email print share on Facebook share on Twitter share on LinkedIn share on reddit pin on Pinterest

CANNES 2026 Semaine de la Critique

Phuong Mai Nguyen • Réalisatrice In Waves

"Une histoire à laquelle tout le monde arrive à se connecter alors qu’elle est très personnelle et très intime"

par 

- CANNES 2026 : La réalisatrice franco-vietnamienne raconte la genèse et la fabrication d’un premier long d’animation très fort sur l’amour, la mort et le surf

Phuong Mai Nguyen • Réalisatrice In Waves

Premier long métrage de la cinéaste d’animation Phuong Mai Nguyen, In Waves a ouvert la 65e Semaine de la Critique du 79e Festival de Cannes.

Cineuropa : Pourquoi avez-eu envie de porter au grand écran la bande-dessinée de l’Américain AJ Dungo ?
Phuong Mai Nguyen : À cause de l'aspect émotionnel de son œuvre. Je fonctionne beaucoup à l’émotion avec des choses que j'aime et d’autres que je n'aime pas, sans trop savoir pourquoi. Là, il y avait quelque chose qui m'émouvait tant que cela me donnait envie de la partager. Quand j’ai découvert la BD d'AJ, je voulais que tout le monde autour de moi la lise. En décidant d’en faire un film, j'avais l'impression de poursuivre ce travail de partage d'une histoire à laquelle tout le monde arrive à se connecter alors qu’elle est très personnelle et très intime. La force de cette histoire bouleverse tous ceux qui la découvrent.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Comment vous en êtes-vous emparée sur le plan graphique ?
Mon parti-pris, c'était qu'il ne fallait pas forcément copier la façon de dessiner très personnelle de AJ qui est différente de la mienne. Se posait également la question de comment les choses allaient bouger avec le fait de rajouter le mouvement de l’animation. J’ai notamment beaucoup travaillé sur les couleurs californiennes, sur les lumières différentes, avec l’idée de raconter l'émotion et la temporalité à travers les couleurs.

Le surf est au cœur du film. Comment avez-vous abordé sa représentation ?
La mer prend un espace important dans le film. J'ai passé beaucoup de temps, de manière presque obsessionnelle, à l’observer. Quand je regardais les vagues bouger, je me demandais comment recréer ce mouvement à la fois cyclique, répétitif, mais en même temps imprévisible. Ce rythme assez particulier de va-et-vient qui ne s'arrête jamais, mais qui tout à coup, change complètement d'aspect, c’est un peu une métaphore de la vie. Surfer sur cette vague, c'est se jeter dans les événements de la vie et s’y confronter, comment on y survit et comment on continue notre chemin. C'est cela qui est très touchant dans cette philosophie liée au surf.

Comment avez-vous réussi à traiter le côté dramatique de cette histoire d'amour très forte sans verser dans l’excès de pathos ?
En rencontrant AJ, en partageant beaucoup de moments avec lui et avec les membres de la famille de Kristen, je me suis dit qu'il y avait quelque chose finalement d'assez joyeux dans ce groupe d'amis, en dépit de l’absence de Kristen qui reste néanmoins omniprésente. Ils ont été très généreux avec moi, notamment en me montrant beaucoup de photos et de vidéos de Kristen quand elle était encore en vie. Cela aurait été dommage et réducteur de ne traduire cette histoire qu'à travers la tristesse, car il y a beaucoup de jeunesse et de joie de vivre. Retranscrire cela dans le film permet de rééquilibrer le drame, car on continue à vivre après et il faut aller de l'avant malgré tout. C'est touchant de voir les gens qui gardent le sourire malgré la tristesse.

Quid des séquences sur le passé lointain à Hawaï lié à l'histoire du surf ?
C'est un choix que nous avons fait à l'écriture avec Fanny Burdino et Samuel Doux. C’était important de retracer l'histoire du surf depuis ses origines à Hawaï jusqu'à son déploiement aux États-Unis avec la figure mythique de Duke Kahanamoku. Cela prenait une grande place dans la BD, mais mettre trop en avant dans le film cet aspect très documentaire risquait de perdre un peu le spectateur. Fanny et Samuel ont alors découvert un livre de l’anthropologue français Jérémie Lemarié sur les origines du surf et ses rituels : l’appel de la vague, le réveil de la mer. Je trouvais cela très poétique, ces humains tentant de parler aux éléments et de se reconnecter à cela. Et il y avait également cette idée de la vague cyclique, de la vie, de la mort, une réflexion philosophique et spirituelle autour du surf à Hawaii et leur rapport avec l'océan. C'est cela que nous avons voulu raconter à travers ces passages un peu mystérieux qui créent une sorte de de magie,

Quelles étaient vos intentions concernant la musique signée par Oklou et Rob ?
Dès le démarrage du projet en 2021, ils ont commencé à faire des petites recherches pour un premier teaser. La voix d’Oklou qui est très évanescente, très vaporeuse, très douce, rappelle le chant des sirènes et elle nous reconnecte au surf ancestral et à l'existence humaine dans la nature. C’était très émouvant d'avoir cette voix accompagnée de sons de musique électronique, car c'est une histoire d'aujourd'hui, mélangée avec un aspect orchestral. Cela nous replonge dans quelque chose d’universel.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Lire aussi

Privacy Policy