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CINEMED 2026 Cinemed Meetings

Iza Strehar • Productrice et scénariste de Purgatoire

"C’est aussi un projet qui plaira aux amateurs du genre "body horror""

par 

- Rencontre avec la productrice slovène, qui pilote avec sa société Lilit le projet de Žiga Virc

Iza Strehar • Productrice et scénariste de Purgatoire

Cofondatrice en 2023 et copilote avec le réalisateur Žiga Virc de la société slovène Lilit, Iza Strehar compte à son actif de productrice plusieurs oeuvres du réalisateur comme Stealing Land, le documentaire Melting Dreams ou encore la série documentaire Heroines. Elle est présente au 48e Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier où elle pitche à la Bourse d’aide au développement des Cinemed Meetings Purgatoire (Purgatory), le nouveau projet de Žiga Virc (révélé avec Houston, We Have a Problem!, candidat de son pays à l’Oscar 2017) dont elle est également la scénariste.

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Cineuropa : De quoi parle Purgatoire ?
Iza Strehar : C’est une histoire sur une famille qui commence à se désagréger après la mort du père, alors que ses enfants se disputent l’héritage dans un pavillon de chasse isolé. Je pense que ce moment a déjà été l’occasion, pour la plupart des gens, de voir des relations partir en vrille. Mais c’est aussi un projet qui plaira aux amateurs du genre "body horror". L’idée initiale vient de Žiga (qui est aussi mon compagnon dans la vie) car, au décès de son père, tout a commencé à se dégrader dans sa famille lorsque la question de l'héritage s'est posée. En tant que scénariste, je m'intéresse depuis toujours aux dynamiques familiales complexes, à ce qu'elles font ressortir, à ce que l'histoire raconte en surface et à ce qui se cache en dessous. Au départ, c'était un drame familial classique et réaliste, mais comme Žiga faisait des cauchemars dans lesquels il voulait mettre fin à ses jours, au fil de nos discussions sur le projet qui prenait déjà la forme d'un film d'horreur, nous avons décidé de pousser les curseurs et d'explorer vraiment le genre en trouvant comment transposer ces cauchemars à l'écran. Nous avons comme références les films de Yorgos Lanthimos, Border d’Ali Abbasi ou encore Lamb de Valdimar Jóhannsson.

Jusqu’où souhaitez-vous pousser la transformation des personnages en animaux, comme le suggère le scénario ?
Pas complètement évidemment. Car à chaque fois que l’on voit cela dans un film, cela ne fonctionne pas. Nous explorons actuellement les possibilités offertes par le comportement des personnages, puis nous verrons jusqu’à quel point les acteurs peuvent se glisser dans la peau de ces personnages, et comment jouer avec leurs traits grâce au maquillage, aux costumes, à l’éclairage et à la musique. Pour finir, nous utiliserons probablement des effets spéciaux, mais nous voulons d’abord évaluer jusqu'où nous pouvons aller en nous appuyant uniquement sur les acteurs et sur ce dont nous disposons.

À quel stade en est le projet ?
Nous sommes encore en développement, mais nous essayons d’avancer en même temps sur le financement. Dans l’idéal, nous espérons tourner en septembre 2027, mais je pense qu’il est plus réaliste d’envisager mars 2028. Nous avons déjà une V2 du scénario et la prochaine version sera écrite en collaboration avec le directeur de la photographie et avec un chef décorateur afin que ces deux corps de métier puissent apporter leur contribution à l’écriture avec des allers-retours comme dans une véritable "creative room". Pour l’instant, nous envisageons de tourner en Carinthie et la société autrichienne Zwinger Film (Rok Biček) s’est déjà engagé en coproduction tout comme la société grecque Asphalt (Minos Nikolakakis). Mais nous n’avons pas encore pris de décision définitive et nous faisons aussi des repérages en Slovénie et en Italie. Il y a également un personnage français dans le film, la femme de l’un des fils car la famille du défunt travaille dans l’industrie de la viande et exporte des animaux, et parce que la Slovénie qui compte une forte population d’ours en a fourni plusieurs à la France entre 1996 et 2018 dans le cadre d’un programme de la réintroduction de l'espèce dans les Pyrénées, ce qui n’a pas été sans quelques problèmes. Si nous trouvons un partenaire français, nous pourrions aussi intégrer cette histoire dans le film.

Un film d’auteur avec des éléments de genre, est-ce une clé aujourd’hui pour accéder plus facilement au marché ?
Žiga a toujours joué avec les genres, du docufiction à la comédie, de la comédie dramatique à l’horreur, donc il est tout à fait à son aise avec ce projet. Mais nous avons aussi l’impression que les festivals, pour élargir leur public, recherchent des films de genre et d’horreur en particulier : ce genre a le vent en poupe.

Quels sont les autres projets en cours de Lilit ?
La série Aristocracy (lire l’article), qui est également un récit d'horreur psychologique sur une famille cachant des secrets, est en fin de post-production et nous espérons avoir la chance de pouvoir la lancer au prochain festival Séries Mania.

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