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VENISE 2013 Venice Days

La mia classe : Mastandrea joue les profs, entre vérité et fiction

par 

- Daniele Gaglianone suit les cours du soir d'un groupe d'immigrés en Italie qui veulent apprendre l'italien, et il s'insère, ainsi que l'équipe du film, parmi la troupe

La mia classe : Mastandrea joue les profs, entre vérité et fiction

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fiche film
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commence in medias res. Après les essais de micro, les protagonistes se présentent : viennent du Bangladesh, d'Ukraine, de Turquie, du Brésil, d'Iran... Ils sont réunis sur les bancs d'une école et demandent à l'équipe du film ce qu'il faut faire. Plusieurs sont très émus. Et puis Valerio Mastandrea arrive et clap, ça tourne. Le spectateur se demande d'abord ce qui se passe, pourquoi l'équipe du film apparaît, pourquoi le réalisateur lui-même, Daniele Gaglianone, se retrouve à l'écran. C'est que La mia classe est un objet étrange, le fruit d'une expérience insolite née comme une fiction. C'est que pendant le travail, la réalité a tant pris le pas sur le reste que le réalisateur a décidé de l'inclure dans le film, révélant le trucage.

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Valerio Mastandrea joue le rôle d'un professeur d'italien qui donne des cours du soir à un groupe d'immigrés de tous âges et de toutes provenances. Dans le film, il est le seul à être vraiment acteur, les autres jouent leurs propres rôles. Ils veulent apprendre l'italien pour s'intégrer et obtenir un permis de séjour. Chacun amène avec lui dans la classe tout un monde, des photos et des produits d'ailleurs, mais surtout des récits, des histoires de révoltes populaires, de conflits familiaux, d'exploitation, d'intégration difficile. Chaque cours s'organise autour d'un thème particulier qui devient un point de départ permettant de voyager entre différentes visions : on parle de peur et de courage, des droits et des devoirs, de là d'où l'on vient, des traditions, du texte d'une chanson italienne qui a des résonnances pour tous.

Soudain, pendant le tournage, un des étudiants, originaire de Côte d'Ivoire, risque d'être expulsé faute de renouvellement de son permis de séjour. Alors le jeu s'interrompt. Que faire ? Continuer de tourner le film ou tout laisser tomber ? "Nous voulions raconter des histoires qui étaient des développements hypothétiques de la situation des étudiants – raconte le réalisateur – mais soudain, ce qui n'était qu'une idée de scénario est devenu un fait réel en train de se produire devant nos yeux".

Ainsi, la réalité a fait irruption dans la fiction et dans la classe, et ainsi le film s'est mis à se dérouler sur deux plans : celui où Mastandrea interprète un enseignant et celui où on voit le film en train d'être tourné : "Ces deux niveaux s'entrelacent pour devenir indissociables, explique Gaglianone. L'objectif est que le spectateur arrête de se demander ce qu'il est en train de voir (un documentaire, un film de fiction, un docufiction, un making of), tout simplement parce que cette typologie perd son sens dans ce contexte".

Le choix du réalisateur n'est pas qu'un procédé technique et narratif. L'enthousiasme du tournage cède le pas à une réflexion morale, car la vie d'une personne est en jeu : "Si on me renvoie chez moi, je vais me tuer moi-même", assure Issa dans son italien maladroit. La mia classe aurait dû être un film de fiction, mais il est devenu une occasion d'aborder le thème de l'intégration, un objet vivant et authentique qui pose beaucoup de questions tout en montrant qu'aucune réponse n'est possible. 

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(Traduit de l'italien)

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