email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

VENISE 2018 Orizzonti

Critique : Amanda

par 

- VENISE 2018 : Le nouveau drame familial de Mikhaël Hers radiographie avec intelligence les conséquences d'un attentat

Critique : Amanda
Vincent Lacoste et Isaure Multrier dans Amanda

Amanda [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Mikhaël Hers
fiche film
]
, troisième long-métrage de Mikhaël Hers après Memory Lane [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
et Ce sentiment de l'été [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Mikhaël Hers
fiche film
]
, au programme de la section Orizzonti de la Mostra de Venise, débute comme une tranche de vie légère, romantique, où le Français Vincent Lacoste, parfait pour ce rôle, incarne David, un sympathique jeune homme qui surveille des barres d'immeubles et travaille comme tailleur d'arbres bénévole pour la municipalité. Un jour, Léna (Stacy Martin) fait irruption dans sa vie et il lui fait une cour à l'eau de rose (il lui prête par exemple un stylo en le lançant à travers sa fenêtre, depuis son immeuble). L'univers décrit ici semble légèrement plus réaliste à chaque fois qu'il voit sa soeur Sandrine (Ophélia Kolb), mère célibataire d'une fille de sept ans plus-choupinette-tu-meurs, la petite Amanda du titre (Isaure Multrier), mais elle aussi sait se faire plaisir en achetant, par exemple, pour elle et son frère, des billets pour Wimbledon. La seule indication que la vie de ces personnages n'est pas si simple arrive quand leur mère, anglaise, les recontacte après vingt ans de silence et que David ne veut rien entendre : il est hors de question qu'il la revoie. 

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

L'ouverture du film telle qu'on vient de la décrire est une ruse habile de la part de Hers, qui s'assure bien qu'on est à l'aise dans la bulle légère du début avant de nous retourner en pleine face l'histoire qu'il veut vraiment nous raconter, et qui est bien plus brutale et réaliste. En effet, un acte de terrorisme va transformer pour toujours la vie de ces personnages, entraînant un changement complet de ton tandis qu'on observe la réaction de David après l'attentat. Plutôt que de le montrer en état de choc, Hers choisit de bien retracer le long processus auquel font face les proches des victimes d'actes terroristes, des réalités bureaucratiques qui se présentent à eux aux conséquences psychologiques de l'événement pour toutes les parties.

L'attention du film se déplace alors sur Amanda et sa relation avec David. Hers mélange habilement différentes histoires qui ont fait la une après les attaques terroristes récentes à Paris (comme la tension et l'angoisse causées par de simples pétards éclatant dans la rue), et il faut citer aussi la scène formidable où on voit la réaction toute banale de David quand une femme se fait critiquer parce qu'elle porte une burka, scène qui constitue un commentaire fort sur notre société. L'aspect le plus remarquable d'Amanda est cependant le fait que le ton reste relativement léger malgré le thème, et que le film parvienne à éviter toute posture, ainsi que cette attitude d'agressivité qu'on a pu trouver dans les oeuvres de l'écrivain Michel Houellebecq, islamophobe déclaré.

Amanda a été produit par Pierre Guyard pour Nord-Ouest Films, en coproduction avec Arte France Cinéma. En France, le film sera distribué par Pyramide. Ses ventes internationales sont gérées par MK2.

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.