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FINANCEMENTS Europe

Costa Gavras qualifie Barroso d'"homme dangereux"

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- Les cinéastes d'Europe sont ressortis déçus de leur rencontre avec le président de la Commission Européenne.

Costa Gavras qualifie Barroso d'"homme dangereux"

Avant que les ministres européens des Affaires étrangères ne décident, demain le 14, si la culture sera exclue ou non du mandat de la Commission européenne dans ses négociations sur les Accords de libre-échange transatlantique, les cinéastes du Vieux Continent  ont voulu envoyer au Parlement européen de Strasbourg une délégation doublée d'une pétition portant 6200 signatures en faveur de l'exclusion de la culture des accords.

La délégation comprenait entre autres l'actrice française récemment primée à Cannes Bérenice Bejo (Le Passé [+lire aussi :
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), le scénariste, réalisateur et producteur oscarisé Costa Gavras, l'acteur et réalisateur belge Lucas Belvaux (Après la vie, Rapt [+lire aussi :
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),
l'acteur et réalisateur italien Daniele Luchetti (Domani Accadrá), le Roumain lauréat d'une Palme d'or Cristian Mungiu (4 mois, 3 semaines et 2 jours [+lire aussi :
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), le scénariste-réalisateur césarisé Radu Mihaileanu (Va, vis et deviens [+lire aussi :
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), et le réalisateur et producteur polonais Dariusz Jablonski (La Terre outragée [+lire aussi :
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).

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"Après notre rencontre avec Barroso, tout ce que je peux dire, c'est que c'est un homme dangereux qui va aplatir la culture européenne. Pour lui, l'exception culturelle n'est pas négociable, mais l'audiovisuel pourrait l'être. Google et consors vont désormais pénétrer votre télévision. Votre poste va se remplir de productions américaines et vous n'aurez plus de créateurs pour raconter la véritable histoire de votre pays", a souligné Costa Gavras.

Bérénice Bejo a lu un texte du cinéaste allemand Wim Wenders sur le danger qu'il y aurait à abandonner l'exception culturelle. Par exemple, beaucoup de réalisateurs américains ont dit qu'ils auraient aimé faire un film comme The Artist, mais que cela aurait été impossible parce que personne ne l'aurait financé. Bejo craint que les petites productions disparaissent si l'exception culturelle était sacrifiée.

"Nous nous sommes battus pour l'exception culturelle, non seulement pour la France et l'Europe, mais pour le monde entier, a dit le député européen socialiste français Henri Weber. Nous avons essayé de l'expliquer partout dans le monde : les peuples et nations ont tous le droit de subventionner leurs artistes, et cela ne s'échange pas".

"Nous savons que les députés européens sont avec nous", a précisé Radu Mihaileanu, qui s'inquiète du fait que Barroso ne veuille rien entendre quand on lui dit que les productions culturelles ne peuvent pas être traitées comme les autres biens. "Les idées et l'esprit ne peuvent être pris en compte dans les négociations si le risque est que nous les perdions, car avec eux, nous perdrions notre identité, notre liberté d'expression. Nous aimons l'Europe pour sa diversité, c'est notre trésor, et nous nous battrons jusqu'à la fin pour elle", a ajouté le réalisateur.

Si l'exception culturelle n'était pas maintenue, la France a d'ores et déjà annoncé qu'elle gèlerait tout dialogue sur les Accords de libre-échange transatlantique. Les réalisateurs et producteurs français membres de l'ARP ne comprennent pas pourquoi Barroso a changé d'avis. Après les déclarations passionnées qu'il a faites en 2005 sur "l'échelle des valeurs" et le fait que "la culture vient avant l'économie", Ie président de la Commission semble sourd à la décision du Parlement européen, qui a voté pour l'exclusion de la culture des nouveaux accords de libre-échange.

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(Traduit de l'anglais)

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