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FILMS Italie

Critique : Friedkin Uncut

par 

- L'Italien Francesco Zippel propose une introduction amusante et légère au cinéma de William Friedkin

Critique : Friedkin Uncut

Dans Friedkin Uncut [+lire aussi :
bande-annonce
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, à présent à l'affiche en Italie, Francesco Zippel compose un portrait amical et rafraîchissant du réalisateur américain William Friedkin, qui réunit une myriade d'interviews de têtes parlantes qui sont des figures d'excellence, comme son partenaire de production occasionnel Francis Ford Coppola, son directeur de la photographie récurrent Caleb Deschanel, ou encore les stars Ellen Burstyn, Matthew McConaughey et Willem Dafoe, sans oublier des fans de renom comme Quentin Tarantino et Wes Anderson.

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Zippel esquive l'approche chronologique en racontant l'histoire à travers des anecdotes conçues pour faire la lumière sur la personnalité et le style de travail du réalisateur plutôt que pour présenter une critique ou une analyse de l'œuvre elle-même. La première scène donne le ton, où Friedkin proclame que les deux hommes les plus importants de l'Histoire sont Hitler et Jésus, une affirmation considérable faite dans le désir de souligner la bataille qui se joue entre le bien et le mal. Bien que le cinéaste dise, plus tard, qu'il est athée, il ne le fait pas sans ajouter qu'il ne pense pas que l'éthique puisse être enseignée sans faire usage de la religion. Friedrich Nietzsche se retourne dans sa tombe. C'est cette bataille interne entre Dieu et Satan, dont Friedkin pense qu'elle se joue chaque jour en l'âme de tout être humain, qui détermine non seulement son approche du monde, mais aussi ses films.

Cette première scène est parfaite car elle permet à Zippel de passer directement à L'Exorciste, réalisé en 1973, un titre qui reste le plus célèbre du réalisateur né à Chicago. Ce n'est pas une hyperbole quand le metteur en scène des Guerriers de la nuit, Walter Hill, commente : “Ce que Star Wars a été pour la science-fiction, L'Exorciste l'a été pour le film d'horreur". L'actrice du film, Ellen Burstyn, avance une analyse de ce phénomène : "La raison pour laquelle le film a tellement de succès, c'est qu'il est ancré dans la réalité. Il commence de manière normale et petit à petit, quelque chose se produit qui happe le public". Pour évoquer les autres films de Friedkin, Zippel se penche des aspects précis de ces titres : Coppola est époustouflé par le fait que son documentaire The People vs. Paul Crump a permis de corriger une erreur judiciaire ; et puis il y a la poursuite en voiture dans The French Connection, les scènes SM dans Cruising.

Les révélations les plus intrigantes viennent de la bouche des acteurs et techniciens qui ont vu comment Friedkin est pendant les tournages. Il ne fait que des plans-séquences et se fiche que la caméra se reflète dans une fenêtre qui se trouve dans le champ car il ne cherche pas la perfection : ce qu'il cherche, c'est la spontanéité. À un moment, Juno Temple dit que Friedkin s'est déshabillé sur un plateau pour que tout le monde se sente à l'aise pendant les scènes de nus. C'est un geste que d'autres réalisateurs ont fait et que le documentaire, fidèle à sa logique affectueuse, ne commente pas en tant que pratique en milieu de travail. À la lumière du mouvement #MeToo, on peut espérer toutefois que c'est une pratique amenée à cesser.

Le problème principal du film est qu'il ne remet pas en question et ne critique à aucun moment Friedkin, tout en négligeant par ailleurs certains des films moins importants. Ce qu'il fait en revanche, c'est qu'il tente d'établir que Le Convoi de la peur, réalisé en 1977, est son meilleur travail, ce à quoi on aimerait répondre, à l'instar de Steve Burns joué par Al Pacino dans Cruising : “You gotta be kidding. Yeah, you’re kidding. I knew it. No.”

Friedkin Uncut a été produit par la société italienne Quoiat Films Srl. Les ventes internationales du film sont assurées par Doc & Film International.

(Traduit de l'anglais)

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