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SARAJEVO 2017 Compétition

La particule humaine : une dystopie existentialiste sur l’extinction de la race humaine

par 

- Le cinéaste turc Semih Kaplanoğlu présente son œuvre la plus ambitieuse après une absence de sept ans, un film sur les menaces qui planent sur l’humanité

La particule humaine : une dystopie existentialiste sur l’extinction de la race humaine

Le cinéaste turc très apprécié, Semih Kaplanoğlu, notamment connu à l’échelle internationale pour sa trilogie Yusuf – Yumurta [+lire aussi :
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(2007), Milk [+lire aussi :
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(2008) et Miel [+lire aussi :
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 (2010) – grâce à laquelle il a obtenu l’Ours d’Or de la Berlinale, revient avec un nouveau film après sept ans d'absence. La particule humaine [+lire aussi :
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(Grain) est un drame dystopique aux éléments fictifs forts présentant les réflexions philosophiques habituelles de Kaplanoğlu. Le film a été présenté en avant-première mondiale en compétition Officielle au 23e Festival du Film de Sarajevo.

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Dans une société futuriste, à une époque proche de la nôtre, un changement climatique dévastateur menace de détruire la vie sur terre. Des corporations mondiales dirigent maintenant la planète, contrôlant les récoltes agricoles. Les élites urbaines sont protégées de l’invasion des migrants par des boucliers magnétiques. Une crise génétique surgit sans raison apparente et détruit toutes les plantations. Un chercheur, Erol Erin (Jean-Marc Barr), enquête sur les causes de cet événement et tente de retrouver Cemil Akman (Ermin Bravo), un autre généticien qui travaillait pour la même compagnie, auteur d’une théorie sur le Chaos génétique et la particule M. Pour le retrouver, le professeur Erin doit s’échapper de la ville et se rendre dans les Terres Mortes interdites, mais sa véritable aventure ne commencera qu’après leur rencontre.

La particule humaine retrace une quête à travers les limites humaines et la pseudo-libération que peut potentiellement offrir la technologie et que nous tentons d’exploiter. Kaplanoğlu aborde un sujet universel qui peut d’abord sembler être restreint à une prise de conscience écologique. Le film va cependant beaucoup plus loin, car la crise génétique ouvre un débat existentiel et l'intrigue se transforme inévitablement en un essai eschatologique. Comme l’on s’y attend, seule la menace d’extermination pousse le héros, et par conséquent les spectateurs, à se battre pour survivre avant qu’il ne soit trop tard. La particule humaine, co-écrit par Leyla İpekçi, ne cherche pas de réponses – elles n’existent probablement pas. L’histoire présente des problèmes au public dans l’espoir que la réalité ne dépassera pas la fiction, en dépit des preuves du contraire.

Kaplanoğlu nous propose son travail le plus ambitieux, mettant de côté son esthétique discrète et en étendant son univers à une échelle formidable. Grâce à un casting international, à un scénario écrit en anglais et à un tournage réalisé sur trois continents, le réalisateur crée un film visuellement imposant, avec la photographie de Giles Nuttgens dominée par des nuances de gris qui interpellent et attirent l’attention du public. En dépit, de la magnitude visuelle de la production, la narration et la dramaturgie du film restent fidèles à la quête intérieure, fragile et lente, et aux influences cinématographiques du réalisateur. Les références à Tarkovski présentent dans La particule humaine, que l’on retrouve également dans sa trilogie, semblent particulièrement proéminentes. Tous les éléments y sont : un guide, un professeur, un endroit, un voyage mystérieux au cœur de l’existence, et même des pluies acides. Cependant, à l’instar du chant de cygne Me Too d’Aleksei Balabanov, Kaplanoğlu emprunte un certain mysticisme religieux au mythe de Stalker, l’adaptant à son environnement sensible et le convertissant en une pulsion contre l’extinction de l’humanité. Grain s’étend au-delà des frontières établies, devenant ainsi un cri pour l’avenir et pour la salvation du présent.

La particule humaine est une coproduction entre la Turquie, l’Allemagne, la France et la Suède de Nadir Öperli, Semih Kaplanoğlu (Kaplan Film), Johannes Rexin, Bettina Brokemper (Heimatfilm), Michel Zana (Sophie Dulac Productions), Fredrik Zander (The Chimney Pot) et ZDF/Arte. Les ventes internationales sont assurées par la compagnie allemande The Match Factory.

(Traduit de l'anglais)

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