email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

IDFA 2017

Critique : The Distant Barking of Dogs

par 

- Ce documentaire de Simon Lereng Wilmont, récompensé à Amsterdam, suit l’enfance d’un garçon dans le Donbass

Critique : The Distant Barking of Dogs

Le Danois Simon Lereng Wilmont est connu pour ses travaux tournés vers l’enfance. Avec son dernier en date, The Distant Barking of Dogs [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, il a gagné le prix Meilleure Première Apparition du Festival international du documentaire d’Amsterdam (IDFA). Le film est un documentaire d’observation qui suit une année de la vie d’un garçon de 10 ans dans une zone de guerre. 

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Oleg dans le village de Hnutovo, à un kilomètre du front du Donbass, avec sa grand-mère Aleksandra. Pour des raisons qui ne nous sont pas dévoilées, sa mère est décédée, mais une scène touchante montre le petit qui se rend sur sa tombe avec sa mamie. Il passe ses journées avec son cousin Yarik, plus jeune, qui est le fils de sa tante Alyona, et un garçon un peu plus âgé, Kostya.

Quand ils ne passent pas la journée à nager dans la rivière (ce qui offre au film ses plans les plus poétiques), ils visent des bouteilles au lance-pierre, ou discutent de ce qui fait un homme un vrai. Leur enfance semblerait presque normale si ce n’était le bruit des hélicoptères, des coups de feu, des canons et des obus qu’on entend régulièrement au loin, et les cartouches vides que collectionne Kostya.

À un moment, dans une scène bouleversante, Yarik part avec Alyona et son petit ami soldat pour s’installer dans un endroit moins dangereux du pays, comme l’ont déjà fait la plupart des villageois – on estime que trois millions de personnes se sont déplacées depuis le début du conflit en Ukraine.

The war is edging nearer. After one night of particularly heavy shelling, the school teacher takes the kids for an evacuation drill. The film, which has so far been very quiet, becomes more urgent – from Aleksandra's yard, we watch projectiles against the night sky, and the camera shakes from an explosion that sounds too close for comfort.

Pendant ce temps, la guerre se rapproche. Après une nuit de combat particulièrement intense, l’instituteur fait faire aux enfants un exercice d’évacuation. Le film, qui était jusque-là très tranquille, dégage soudain une urgence, tandis que du jardin d’Aleksandra, on regarde les projectiles qui se détachent sur le ciel nocturne, et la caméra tremble, sous le coup d’une explosion bien trop proche.

La guerre est aussi de plus en plus présente dans les esprits de nos personnages – en voix off, Aleksandra explique qu’elle n’arrive pas toujours à empêcher ses mains de trembler et qu’elle fait le ménage, pour que les garçons ne le remarquent pas. Car Yarik est revenu : il préfère rester avec sa grand-mère qu’avec sa mère et son encombrant petit ami, loin des autres enfants de l’école dont il est le souffre-douleur. 

Wilmont nous livre ici un documentaire d’observation très beau, très poétique, qui reste complètement à l'écart des questions de politique et se concentre plutôt sur l’enfance d’Oleg grandit, dans son contexte. Le réalisateur se rapproche tellement de ses personnages, visuellement et émotionnellement, qu’on a, à la fin du film, l’impression de les connaître intimement.

Les deux garçons et leur grand-mère sont de formidables héros de film. L’innocence des enfants, inévitablement altérée à chaque bruit de balle qui résonne, est quasi ennivrante, et la gentillesse d’Aleksandra comme sa force ne sont pas seulement admirables : elles nous amènent à l’aimer.

Wilmont a clairement un vrai talent pour saisir les motifs relatifs à l’enfance dans ses sujets – ce que confirme sa participation au projet de série documentaire Kids on the Silk Road, une entreprise commune avec ses deux collègues réalisateurs Jens Pedersen et Kaspar Astrup Schröder qui a remporté le Prix du meilleur pitch en table ronde de l’IDFA.

The Distant Barking of Dogs a été coproduit par Final Cut for Real (Danemark), Mouka Filmi (Finlande) et Story (Suède). Les ventes internationales du film sont assurées par Cinephil (Tel Aviv).

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy