email print share on facebook share on twitter share on google+

BERLIN 2019 Compétition

Critique: The Golden Glove

par 

- BERLIN 2019: Le nouveau film de Fatih Akin est habilement réalisé, mais c'est aussi un des travaux les plus atroces et sanglants qui soient jamais passés en compétition dans un grand festival

Critique: The Golden Glove
Jonas Dassler dans The Golden Glove

Imaginez ce que cela aurait donné si Lucian Freud et Mike Leigh avaient réalisé ensemble un film sur un tueur en série, et que Quentin Tarantino avait débarqué avec une pile de vinyles pour accompagner les scènes de viol et de meurtre : voilà en gros à quoi ressemble le film présenté par Fatih Akin en compétition au 69e Festival de Berlin. The Golden Glove [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, dont l'action se déploie sur plusieurs années dans les années 1970, s'inspire de la sensation litéraire allemande du même nom écrite par Heinz Strunk. La prose du livre était si brillante qu'elle a forcé l'empathie par rapport au célèbre meurtrier Fritz Honka, qui a tué plusieurs personnes à Hambourg.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)Cinesquare Internal News

Le "Golden Glove" en question est un pub humide, rempli de vieux alcooliques misérables, que Honka fréquentait, juste à côté de l'avenue Reeperbahn, une zone que les Beatles ont côtoyée avant de trouver Ringo Starr et la célébrité mondiale. Akin nous présente ici une version remplie de prostituées et de drogues du quartier rouge de St Pauli de Hambourg. La ville portuaire allemande est toujours affaiblie après avoir été réduite en poussière en 1943, et la seule chose qui empêche les personnages de s'ennuyer à mourir est d'abuser de la boisson, à grands coups de shots et de pintes.

La bande de "joyeux lurons" qui fréquentent le pub est dépeinte habilement par le scénario de Akin, et fabuleusement présentée à l'écran par son directeur de photographie Rainer Klausmann. Les gars au comptoir, qui ont des surnoms comme "Anus", "Cola Rhum Waltraud" et "SS Norbert", passent tout leur temps à reluquer les vieilles prostituées et les droguées assises aux tables. L'accent est mis sur l'horreur, et les gros plans donnent l'impression que ces personnages sont sur le point de nous frapper en plein visage.

Le film repose aussi sur une performance légendaire par Jonas Dassler dans le rôle de Honka. Akin a perçu une ressemblance entre l'acteur né à Remscheid et Honka pendant les Prix du cinéma de Bavière, où Dassler a remporté le Prix du meilleur espoir masculin pour ses prestations dans les films LOMO: The Language of Many Others [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
de Julia Langhof et La Révolution silencieuse [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
de Lars Kraume. Dassler ressemble ici à une bête: le maquillage et les prothèses qui lui couvrent le visage lui donnent un nez de boxeur ouvrier, les dents d'un squelette et des cicatrices dignes d'une nuit passée avec Freddy Krueger. Du fait de son poids, il marche comme Quasimodo. On le rencontre pour la première fois les fesses en l'air, en train de regarder le corps de la vieille femme obèse qu'il vient d'abattre. Son appartement est une porcherie. Il y a des photos de filles nues sur les murs, des poupées... Et il vaut mieux ne pas songer un instant à aller jeter un oeil à ses toilettes ! Après avoir porté tant bien que mal le corps jusqu'en bas des escaliers, il se demande s'il n'aurait pas mieux fait de couper le corps en morceaux après, et c'est une des scènes les plus plaisantes du film.

On a bien affaire à l'histoire brutale, moche et épisodique d'un tueur, et Akin s'assure de ne pas glorifier Honka en les rendant, lui et son monde, tellement noirs, douloureux et dégoûtants que c'en est presque trop brutal à regarder. Même les pompiers vomissent en voyant ce qu'ils découvrent. Ce film s'adresse à ceux qui ont l'estomac bien accroché. Il est habilement mis en scène, mais c'est aussi un des films les plus atroces et sanglants qui soient jamais passés en compétition dans un grand festival. On conseille d'apporter un petit sac en prévision, au cas où votre coeur se soulèverait.

The Golden Glove est un film Warner Bros Pictures coproduit par la France et l'Allemagne qui a réuni les efforts de bombero international, Warner Bros Film Productions Germany et Pathé Production. Les ventes internationales du film sont gérées par The Match Factory.

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.