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CANNES 2026 Séances de minuit

Marco Nguyen et Simon Balteaux • Coréalisateur et coscénariste de Jim Queen

“Le simple fait de faire de l’humour sur ces sujets aujourd’hui, c’est déjà un acte militant”

par 

- CANNES 2026 : Deux des personnes derrière le film d’animation pour adultes nous a parlé des origines du projet et des significations plus profondes de son histoire

Marco Nguyen et Simon Balteaux • Coréalisateur et coscénariste de Jim Queen
Marco Nguyen (à gauche) et Simon Balteaux (© 2026 Fabrizio de Gennaro pour Cineuropa - fadege.it, @fadege.it)

Nous avons rencontré le coréalisateur Marco Nguyen et le coscénariste Simon Balteaux lors du 79e Festival de Cannes pour parler du film d’animation pour adultes Jim Queen, coréalisé par Nicolas Athane et coécrit par Brice Chevillard et les deux réalisateurs, et présenté en Séance de minuit.

Cineuropa : Est-ce que le personnage de Jim est né après l’idée des hétéroses, ou est-ce que l’idée des hétéroses est née après Jim ?
Simon Balteaux
: Les hétéroses, c’est le high concept qui est venu en premier. Nous avions la volonté initiale de montrer la beauté et la richesse du milieu queer. Une technique scénaristique pour mettre quelque chose en valeur, c’est de l’enlever pour se rendre compte que ça nous manque. Il y avait évidemment aussi un lien avec l’épidémie de sida. Marco et moi avons grandi dans les années 80 et nous avons été littéralement traumatisés par ça, comme beaucoup de gens. Nous avons donc mêlé ces concepts pour donner un sens à notre démarche. Jim est ensuite apparu pour porter ce sens à l’écran.

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insularia_Josué

Marco Nguyen : Nous voulions surtout parler de notre vie. Les sorties, les bars… on avait envie de montrer que notre vie était cool aussi. On s’est posé la question : qu’est-ce qui se passerait si tout ça s’arrêtait ? C’est comme ça qu’on a eu l’idée, presque sous forme de blague : une maladie qui ferait disparaître les homos. C’est devenu une sorte de métaphore qui n’était pas forcément très politique au début.

Présenter ce film à Cannes est-il une façon pour vous de provoquer un débat ?
S.B. :
Je crois qu’on a la même manière de faire de la politique, Marco et moi. On a envie de faire passer des messages forts et importants, mais de façon douce. On s’est rendu compte que l’humour était un super pouvoir pour transmettre ces messages.

M.N. : Je ne pense pas qu’on ait cherché à créer un débat. Le simple fait de faire de l’humour sur ces sujets, aujourd’hui, c’est déjà un acte militant. Ce sont des sujets que les gens n’osent pas forcément aborder avec le rire. Et nous, on l’a fait avec beaucoup de liberté. En écrivant, on ne s’est pas posé de limités à part celle de ne pas faire la morale. Le but de cette satire, c’est de montrer des situations et de laisser les gens comprendre ce qu’ils veulent. C’est ça, notre manière de faire de la politique.

Le film est destiné aux adultes en raison des scènes de sexe, mais les autres scènes pourraient servir d’outil d’éducation. Avez-vous déjà envisagé de faire un film destiné aux enfants ?
S.B. :
C’est drôle parce que le studio Bobbypills, qui produit le film, a aussi fait une série qui s’appelle PeePooDo. C’est pour les adultes, mais présenté comme des cours d’éducation sexuelle pour enfants. En adoucissant certains aspects, le film pourrait devenir un vrai outil d’éducation sexuelle pour les plus jeunes.

M.N. : Moi, je ne le vois pas forcément comme ça. Je pense que c’est un film avec des thématiques adultes, et qu’il faut déjà une certaine expérience pour tout comprendre. Il devient pertinent quand les jeunes commencent à se poser certaines questions. Aujourd’hui, il s’adresse surtout à un public déjà sensibilisé, ou en quête de réponses. Mais je comprends qu’il y a plein de choses à faire autour de l’éducation, et c’est peut-être un terrain intéressant pour un futur projet.

En parlant de futurs projets…
M.N. :
Nous sommes en pleine promo… Je n’ai pas encore eu le temps de penser à autre chose. Mais j’ai tellement aimé cette expérience, et le terrain est tellement vivant, qu’il y a encore plein de choses à raconter. Le monde bouge et on a encore envie de rigoler, de tacler, de se moquer de tout le monde. Donc si ça plaît et que les gens en veulent encore, je suis prêt à continuer. 

S.B. : Moi, j’ai eu un peu plus de temps que Marco, parce qu’en tant que scénariste, on finit le travail plus tôt. J’ai plusieurs projets, toujours dans les mêmes thématiques qui mettent en valeur la communauté LGBTQIA+. Et on garde aussi des idées pour Jim Queen 2. Je pense que les gens sont enfin prêts. D’ailleurs, cette année à Cannes, il y a 21 films en compétition pour la Queer Palm. Un vrai signe de diversité.

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