réalisateur de Young Hearts

"Je ne voulais pas tant faire un film pour enfants qu’un film familial, comme ceux avec lesquels j’ai grandi"

par 

- BERLINALE 2024: Rencontre avec le jeune cinéaste flamand, qui présente son premier long métrage, coming of age sensible sur un jeune garçon qui découvre l’amour

Anthony Schatteman • Réalisateur de Young Hearts
(© Thomas Nolf)

Rencontre avec le jeune cinéaste flamand Anthony Schatteman, qui présente son premier long métrage, Young Hearts [+lire aussi :
critique
interview : Anthony Schatteman
fiche film
]
, coming of age sensible sur un jeune garçon qui découvre l’amour, en première mondiale à la 74e Berlinale dans la section GenerationKPlus.

Cineuropa : Quelles sont les origines du projet ?
Anthony Schatteman :
En 2012, mon film de fin d’études, Kiss Me Softly, racontait une histoire assez proche. Le film a eu un certain succès, et je pensais en avoir fini avec cette histoire, mais 8 ans plus tard, alors je travaillais pour Ketnet, la chaine jeune public de la VRT, je me souviens avoir eu une discussion avec le directeur de la chaîne, qui déplorait le fait qu’il n’y ait pas de fiction qui puisse s’adresser à un jeune public dont le personnage principal est gay. J’avais des doutes, je me disais qu’en 2020, peut-être qu’on avait fait le tour des histoires de coming-of-age/coming out, mais lui m’a expliqué qu’on en avait peut-être plus besoin encore qu’il y a dix ans. Moi j’avais cette histoire qui me trottait dans la tête, je pensais qu’elle n’intéresserait plus personne, mais je savais que quand j’avais 10 ans, je n’avais jamais vu de films avec des personnages gays qui me soient accessibles. Bien sûr, ces films existent pour un public plus âgé, mais il y a souvent des scènes de sexe trop explicites pour être vus en famille. Alors je me suis dit que c’était une histoire encore à raconter, en se concentrant sur l’histoire d’amour, en gardant à l’esprit qu’un enfant de 8 ans puisse le voir.

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L’âge de vos protagonistes était prépondérant ?
Mais je voulais que la sexualité ne soit pas encore ouvertement un questionnement. La romance et l’amitié étaient au coeur du dispositif. J’ai eu du mal à fixer l’âge. On a fait un casting de garçons entre 11 et 18 ans, je voulais me laisser des possibilités. On s’est vite aperçu que les garçons de 15 ans étaient trop mûrs. Quand on a trouvé Marius, qui joue Alexander, on s’est dit que c’était le bon âge, 13 ans.

Ce qui est finalement assez disruptif aussi, c’est de montrer des garçons de 13 ans qui parlent d’amour, qu’il soit hétéro ou homosexuel d’ailleurs.
Oui, pourtant tout le monde se souvient de son premier amour. Mais c’est très difficile d’en parler, de se confier. Je voulais un personnage qui permette ça, qui soit très ouvert dans son rapport à l’amour, et qui puisse entrainer son ami dans cette réflexion. Au fond, c’est vraiment une histoire sur comment trouver sa place. Tout le monde connaît ce moment dans la vie, où on doit comprendre où on est. Ce n’est pas tant l’histoire d’un jeune garçon gay, que l’histoire d’une jeune personne qui découvre qui elle est et qui elle aimerait être.

Elias n’ose pas parler, pourtant autour de lui, ses proches sont prêts à l’écouter.
C’est vraiment une lutte intérieure, une quête personnelle. C’était très important pour moi de me focaliser sur cette lutte intérieure. Il ne doit pas spécialement faire face à un front homophobe. Et puis j’ai voulu aussi faire figurer trois générations. Je pense que les parents et les grands-parents doivent franchir le cap, être présent pour les jeunes. La génération de mes parents avait plus tendance à éviter le conflit, ou la discussion.  Je pense qu’ils avaient juste peur que ma vie soit plus dure en étant homosexuel. Ils ont attendu que j’en parle, moi. Je le comprends, mais je pense aussi que ma jeunesse aurait été différente si nous en avions parlé plus tôt. Le père de mon film n’envisage même pas que son fils puisse être gay, il a une vision très hétéronormative du monde. Notre génération est très préoccupée par ses émotions, ses sentiments. C’est à notre génération de jeter des ponts vers les générations précédentes pour parler des sentiments, peut-être.

Le film est aussi une flamboyante histoire d’amour.
Je voulais montrer à un jeune public qu’il ne faut pas passer à côté de l’amour, c’est finalement assez rare dans une vie - même si certains tombent plus facilement amoureux que d’autres. Quand on trouve l’amour, c’est tellement beau, que ça vaut la peine de surmonter les obstacles. Il y a tellement d’amour autour de moi, dans ma famille, que je voulais partager ça aussi dans un film.

Quel est le plus grand challenge quand on a pour ambition de s’adresser à de jeunes publics ?
Je voulais surtout faire un film qui soit visible à tout âge. Je ne voulais pas tant faire un film pour enfants qu’un film familial, comme ceux avec lesquels j’ai grandi dans les années 90. Des films comme My Girl, Mrs Doubtfire. Je voulais aussi que tout soit très lumineux et coloré, que la musique très présente. Quand mon monteur, en Hollande a découvert les images, il m’a dit : "ce village ressemble à un village de conte de fées !". Je n’avais vu mon village sous cet angle, mais c’est vrai que les outils du cinéma nous ont permis de lui donner cette aura. Alors qu’en vrai, on a connu le pire été en termes de météo. On a dû être créatif pour faire le summer movie que j’avais en tête !

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