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CINEMED 2026 Cinemed Meetings

Àngels Masclans • Productrice de Cette terre entre nous

"Un western dramatique queer dans les Pyrénées catalanes"

par 

- Rencontre avec la productrice catalane, qui pilote avec sa société Dos Soles Media le projet de Arnau Vilaró

Àngels Masclans • Productrice de Cette terre entre nous

La Catalane Àngels Masclans a fondé à Barcelone en 2023 Dos Soles Media dans la continuité d’une carrière de productrice qui l’a vue collaborer avec des cinéastes comme Carla Simón, Belén Funes, Jaime Rosales, Antonio Chavarrías, Claudia Llosa, Agustí Villaronga, Judith Colell ou encore Marc Recha. Parmi ses productions récentes, on peut citer Romería de Carla Simón, Esmorza amb mi d’Iván Morales et Corredora de Laura García Alonso. Elle est présente au 48e Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier où elle pitche à la Bourse d’aide au développement des Cinemed Meetings le projet Cette terre entre nous (Una terra entre nosaltres) d’Arnau Vilaró.

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Cineuropa : Qu’est-ce qui vous a incitée à produire Cette terre entre nous ?
Àngels Masclans : Ce sera le second long métrage de réalisateur d’Arnau Vilaró après le The Men and The Days qu’il est en train de préparer. J’ai commencé à travailler avec lui il y a deux ans avec le court métrage Open Rehearsal. Arnau a coécrit Été 93 et Alcarràs de Carla Simón et comme j’ai produit Romería avec Elastica Films, nous avions cela en commun et nous voulions travailler ensemble depuis longtemps. Nous avons maintenant ce très beau projet qui est connecté avec le court métrage et qui parle à la fois de la force du désir et du poids de l’héritage sur nos vies, le tout dans un western dramatique queer dans les Pyrénées catalanes. Arnau est l’un des auteurs contemporains les plus passionnants, il a une créativité et une sensibilité très spécifiques et une compréhension profonde des outils cinématographiques. Donc j’avais énormément envie de travailler avec lui, quel que soit le projet. Ensuite, le fait de faire un court métrage ensemble me semble l’un des meilleurs chemins pour initier une relation réalisateur-producteur. J’ai pu apprécier son approche de la construction des histoires, sa façon d’interagir avec les équipes et de prendre des décisions artistiques cohérentes tout en prenant des risques. Maintenant, avec Cette terre entre nous, c’est une nouvelle étape et nous avançons pas à pas.

À quel stade en est le développement du projet ?
Il est bien avancé. Arnau et sa coscénariste Natalia Kolesova sont en train de travailler sur la V3 du scénario. Nous avons déjà des soutiens au développement et nous candidatons au slate funding de MEDIA en décembre. L’idée est de débuter le financement de la production en mars prochain. Idéalement, nous pensons tourner début 2029. Nous recherchons des coproducteurs européens, en particulier français, mais également un vendeur afin de promouvoir la carrière internationale d’un projet dont je pense qu’il a des atouts solides pour de futurs festivals et le potentiel de toucher plusieurs types de public.

Quelle est ligne éditoriale de Dos Soles Media ?
Je me sens chanceuse et honorée de pouvoir accompagner des premiers et des seconds longs métrages. C’est très gratifiant de participer à l’éclosion de cinéastes, parfois même depuis leurs courts métrages. Travailler avec des talents comme Carla Simón ou Jaime Rosales, ce sont des expériences merveilleuses. Ce que je vise, ce sont des projets artistiques qui ont un impact humaniste.

Quels sont vos autres projets en cours ?
La Unión, le premier long métrage de Cordelia Alegre, coproduit avec la Colombie, est en montage. Dos Soles Media développe aussi des projets avec Andrés Ramirez Pulido (Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes en 2002 avec L’Eden) et avec Ulises Porro (notamment remarqué l’an dernier à Toronto Centrepiece avec Bajo el mismo sol). Et pour la première fois, en travaillant avec WKND qui est une société experte du secteur, nous nous lançons dans l’animation, une vraie mine de talents, avec deux projets destinés à un public adulte : Mancera de Khris Cembe et El Viaje du duo Júlia Francino - Susana Cáceres.

Que pensez-vous de la vague très positive sur laquelle surfe actuellement le cinéma espagnol ?
Ce qui est sûr, c’est qu’il y a un énorme réservoir de talents en Espagne. La conjoncture économique et politique, et tout l’écosystème de l’industrie cinématographique, des universités aux festivals en passant par les "labs", offrent les meilleures conditions pour que ces talents puissent émerger et travailler, tout spécialement les femmes. Cette nouvelle génération de talents est là pour un moment, mais maintenant il faut rassembler toutes les forces afin de renforcer les opportunités pour enraciner cette vague de talents. Car nous vivons un très grand moment en termes de films et sur le plan de la production, mais c’est encore très fragile et nous devons en prendre soin, ce qui dépend de décisions politiques fortes.

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