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CANNES 2009 Quinzaine des réalisateurs

Familles, je ne vous hais point

par 

Familles, je ne vous hais point

La projection de La Famille Wolberg [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, premier long métrage d'Axelle Ropert, pupille de la Quinzaine des réalisateurs (où elle a déjà présenté le moyen métrage Étoile violette et un film de Serge Bozon co-écrit par elle) chaleureusement présentée au public par le directeur de la section, Olivier Père, a été saluée par des applaudissements à tout rompre. La réalisatrice propose en effet ici un mélodrame familial bien mené mettant en scène une famille provinciale juive qui traverse les petits remous typiques du long fleuve tranquille de la vie.

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Cette famille est dominée par Simon le père (François Damiens), qui est aussi maire et tient tant ces deux casquettes à coeur que le brave homme plein d'humour qu'il sait être disparaît un peu trop derrière sa volonté de jouer ces deux rôles à la perfection, ses manières sentencieuses et sa prédilection assez grotesque pour les rituels et la solennité, au risque de s'aliéner ses proches – comme il a déjà écarté son père et son beau-frère (Bozon) par trop "Bohème", comme il dit. Tandis qu'il professe continuellement un amour immodéré pour sa femme Marianne (Valérie Benguigui), ses deux enfants et sa ville (son autre Marianne en quelque sorte), son épouse remet en question leur mariage, sa fille Delphine menace de quitter le foyer dès son imminente majorité et son timide et gentil jeune fils souffre de ces dissensions discrètes mais potentiellement explosives.

Paradoxalement donc, c'est son idéal de la famille qui menace de briser cette dernière, d'égratigner la belle façade dont il se soucie tant (ce n'est pas pour rien qu'il a ses idées sur les rideaux, ou que son beau-frère lui demande ce qu'il fait de ses journées "dans le fond"), comme le cancer qui le ronge à l'insu de tous. D'autant plus qu'il n'a pas besoin de faire tant cas de l'amour familial pour que ce dernier existe, car si dans un premier temps, on découvre que cet amour cache des différends, on se rend compte, dans une scène finale où toutes les dynamiques familiales atteignent leur point critique (un moment qui représente pour Delphine "l'apogée" de leur vie familiale), qu'il les transcende.

Ropert, soutenue par les excellentes performances de ces interprètes, parvient très bien à caractériser chacun de ses personnages, à dépeindre les différentes aspirations de chacun des membres de ce tout uni qu'est la famille. Le portrait simple et quotidien que propose La Famille Wolberg met assez finement le doigt sur l'étouffement de l'amour familial mais aussi sur sa permanence, une morale de l'histoire sobrement touchante qui sera, ici à Cannes, soumise à l'appréciation du jury de la Caméra d'or.

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