SÉRIES MANIA 2026 Séries Mania Forum
François Lardenois, Nathan Franck et Olivier Wotling • Producteurs de Dejima
"Cette histoire a du potentiel pour un récit très romanesque mêlant une histoire d’amour et une fuite en avant"
par Fabien Lemercier
- Les pilotes des sociétés françaises Studio 14 Films et Mintee Productions évoquent leur projet présenté aux Co-Pro Pitching Sessions de Séries Mania Forum

François Lardenois et Nathan Franck de Studio 14 Films (fondée en 2021 et qui compte notamment à son actif la série En Place) et Olivier Wotling (ancien directeur du cinéma du CNC et de l’unité Fiction d’Arte France) de Mintee Productions (entre autres les séries Rivages et Cimetière indien) se sont associées pour le projet de série Dejima (6 x 52'), sélectionné aux Co-Pro Pitching Sessions de Séries Mania Forum (lire l’article), organisé à Lille où nous avons rencontré les trois producteurs.
Cineuropa : Comment est né le projet Dejima ?
Olivier Wotling : Quand j'ai quitté Arte, il y a deux ans et demi, j'ai rencontré très vite Mehdi Ouahab, le créateur de la série. Il m'a présenté différents projets, en sachant que j'avais une volonté d'aller sur l'international. Parmi eux, il y avait Dejima qui a un souffle romanesque très fort et qui porte un message très beau sur l'ouverture des peuples et des individus.
François Lardenois : Quand Olivier nous a sondés, il y avait déjà une pré-bible. Avec Nathan, nous faisons beaucoup de séries franco-françaises, mais nous avons aussi envie d’explorer de nouveaux horizons. Et le Japon incarne un territoire assez fascinant à beaucoup de niveaux. L'histoire que nous a permis de découvrir Mehdi à travers cette île artificielle en face de Nagasaki, c’est un terrain de jeu génial, avec du potentiel pour une fresque et un récit très romanesque mêlant une histoire d’amour et une fuite en avant.
De quoi parle exactement Dejima ?
O.W : Nous sommes en 1828 au Japon, dans la baie de Nagasaki, et le Japon est totalement fermé aux étrangers depuis deux siècles. Un seul point d'entrée est possible, une petite île, Dejima, qui est reliée à Nagasaki par un petit pont de pierre gardé, fermé tous les soirs et ouvert chaque matin afin que les commerçants européens puissent travailler pendant la journée à Nagasaki. L'histoire va faire se rencontrer un médecin français installé sur l'île de Dejima et soignant les marins européens, et la fille d'un puissant clan de Nagasaki chargé de la sécurité de la ville. À la suite d'un complot et d'une méprise, ils vont être pourchassés par le Shogun et menacés de mort pour différents motifs. Une fuite à travers le Japon s'engage, unissant les deux, chacun ayant néanmoins un objectif différent : lui essaye de quitter le Japon tandis qu’elle veut rester, se sauver mais combattre et apporter un changement de modernité dans son pays. Et l'histoire d'amour, l'amour impossible et interdit, complique le devoir que chacun se fixe.
À quel stade en est l'écriture et votre recherche de partenaires ?
Nathan Franck : Mehdi a écrit une bible déjà assez fournie, de 25 pages environ, avec un synopsis du premier épisode bien étoffé, quelques pages d'arches et évidemment des présentations de personnages.
F.L : Olivier avait initié des débuts de discussion avec des partenaires au Japon, comme NHK, Ax-On et Nippon TV, avec de vrais intérêts sur le projet. Évidemment, tant que nous n’étions pas suffisamment avancés, c'était compliqué de concrétiser. Nous allons profiter du pitching de Séries Mania pour relancer ces discussions et ouvrir un maximum de possibilités avec des partenaires japonais, parce que cela reste la clé de voûte de la structuration du projet. Mais nous sommes également ouverts à des partenaires européens ou occidentaux, notamment afin de trouver des diffuseurs intéressés pour s'embarquer dans cette aventure, même en amont. Nous n'avons pas encore sondé officiellement les diffuseurs français, mais cela fait partie des étapes ultérieures afin d’arriver un petit peu plus fort avec potentiellement des partenaires japonais déjà à bord, en sachant que du côté international, il y a un début d'intérêt de Fremantle, qui est partenaire de la société d'Olivier.
Quel serait le planning idéal ? Avez-vous déjà envisagé un cast ?
O.W : Pour le début du tournage, le printemps 2028. Quant au cast, ce sera un point clé. Comme la série est très japonaise (même si elle sera majoritairement en langue anglaise) et que les personnages occidentaux ne sont pas nombreux, même si le plus important est français, il faudrait idéalement séduire une belle tête d'affiche pour peser aussi sur les diffuseurs français.
F.L : La série Taboo avec Tom Hardy est notre référence sur ce point avec l’envie d'essayer de trouver une tête d'affiche qui nous permettrait d'accélérer certaines discussions avec les diffuseurs.
Quels sont les autres projets en cours de Studio 14 Films ?
N.F : Nous tournons jusqu’à fin mars la série Les Disparus des Argonnes pour France Télévisions, avec HBO Max en préachat. C’est une libre adaptation d'un fait divers des années 80, l'affaire des disparus de Mourmelon, une succession de disparitions de jeunes militaires. La série a été créée par Safy Nebbou (qui réalise) et Julie Peyr (d’après son roman éponyme). Elle raconte l’enquête empêchée de la mère du premier soldat disparu qui essaye de comprendre ce qui est arrivé à son fils. L’été prochain, nous tournerons avec Malik Bentalha, pour Disney+, une série qui s’inspire de sa vie. Et nous sommes en attente de green light sur deux projets avec HBO et un avec Netflix, pour des tournages cet été.
Et du côté Mintee Productions ?
O.W : Mon alter ego dans la société, la productrice Floriane Cortes, présente la série Paolo (réalisée et co-écrite par Sébastien Marnier) en compétition internationale à Séries Mania. J'ai surtout des projets en développement, mais également une série qui entrera en production cet été pour Arte France qui en dévoilera les détails le 25 mars à Séries Mania Forum.
Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.
















