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FILMS Belgique

Twa Timoun, vivre à Haïti après le séisme

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- Le film de Jonas d’Adeski dresse avec douceur un portrait saisissant d’une île où l’on vit dans les décombres : quel avenir pour les enfants d’Haïti ?

Twa Timoun, vivre à Haïti après le séisme

Vitaleme, Pierre-Jean et Mickelson ont douze ans, et les rêves qui vont avec. Amis pour la vie comme on peut l’être à cet âge, ils font tout ensemble. D’autant qu’à part leur trio, il ne leur reste plus grand-chose : ils vivent tous les trois dans un internat à Port-au-Prince, où ils ont atterri après le séisme. De leurs familles, on ne sait pas grand-chose, on les devine morts, disparus pour la plupart. Au fil du film, et d’une temporalité détsructurée, on découvre des bribes de leurs passés. L’un revit toujours et encore l’enfer de la domesticité que lui a fait subir son oncle. L’autre, tel un Cendrillon des bidonvilles, recherche sa sœur, perdue lors du tremblement de terre. Il s’accroche à une basket blanche, seul relique qui lui reste d’elle, et croit ou veut voir sa sœur dans chaque petite fille qui passe. Vitaleme, assoiffé de liberté après des années d’esclavage, convainc ses camarades de fuir l’internat. Ils regagnent la rue, et s’installent dans un bâtiment désaffecté, une maison en chantier abandonnée après le séisme, dans les décombres duquel ils vivent littéralement. Entre parties de foot et petits larcins, les trois amis s’inventent une nouvelle vie, jusqu’à ce qu’un accident les sépare…

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Avant toute chose, Twa Timoun [+lire aussi :
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a pour vertu d’illustrer une île sans images ou presque. Une île en souffrance, hors du radar médiatique, sauf évènement exceptionnel. Un témoignage salutaire donc, entre documentaire et fiction, au plus près de ses trois héros. Au fur et à mesure que se déroule le récit, des questions sont posées, en douceur, sans sensationnalisme : comment vit-on dans des décombres ? Comment vit-on avec ses cauchemars ? Est-ce que c’était vraiment mieux avant ? Que peut bien réserver l’avenir à ces enfants de 12 ans ?

Twa Timoun est le premier film de Jonas d’Adeski. Tourné dans l’urgence et la débrouille, comme le Kinshasa Kids [+lire aussi :
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interview : Marc-Henri Wajnberg
fiche film
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de Marc-Henri Wajnberg récemment dévoilé, deux films qui se répondent comme dans une caisse de résonnance, Twa Timoun, dévoilé à Toronto, est produit par Hélicotronc.

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