email print share on facebook share on twitter share on google+

SAN SEBASTIAN 2018 Compétition

Critique : Yuli

par 

- SAN SEBASTIAN 2018 : Icíar Bollaín propose une biographie filmée de Carlos Acosta, sans dépasser le classique "portrait d’une vie différente", sans audaces ni pirouettes narratives

Critique : Yuli
Carlos Acosta dans Yuli

La compétition du 66e Festival de San Sebastian est éclectique et surprenante : des excès hallucinatoires comme In fabric [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Peter Strickland
fiche film
]
 y côtoient des films plus conventionnels, dont fait partie Yuli [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Icíar Bollaín
fiche film
]
, le nouveau film de la Madrilène Icíar Bollaín après le succès de L'Olivier [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Icíar Bollaín
fiche film
]
, couvert de prix et aimé du public. Comme pour ce film, et Même la pluie [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Icíar Bollaín
fiche film
]
, la réalisatrice a choisi de travailler avec son compagnon dans la vie, le scénariste irlandais-écossais né en Inde Paul Laverty, collaborateur de longue date de Ken Loach. Il s'agissait cette fois de porter sur l'écran l'autobiographie du danseur d'origine cubaine Carlos Acosta : No way home.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Forte d'une équipe de premier rang comprenant le directeur de la photographie Alex Catalán (La isla mínima [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Alberto Rodríguez
fiche film
]
) et le musicien Alberto Iglesias (Julieta [+lire aussi :
critique
bande-annonce
Q&A : Pedro Almodovar
fiche film
]
), Bollaín a composé un biopic de qualité mais sans le brio, l'émotion et l'énergie qui se dégagent des numéros de danse classique qui le jalonnent, interprétés par de vrais danseurs reconvertis en acteurs pour l'occasion (y compris Acosta lui-même, dans son propre rôle) assistés par la chorégraphe María Rovira. Ces scènes sont les plus spectaculaires, émouvantes et authentiques d'un film qui ne parvient pas par ailleurs à transmettre l'authenticité, la ténacité et la douleur qui ont marqué la vie de son héros déraciné.

Et c'est tout à fait dommage, parce que la carrière professionnelle comme le parcours personnel d'Acosta sont riches en éléments captivants, par exemple le fait qu'il s'est beaucoup battu contre son père pour ne pas devenir danseur – car c'est ce dernier qui l'a obligé à étudier la danse, ce qui l'a sorti des rues de La Havane et conduit à la célébrité mondiale. Cette relation père fils ambiguë, tendue et contradictoire, qui est l'axe du film, y est montrée de manière tellement simpliste, plate et pauvre que l'émotion, la duplicité et la complexité que sa description aurait requises sont ici absentes.

La solitude dont a souffert le danseur loin de son pays natal, autre élément dramatique qui aurait pu injecter dans Yuli du sentiment et de la force, n'apparaît pas non plus à l'écran. Heureusement que les nombreux numéros de danse sus-mentionnés, qui représentent des moments essentiels dans la vie d'Acosta, relèvent le niveau artistique, visuel et émotionnel d'un film qui n'arrive pas autrement à dépasser le niveau d'un cinéma de bonne facture, avec un bon potentiel commercial, mais sans grande surprise sur le plan cinématographique.

Yuli a été produit par Juan Gordon, de Morena Films, et Andrea Calderwood, de Potboiler Productions, en coproduction avec Galápagos Media et Hijo de Ogún A.I.E.(Espagne), Producciones de la 5ta Avenida et l'ICAIC (Cuba), ainsi que Match Factory Productions (Allemagne), avec la participation de BBC Films et Movistar+. Les ventes internationales du film sont gérées par The Match Factory. En Espagne, sa sortie est prévue pour le 14 décembre, avec Entertainment One (eOne).

(Traduit de l'espagnol)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.