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LUXEMBOURG 2026

Alexis Juncosa • Directeur artistique, Luxembourg City Film Festival

“J'aime bien l'idée que le LuxFilmFest soit en train de devenir un de ces endroits où l'on réfléchit collectivement à ce qu'on fait”

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- Le directeur artistique de l'événement nous parle de l'intitulé de sa 16e édition, "Wild, Wild Rose”, de l'élargissement de sa partie immersive et de son rôle comme rendez-vous du cinéma européen

Alexis Juncosa • Directeur artistique, Luxembourg City Film Festival
(© Julia Vogelweith)

La 16e édition du Luxembourg City Film Festival (LuxFilmFest) va débuter le 5 mars, pour se prolonger jusqu'au 15 mars. Le programme de cette année, dont le thème central est “Wild, Wild Rose”, adopte la fragilité, la tension et les nombreuses nuances de rose de la fleur, en guise de symbole et par provocation. À la veille de l’ouverture, le directeur artistique de l'événement, Alexis Juncosa, a confié à Cineuropa ses réflexions sur l’identité en mutation du festival, les Industry Days et l'Immersive Pavilion, ainsi que ses ambitions pour faire du Luxembourg un pôle culturel encore plus effervescent.

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Cineuropa : L’édition 2026 a pour thème “Wild, Wild Rose”, nombre des films au programme explorant la fragilité, la tension et la couleur rose comme espace de friction. Comment ce motif s’est-il imposé ?
Alexis Juncosa :
Cette profusion fortuite d’œuvres mettant en avant cette couleur nous a d’autant plus amusés qu’elle est survenue plusieurs mois après que nous avons choisi le rose pour la communication de cette année. C’est indéniablement dans l’air. Je vois une certaine dualité dans cette couleur, synonyme de douceur pour certains, de tension pour d'autres. Je fais naturellement le lien avec notre programme, qui cette année nous permettra soit d’affronter les problèmes du monde, soit de nous en évader le temps du festival.

En 16 ans, le LuxFilmFest est devenu une plateforme incontournable pour le cinéma luxembourgeois et international. En quoi cette édition confirme-t‑elle ce rôle ?
Nous nous inscrivons pleinement dans la logique des festivals dits de “panorama”, avec l’avantage supplémentaire d’être au centre de l’Europe et de suivre la Berlinale de près. C’est une position idéale, à la fois sur le plan géographique et dans le calendrier. Nous sommes un des rares événements logés entre les deux plus grands marchés de l’année, Berlin et Cannes. À côté de ça, le Luxembourg s’est imposé dans le domaine de la coproduction. La combinaison de ces circonstances nous conduit naturellement à favoriser les rencontres. C’est surtout une formidable opportunité pour l’écosystème national. Ces rendez-vous sont l’occasion d’imaginer les films de demain.

LUXFILMFEST FABRIC et les Industry Days proposent des masterclasses, des séances de pitchs et des débats. Quelle importance ces échanges ont-ils pour la nouvelle génération ?
Cette année encore, nous aurons l’occasion d’accueillir de nombreux festivals et distributeurs internationaux, dans le cadre de ces Industry Days. Ils seront rejoints par d’autres organisations professionnelles européennes, dont EAVE, pour un événement Mix&Match qui illustre notre volonté de faire de ce rendez-vous un espace de rencontres et d’échanges. Même la FIAPF nous fera l’honneur de sa présence. Et comme vous l’avez souligné, nous aurons beaucoup de sujets à aborder ensemble. J’aime l’idée que le LuxFilmFest devienne un de ces lieux où l’on peut réfléchir collectivement à ce que l’on fait. Les thèmes abordés lors des ateliers sont étroitement liés aux discussions que nous avons au sein du comité de sélection. Notre travail, et, je l’espère, celui des autres participants, en bénéficie donc directement.

L’Immersive Pavilion s’est agrandi et se tient désormais dans plusieurs lieux qui présentent des expériences en VR, en AR et en réalité mixte. Comment ces formats vont-ils, selon vous, redéfinir l’intérêt du public ?
Nous avons lancé notre première initiative VR dès 2016. On en était encore aux prémices de la démocratisation de cette technologie, avec la sortie de la première version commerciale de l’Oculus Rift et l’entrée en scène de géants comme HTC, Sony, HP et Samsung. Deux ans plus tard, le Film Fund Luxembourg s’est passionné pour l’outil et en a fait un véritable moteur au sein de notre festival. Aujourd’hui, notre pavillon est devenu une référence de niveau international et accueille les œuvres les plus emblématiques, quand elles ne sont pas directement le produit de notre créativité nationale. Je suis très curieux de voir ce que ces technologies vont apporter à la narration, d’autant qu’elles dépassent à présent le dispositif initial, qui impliquait forcément l'utilisation de casques.

Avec Isabelle Huppert comme invitée d’honneur et des hommages à Rodrigo Sorogoyen et Craig Quintero, le festival fait le lien entre cinéma établi et formes expérimentales. En quoi ces hommages contribuent-ils à l’identité du LuxFilmFest et que permettent-ils en termes de dialogue entre passé, présent et nouvelles tendances ?
Les trois personnalités à l’honneur cette année sont, chacune à leur manière, des monuments, mais elles partagent la même capacité à laisser leur marque sur la création contemporaine. Il est important pour nous de saluer leurs accomplissements. Je pense que cela illustre assez bien aussi ce que ce pays a à offrir. C’est un lieu chargé d’histoire, mais tourné vers l’avenir. Au Luxembourg, on peut, en une seule promenade, traverser mille ans d’histoire et se retrouver au cœur des initiatives européennes d’exploration spatiale. Au fond, nous ne faisons que refléter cette réalité.

Quelles ambitions nourrissez-vous pour le LuxFilmFest et pour la présence internationale du Luxembourg, ces cinq prochaines années ?
Le grand rêve, bien sûr, c’est que notre pays prenne conscience (comme est en train de le faire l’Espagne, et c'est assez spectaculaire) de la nécessité d’aller vers une politique d’accueil et d’invitation des acteurs culturels. Toutes les régions qui se sont engagées dans cette voie ont bénéficié du formidable effet d’entraînement que cet élan génère. Il profite à tout le monde, tant en termes de circulation des œuvres et d’opportunités nouvelles que d'apparition d'un esprit festif qui ne peut qu’être extrêmement bénéfique pour l’image du pays et de sa capitale.

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(Traduit de l'anglais)

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