email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

Olaf de Fleur Johannesson • Réalisateur

Auteur de "Visiomentaires"

par 

- Olaf de Fleur Johannesson Berlinale 2008 – Panorama

Olaf de Fleur Johannesson • Réalisateur

The Amazing Truth About Queen Raquela [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, histoire d'une transsexuelle philippine qui se rend en Europe grâce à un souteneur opérant sur internet pour trouver son prince charmant, sera présenté le mois prochain par son auteur, le réalisateur islandais Olaf de Fleur Johannesson, dans le cadre de la section Panorama du Festival de Berlin. Le scénariste-réalisateur-producteur, qui s'est fait connaître dans son pays et à l'étranger avec le documentaire réalisé en 2005 Africa United, est de nouveau sous les feux des projecteurs pour ce qu'il appelle son nouveau "visiomentaire", à mi-chemin entre le long métrage de fiction et le documentaire. Il a évoqué pour Cineuropa sa vision unique de la réalisation.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)
LIM Internal

Cineuropa : Qu'avez-vous ressenti en apprenant votre sélection dans la section Panorama à Berlin?
Olaf de Fleur Johannesson : C'est une chose merveilleuse. Cela assurera une vie à mon film. C'est comme si le but même de mon oeuvre était accompli. En général, j'essaie de ne pas trop me préoccuper des festivals, mais dans le cas présent je suis très content, surtout pour les filles du film et pour le message qu'il fait passer.

Parlez-nous de votre société, Poppoli Pictures. Quels genres de projets développez-vous ?
C'est très simple. Je me lance et monte une idée de toute pièce ou alors je trouve quelque chose sous le coup d'une étrange impulsion. J'ai aussi autour de moi des gens formidables qui m'écoutent et surtout qui me prennent au sérieux. Ensuite il suffit de trouver comment financer le projet. Nous ne sommes pas nombreux à Poppoli. Il y a moi et des gens qui travaillent sur leurs propres projets partout dans le monde mais reviennent à temps plein si les financements, souvent limités, arrivent.

Vous parlez de "visiomentaires". Pouvez-vous expliquer ce concept novateur ?
C'est juste ce genre de mots qu'on utilise pour donner un nom aux choses, c'est humain. En fait, je pense que rien n'a vraiment de nom. Le nom peut même parasiter l'idée, mais on les parasite aussi, alors... Souvent, un bon film ne devient un bon film que quand quelqu'un a dit que c'était un bon film. Ce que j'aime, c'est expérimenter, comme un enfant, puis laisser l'adulte en moi exécuter mon idée en l'intellectualisant un peu. En gros, le terme de "visiomentaire" n'est que la marque de ma volonté de me sentir libre quand je tourne. Cependant, j'insiste sur l'importance de travailler avec des gens qui me rappellent ce qui se fait et ce qu'il ne faut pas faire.

Parlons de The Amazing Truth. Comment l'idée vous est-elle venue ? Avez-vous fait beaucoup de recherches sur le thème de la transsexualité ?
J'ai juste lu ce que j'ai trouvé. C'est surtout le personnage principal, Raquela, qui m'a permis de comprendre la transsexualité. Je suis devenu elle et, comme quelqu'un me l'a fait remarqué, c'est comme si c'était Raquela qui avait engagé une équipe pour faire un film sur elle. C'est un grand compliment, quand on arrive à ne pas se mettre au premier plan d'un projet. À la fin, c'était aussi facile que de respirer d'être une "Tgirl".

Comment avez-vous réuni les financements et convaincu Baltasar Kormákur de participer ?
Cela n'a pas été facile, car c'est un drôle de film pour un Islandais et le sujet est étroit. Finalement, après être allé filmer aux Philippines afin d'enquêter sur mon thème, j'ai montré ces images à Baltasar. Il m'a soutenu et m'a été d'une grande aide. J'ai ensuite porté mon projet au Fonds islandais pour le cinéma et au Nordisk Film & TV Fond et ils ont adhéré très vite, ce qui fut tout aussi encourageant. J'ai aussi obtenu du soutien au Danemark auprès de Nimbus Films et DR. Enfin, Marianne Boge (TV 2 Norway) m'a beaucoup aidé.

Quelle distribution prévoyez-vous pour votre film ?
Les ventes sont à présent entre les mains du distributeur international Deckert-Distribution. La sortie en Amérique du Nord sera assurée par The Collective, à Los Angeles. J'ai gardé les Philippines pour moi parce que je veux y retourner en mai et y montrer mon film. Le lancement du film en Islande est prévu pour avril.

Travaillez-vous sur d'autres projets ?
Je viens de finir le montage de The Higher Force, diamétralement opposé à Raquela. C'est une comédie grinçante islandaise qui sortira sur les écrans islandais fin mars. Pour le moment, je pars à New York pour tourner quelque chose ; je ne sais pas du tout de quoi il s'agira !

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.