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BIFFF 2026

Romain Daudet-Jahan • Réalisateur de Kyma, l'onde mystérieuse

“Kyma est ma réponse aux films américains ; ce travail parle d'un être mystérieux qui n'arrive pas à Manhattan ou Los Angeles, mais dans ma région en France”

par 

- Le réalisateur français nous parle de son film, où trois adolescents essaient de sauver une entité mystérieuse, entièrement sonore, d'agents secrets qui essaient d'en faire une arme

Romain Daudet-Jahan • Réalisateur de Kyma, l'onde mystérieuse
(© BIFFF/Michel van Reysen)

Le film Kyma, l'onde mystérieuse a fait sa première internationale dans le cadre de la compétition Méliès du 44e 44th Brussels International Fantastic Film Festival (BIFFF), qui s'est tenu dans la capitale belge du 3 au 18 avril. Ce titre, seul film de sa section à se destiner à un public adolescent, suit trois lycéens qui tentent de sauver un être mystérieux et immatériel dont l'existence n'est que sonore et que la police secrète compte utiliser comme arme.

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Nous avons discuté avec le réalisateur du film, Romain Daudet-Jahan, pour en savoir plus sur l'idée de départ de ce récit, sur la manière dont il s'y est pris pour combiner sa passion pour la science et son amour du cinéma, et sur les similitudes entre l'hypnose et le cinéma.

Cineuropa : Comment vous est venue l’idée de Kyma ?
Roman Daudet-Jahan : Déjà, il faut savoir que je suis un passionné des sciences depuis mon plus jeune âge. Au lycée, j’ai rencontré l’astrophysicien André Brahic, qui entretenait un rapport presque romanesque avec la science. De plus, la science-fiction est un genre très populaire dans la littérature française, comme en témoigne, par exemple, La planète des singes.

En grandissant, j’ai commencé à m'intéresser au cinéma. Avec Kyma, je voulais raconter une histoire que j’aurais aimé voir enfant : une histoire sur des extraterrestres qui atterrissent dans ma région, en France, et non à Manhattan ou à Los Angeles. Cependant, à un moment, j’ai eu un déclic et décidé que ma créature serait entièrement sonore, car on n'a jamais rien vu ou entendu de tel, or d'un point de vue scientifique, un être immatériel composé uniquement d'ondes sonores ne pourrait pas vivre dans l'espace. Il lui faudrait, pour vivre, un environnement très dense, comme les entrailles de la Terre. Kyma ["onde" ou "vague" en grec] est donc devenu un être "intraterrestre".

J’ai lu que vous étiez hypnothérapeute certifié. En quoi le métier d’hypnothérapeute diffère-t-il de celui de réalisateur ? Quelles sont les similitudes entre ces deux métiers ?
C'est une question absolument fascinante, mais elle est aussi tellement complexe que je ne pourrais jamais lui donner une réponse exhaustive. L’hypnose suppose qu'on soit extrêmement attentif à l’autre ; c’est la douceur et la tendresse dont on fait preuve avec les autres en se synchronisant avec eux, en les écoutant, en décryptant leur manière de penser. Il me semble que le cinéma, en plus d'être un art qui permet de s’exprimer, est aussi un art qu’on fait pour les autres. Le cinéma que j’aime est un cinéma immersif, un cinéma qui emmène le spectateur à l'aventure, qui l'embarque et le fait décoller. L’hypnose permet également de faire ça, mais au niveau individuel, à travers la suggestion. Le cinéma est une sorte de forme augmentée de l’hypnose. Les deux sont très liés. 

Vous avez travaillé avec plusieurs animaux pour faire ce film : des chevaux, des chats et un serpent. Quels ont été les challenges présentés par ce choix ?
Il y a beaucoup d’animaux dans mon film parce que j’adore les animaux. Je les trouve beaux. Pour moi, ils représentent un lien très spécial avec le surnaturel. Ensuite, travailler avec des animaux est amusant, même si c'est compliqué. Pour notre tournage, nous avons travaillé avec des dresseurs spécialisés dans les chats – ce qui n'empêche que tourner avec des chats reste compliqué, car ils font ce qu'ils veulent. Il faut installer la caméra et être patient : laisser le chat venir à vous quand il est prêt à le faire.

Avec les chevaux, c’était différent. Ils n’étaient pas prévus au départ. À l'origine, le personnage d’Ousmane était censé travailler avec des poules, et puis nous avons trouvé une ferme où il y avait des chevaux et nous avons eu envie de les intégrer au film. Heureusement, un des membres de l’équipe qui connaissait bien les chevaux a pu nous aider. Sans son aide, intégrer les chevaux au film n’aurait pas été possible. C'était un de ces moments merveilleux où tout se met à se combiner parfaitement, comme par magie. 

Le travail sur le son dans Kyma est très raffiné, mais il peut aussi être déstabilisant. On se sent comme un animal exposé à une nuisance sonore. Quel était votre projet, à cet égard ?
L’idée n’était pas de mettre mal à l’aise le spectateur, mais de créer un son enveloppant qui le prenne aux tripes. Kyma est comme un tigre en cage dont le rugissement fait frémir jusqu'aux entrailles. J'espère également que peu à peu, au fil du film, les spectateurs vont développer de l'empathie pour Kyma, guidés par les sons qu'il émet et par la manière dont Kyma est représenté visuellement à l'aide des figures de Chladni.

Il y a cependant un moment où je voulais que le spectateur soit dans ses petits souliers : dans la scène où les enfants se retrouvent dans la pièce insonorisée et que le silence s'empare de tout et qu'ils ont une crise de panique. Dans cette scène, Zoé [interprétée par Lucie Loste Berset] fait de son problème d'audition un atout : elle est la seule à garder son sang-froid, et va ainsi pouvoir aider les autres.

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(Traduit de l'anglais)

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