email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

VIENNALE 2013

My Dog Killer : quand honte et angoisse conduisent à la vengeance gratuite

par 

- Dans la lignée des drames sociaux sombres à la slovaque, My Dog Killer trace le portrait cru d'une culpabilité individuelle et collective

My Dog Killer : quand honte et angoisse conduisent à la vengeance gratuite

My Dog Killer [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, le premier long métrage de Mira Fornay, s'inscrit dans la lignée des drames sociaux sombres dont le cinéma slovaque est prodigue. On pense à Made in Ash [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Iveta Grófóva
interview : Jiří Konečný
fiche film
]
, qui combinait les styles pour évoquer l'exil et le combat pour survivre à l'étranger, à Fine, Thanks [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, sur l'écroulement des structures familiales, ou encore au récit d'éducation The Miracle [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
, thématiquement rattaché aux deux films précédents. My Dog Killer appartient résolument à ce genre sinistre. Lui aussi est ancré dans un environnement familial dysfonctionnel vu comme le terreau de tous les dérapages.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)
Cineuropa Survey 2020

L'action du film se passe entièrement en l'espace d'une journée ordinaire dans la vie de Marek, un jeune skinhead toujours flanqué de son chien, qu'il a appelé "Killer". Après une dispute avec son père alcoolique, Marek doit se mettre en quête de sa mère, partie depuis longtemps, pour qu'elle signe des papiers qui résoudront certaines questions de propriété. Cette dernière a quitté Marek et son père pour un gitan, et c'est la blessure de cet abandon qui a conduit le jeune homme à rejoindre les rangs d'un groupuscule d'extrême-droite. La situation se complique quand Marek rencontre pour la première fois son jeune demi-frère, dont le métissage remet en cause la crédibilité de Marek en tant que skinhead.

My Dog Killer se situe à mi-chemin entre réalisme psychologique et réalisme social. L'écran est dominé par Marek, qui est présent dans presque toutes les scènes. Ce jeune homme chez qui le besoin d'une mère est évident, bien qu'il ait appris à vivre sans, est placé sous le microscope. Le manque qu'il ressent n'ayant pas été comblé par son père, c'est auprès du leader d'une bande de skinheads locale qu'il est allé chercher, mais son angoisse et sa honte ne faisant que s'exacerber, elles le précipitent dans la tragédie, ponctuée par un final en demi-teinte qui définit parfaitement son attitude.

La question sociale principale abordée ici est le racisme qui divise les populations blanches et les minorités ethniques. Le fonctionnement elliptique du récit permet cependant de traiter plusieurs sujets à la fois, au delà du combat personnel de Marek – un épisode entier du film évoque par exemple la désagrégation des familles et le racisme en rapport avec l'histoire du pays –, tout en laissant de la place pour l'interprétation. Cette approche permet aussi d'éviter toute moralisation, comme Bence Fliegauf dans le terrifiant Just the Wind [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Bence Fliegauf
fiche film
]
.

Cette histoire sombre d'angoisse, de honte et de vengeance est accentuée par l'aspect monochrome de l'image et l'intimité du portrait du personnage, continuellement suivi caméra à l'épaule, rappelle quelque peu le cinéma des frères Dardenne. Mais ce que My Dog Killer a de particulier, c'est sa capacité à couvrir autant de questions graves à travers une histoire aussi simple, ce qui témoigne du talent de Fornay non seulement pour la mise en scène, mais aussi pour l'écriture de scénario.

My Dog Killer a été produit par Mirafox avec le soutien du Fonds slovaque pour l'audiovisuel. Les ventes internationales du film sont assurées par M-Appeal

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.