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GIJÓN 2017

L’homme mystérieux qui vivait La vida lliure

par 

- Marc Recha dépeint de nouveau avec beaucoup de sensibilité l’enfance et ses univers imaginaires. En avant-première mondiale à Gijón

L’homme mystérieux qui vivait La vida lliure
Mariona Gomila dans La vida lliure

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, du Catalan Marc Recha, a fait son avant-première mondiale dans le cadre de la compétition du 55e Festival international du film de Gijón, une semaine avec sa projection, également en compétition, au Festival Black Nights de Tallinn.

Comme son film précédent, Un día perfecto para volar [+lire aussi :
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, le film est interprété par son grand ami Sergi Lopez. Pour l’entourer, un long travail de casting a été fait à Minorque, où se passe l’intrigue. Deux nouveaux visages ont été découverts, les visages très expressifs, lumineux et vivaces des petits Mariona Gomila et Macià Arguimbau, pour la toute première fois à l’écran. Cette belle réussite tient aussi à l’intervention de l’actrice Nuria Prims, venue au cinéma grâce à Agustí Villaronga pour son Incierta gloria [+lire aussi :
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. Ici, elle incarne un personnage mystérieux, sans aucun dialogue, sauf sur le tournage, pendant les pauses, dont elle a profité pour apprendre aux enfants l’art dramatique et celui de rester naturel devant la caméra.

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Si le film précédent de Recha avait été réalisé avec un tout petit budget, celui-ci n’a pas requis de gros montants non plus, bien que l’action se situe à la fin de la Première Guerre mondiale. Cette contrainte, au lieu de peser sur le réalisateur, semble aiguillonner sa volonté de tirer le meilleur parti possible des moyens dont il dispose, notamment des décors naturels où se passe l’intrigue. Le scénario, écrit de sa main, lui a été inspiré par un lieu à une époque précise : l’île de Minorque quand elle était touchée par une maladie mortelle, la famine et l’exode de ses habitants. Là, alors que leur maman est partie à l’étranger pour gagner de l’argent, deux enfants, Gomila et Arguimbau, vivent avec leur grand-père (Miquel Gelabert) et passent la plupart du temps dans les alentours de sa maison.

Dans ce paysage de pins et de plages, de l’imagination des deux petits naissent des univers peuplés d’êtres fantastiques. Un jour, ils tombent sur Rom (Lopez), un homme qui vit parmi les rochers, au bord de la mer. Sans savoir si c’est un ogre de conte de fées ou un héros de récit fantastique, ils ne tardent pas à nouer des liens complices avec ce nouvel ami. Rom leur parle de sous-marins et de nazis, tout en surveillant un voilier qui a jeté l’ancre tout près, dont sort parfois une femme très belle et énigmatique.

Dans la lignée de ses travaux intimistes, modestes et naturalistes où Recha tente de capturer l’intangible, il dépeint de nouveau avec beaucoup de sensibilité l’enfance et ses univers imaginaires, qui prennent ici un air de roman d’aventures ou de pirates, tandis que plusieurs menaces de mort et de destruction planent sur ce lieu innocent, inventé par les deux enfants et décrit en voix off par la fillette. Bien soutenu par la musique, très présente, qu’a composée son frère Pau Recha, le cinéaste propose une image de Minorque très éloignée des clichés de carte postale qui constitue un appel en faveur de la conservation des paysages et de la mémoire de l’île. Le résultat, expression de liberté de création, est une oeuvre belle et émouvante.

La vida lliure, dont le tournage s’est effectué en 15 jours, a été produit par Turkana Films et Perifèrica produccions, avec le soutien de Televisió de Catalunya et IB3 Radiotelevisió de les Illes Balears. En Espagne, il sera distribué par Splendor Films.

(Traduit de l'espagnol)

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