email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

VENISE 2010 Journées des auteurs / France

Bouyain filme deux vies suspendues entre deux pays

par 

À la moitié du film Notre étrangère, le personnage principal, Amy (Dorylia Calmel), observe les passants dans les rues de Bobo (Burkina Faso). La scène résume bien le style délicat mais puissamment émouvant de ce film présenté par Sarah Bouyain aux Journées des Auteurs-Venice Days, qui parle du déplacement, de la perte et de l'arrachement aux racines. Amy est en quête d'elle-même, de la personne qu'elle aurait été si elle n'avait pas été envoyée en France enfant et élevée par une riche famille française .

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Quand elle retourne au Burkina Faso pour retrouver sa mère, qu'elle n'a pas vue depuis l'âge de huit ans, elle apprend de sa tante (Blandine Yaméogo) que cette dernière a quitté le pays pour aller en Angleterre, ou peut-être en France.

Parallèlement, Mariam (Assita Ouedraogo, de la Promesse des frères Dardenne), une Burkinabè, fait le ménage dans des bureaux parisiens et enseigne le Dioula (langage burkinabè) à Esther (Nathalie Richard), avec laquelle elle noue une amitié.

Les deux héroÏnes vivent comme en suspens entre deux vies, deux cultures. Au Burkina Faso, Amy se retrouve face à un peuple avec lequel elle ne se sent pas de liens et à un langage qu'elle ne comprend pas. À Paris, Mariam est marginalisée et n'accepte pas son passé.

En allant de l'une à l'autre, Bouyain, elle-même franco-burkinabè, capture tendrement les toutes petites choses qui trahissent des montagnes de douleur et d'attente, sans jamais recourir au folklore et à l'exotisme, dans un pays comme dans l'autre.

Ce film minimaliste mais également plein de vie repose fortement sur ses excellentes actrices. Calmel exprime à la perfection une détermination et une confusion qui peuvent parfois être méprises pour de l'arrogance. La présence même d'Ouedraogo, et sa retenue, sont à couper le souffle.

Notre étrangère, production française majoritaire d'Athénaïse, a coûté moins d'1M €. Le film a été coproduit par Abissia Productions (Burkina Faso), avec la participation du CNC, de la Région île-de-France, de Canal+, Vision Sud-Est et DDC.

Les ventes du film sont assurées par Colifilms Diffusion, qui le lancera en France en janvier ou février prochain.

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.