email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

SÉVILLE 2018

Critique : Jaulas

par 

- Le premier long-métrage, très prometteur, du Sévillan Nicolás Pacheco unit esthétique soignée, traditionalisme espagnol et dénonciation des abus

Critique : Jaulas

Au sein de la section Panorama andalou du XVe Festival du cinéma européen de Séville, un film se démarque : Jaulas [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, un premier long-métrage par Nicolás Pacheco, né dans la ville andalouse en 1980, prisé dans les domaines du court-métrage et du théâtre alternatif. Malgré de légères imperfections, ce premier film révèle un cinéaste avec un style, un regard et de la créativité, à garder à l'oeil à l'avenir, car il déploie dans ce film de l'audace, une grande connaissance du cinéma et beaucoup de talent.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Jaulas présente un univers situé à mi-chemin entre celui du Serbe Emir Kusturica et une esthétique (plans, composition) dominée par des couleurs douces qui laisse à penser que le réalisateur a beaucoup regardé les films du Texan Wes Anderson. Quoiqu'il en soit, le film accumule les réussites, combinant une beauté simple et sophistiquée à la fois, un message nécessaire et contondant et l'élan de fabriquer un film qui sorte des conventions narratives habituelles et soit une hybride entre le conte, le songe et le plus cruel des récits réalistes.

Tous ces éléments, Pacheco les utilise pour narrer le chemin de croix de deux femmes, une mère et une fille, qui décident de quitter leur existence misérable, où elles sont maltraitées physiquement et psychologiquement par un affreux bonhomme. Dans leur fuite, elles rencontrent des personnages en tous genres, d'un mafioso local à un grand enfant qui chante comme les oiseaux, en passant par un jeune homme pusillanime mais amoureux qui s'avère le drôle de prince charmant de ce film lui-même assez curieux.

Bien que le titre du film (qui signifie "cages" en français, ndlt.) souligne peut-être un peu trop ce qu'il souhaite condamner, on suit avec intérêt la trame, qui ne manque pas de passages humoristiques, les interprétations sont magnifiques et le travail de l'équipe technique et de la production (notamment la photographie superbe d'Alejandro Espadero) soutiennent harmonieusement la proposition d'un cinéaste à ne pas perdre de vue.

Jaulas a été produit par A Contracorriente Films (qui va aussi le distribuer en Espagne, à partir du 23 novembre), Suroeste Films et Spal Films, en collaboration avec Televisión Española, Canal Sur, la Junte d'Andalousie et l'ICAA. Les ventes internationales du film sont assurées par l'agence madrilène Latido Films.

(Traduit de l'espagnol)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.