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SUNNY SIDE OF THE DOC 2026

Joséphine Létang • Responsable de la distribution internationale et du marketing, Arte France Distribution

"Des documentaires dynamiques, amusants et ciblant une audience un peu plus jeune"

par 

- La pilote de la division ventes internationales d’Arte France nous parle de son line-up, de sa ligne éditoriale et des tendances actuelles du marché du documentaire

Joséphine Létang • Responsable de la distribution internationale et du marketing, Arte France Distribution

Rencontre au 37e Sunny Side of the Doc à La Rochelle avec Joséphine Létang, responsable de la distribution internationale et du marketing de Arte France Distribution qui a notamment cartonné en ventes l’an dernier avec le documentaire Les Mystères des Cerfs-Volants du Désert (The Mystery of The Desert Kites) et en début d’année avec Groenland : L’Eldorado des glaces (Greenland : the Icy Eldorado).

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Cineuropa : Quels sont les highlights du copieux line-up d’Arte France Distribution au Sunny Side ?
Joséphine Létang : L’aspect découverte est important, donc nous mettons l’accent sur de nouvelles acquisitions comme Super Poulet (Cluck! Chicken Exposed) de Jeff Morales qui sort un petit peu de notre cadre habituel. Aujourd'hui, nous avons un catalogue qui regroupe 90 % de documentaires Arte et 10 % de films qui viennent d'ailleurs, de France Télévisions, de Canal+ ou d’autres diffuseurs. Super Poulet nous a vraiment emballés : c'est une petite capsule pop-science hyper divertissante tout en étant extrêmement exigeante scientifiquement et qui ramène une audience un peu plus jeune. Nous allons aussi continuer à travailler sur notre collection Icones du Cinéma (Cinema Icons) qui nous permet de disposer aujourd'hui d’un important catalogue de portraits de stars. Va bientôt arriver entre autres celui de Jessica Chastain (dans lequel il y a une très belle interview d'Al Pacino). Nous vendons aussi des documentaires qui parlent de films, comme Terminator : des machines et des hommes… et une femme (Terminator: Of Machines and Men… and one Woman) qui est assez exceptionnel (avec une interview exclusive de James Cameron) et d’actualité avec l’IA et le féminisme. Nous sommes également très présents sur les documentaires d’investigation avec par exemple Inside Gaza et la trilogie Histoire de la Palestine (Palestine, A History). Par ailleurs, nous avons aussi un focus sur les États-Unis et la Chine, car une grosse partie des conflits mondiaux actuels se joue là. Enfin, dans la diversification de notre catalogue, nous vendons aussi depuis l’an dernier des captations musicales avec une collection aujourd'hui de plus 30 concerts (Nick Cave, Iggy Pop, Moby, mais aussi du classique, du jazz, de la danse), un segment sur nous avons eu des gros succès l'année dernière.

Quid deux titres de votre line-up qui ont été sélectionnés au Meet & Match ?
Tous à poil ! (All About Fur !) est un projet scientifiquement passionnant, produit par Haut Et Court Doc qui nous a toujours apporté des films intelligents et visuellement très beaux. Quant à Kim, le Diamant et les Papys Braqueurs (Kim, the Diamond and the Grandpa Robbers), c’est un petit pas de côté par rapport à notre ligne éditoriale car nous ne sommes pas très présents sur le segment "True Crime". Là, sur une personnalité aussi connue mondialement que Kim Kardashian, nous avons un travail important en amont pour faire savoir que Arte France Distribution est capable d'aller chercher ces titres et des acheteurs pour des films qu'on attend moins chez nous. Et c’est la même chose avec The Radio : Once Upon a Time in Los Angeles ou encore Origines : un conte de la Lumière (Origins, a Tale of Light). Des documentaires dynamiques, amusants et ciblant une audience un peu plus jeune car c'est un enjeu pour tout le monde sur le linéaire et le non-linéaire de raconter des histoires différemment et d'aller chercher cette audience.

Quels types de documentaires recherchent actuellement les diffuseurs ?
J’aimerais avoir une boule de cristal. Ce qui est sûr, c’est que les prises de décisions d’achat sont beaucoup plus longues qu’auparavant. Les prises de risques sont extrêmement rares. Il y a quelques années, on pouvait pitcher un documentaire sur dossier, ensuite on nous a demandé des "rough cut", et maintenant, on vend pratiquement les films finis. Naturellement, sur des sujets aussi délicats que la politique ou l'investigation, les acheteurs ont plutôt tendance à vouloir absolument voir le documentaire pour se positionner. Il y a aussi beaucoup plus d’exigence et de prudence sur la véracité scientifique et sur la manière dont les sujets sont présentés.

Quelles sont les évolutions en termes de territoires ?
Il y a toujours eu des territoires plus ou moins difficiles en fonction, des politiques locales, des engagements, des créations de sociétés. Les ventes internationales sont un secteur en mouvement et très dépendant des différentes actualités et des situations économiques. Cependant, on peut constater que la Chine par exemple est un territoire de plus en plus difficile, pour des questions notamment de censure. Quant aux États-Unis, les chaînes publiques y souffrent souffrent beaucoup. Mais cela s'équilibre globalement avec d'autres pays plus dynamiques. Le grand changement actuellement, c'est la place de tous les partenaires eVOD par rapport à il y a quelques années, et la structuration de ce marché. Aujourd’hui, nous travaillons avec énormément d’éditeurs de chaînes YouTube à travers le monde par exemple et je pense que ces chaînes fonctionnent comme au lancement des chaînes thématiques il y a quelques années : on trouve aujourd'hui des sociétés très structurées, très professionnelles, avec des chaînes qui fonctionnent par thématique. C'est un segment qui fonctionne essentiellement sur le volume et il faut pouvoir les alimenter assez régulièrement et avoir beaucoup de volume à leur donner pour que cela soit rentable, mais dans notre chiffre d'affaires, leur part ne cesse d'augmenter et on ne peut clairement pas les négliger aujourd'hui. D’autant plus que chaque audience a son segment et que YouTube n'est pas cannibalisant pour les autres diffusions. Beaucoup d’IP assez anciennes continuent d’ailleurs aussi de bien fonctionner sur YouTube où n’existe pas cette temporalité de l'année de production qui bloquer un peu parfois ailleurs. Et toute une nouvelle génération y découvre des contenus qu'elle n'aurait pas découverts par ailleurs. Désormais, il faut aller systématiquement là où l'audience est et il faut que les documentaires soient diffusés un peu partout plutôt que dans un seul endroit.

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