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CANNES 2019 Quinzaine des Réalisateurs

Critique : Ghost Tropic

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- CANNES 2019 : Dans ce film délicat par Bas Devos sur la découverte poétique de l'espoir et de la félicité, c'est le parcours qui compte, pas la destination

Critique : Ghost Tropic
Saadia Bentaïeb dans Ghost Tropic

L'image de Bruxelles qu'a Donald Trump, qui a qualifié la ville d'"enfer", est clairement une image à laquelle le réalisateur belge Bas Devos ne peut pas adhérer, comme il l'exposait dans un film dont le titre reprend le mot du président américain, Hellhole [+lire aussi :
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fiche film
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, un récit sombre et poétique sur les temps qui ont suivi les attentats de 2016 et sur la nervosité des Bruxellois à ce moment. 

Mais Devos a plus à dire sur la question. Le voilà qui revient, trois mois à peine après la projection de Hellhole à Berlin, avec un autre titre, Ghost Tropic [+lire aussi :
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, projeté à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes. Dans ce long-métrage, la peur cède le pas à l'espoir et à la lumière. La poésie, cependant, demeure, et ce dès le titre, énigmatique, peut-être un peu étrange. 

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Il y a même ici des rires, peut-être les mieux sentis qu'on ait entendus dernièrement au cinéma, quand Devos présente l’héroïne du film, remarquablement interprétée par la comédienne de théâtre française Saadia Bentaïeb, pour la première fois sur un écran de cinéma. Khadija, une femme de ménage d’origine maghrébine en fin de cinquantaine, profite d'une pause café/thé avec ses camarades, qui se racontent des histoires. Quelque chose d’amusant a été dit, et la joie est chaleureusement partagée par cette communauté de gens de milieux ethniques différents, dans cette métropole européenne de taille moyenne qui semble vraiment à des lieues d’être un enfer. 

L’histoire principale de Ghost Tropic commence quand Khadija finit son service du soir et qu’elle prend le métro pour rentrer chez elle. Comme elle s'est assoupie, elle se réveille au terminus, assez loin de chez elle pour appeler l'endroit "l’autre bout de la ville". Comme c’était le dernier métro, elle n’a pas d’autre choix que de marcher dans l’inconnu, dans la nuit. 

Sans trop en dévoiler sur cette merveilleuse découverte de Cannes 2019, on peut dire que oui, Khadija va réussir à rentrer chez elle entière. Ici, c’est le parcours et pas la destination qui compte. En chemin, à travers une ville glacée l'hiver, elle va rencontrer un certain nombre de gens de différents moyens, milieux et origines, qui s'avèrent tous tout à fait humains, dans le très bon sens du terme. 

Un agent de sécurité laisse Khadija entrer dans un centre commercial fermé pour qu’elle retire de l’argent au distri-banque pour prendre un taxi (il va s’avérer que son solde est insuffisant) un jeune caissier dans une épicerie de nuit propose de la reconduire, un homme aisé issu d’un quartier riche offre à Khadija du travail (dans une scène qui a vraiment plusieurs niveaux de lecture), un sans-abri l'amène à retarder la résolution de son problème à elle pour venir en aide à d'autres. Elle repère aussi un membre de sa propre famille, mais décide de ne pas se montrer. Et voilà toute l'histoire : des rencontres, de l'ouverture d'esprit, une absence de peur, de l’espoir pour l’avenir, le tout à travers les yeux d’une femme de ménage très douce et intègre et d'un réalisateur doublé d’un poète qui voient tous les deux du bonheur là où d'autres voient l’enfer. C’est un réussite en matière de cinéma délicat, qui mérite largement d'être sur les grands écrans.

Ghost Tropic est une production belge de Quetzalcoatl, 10.80 Films et Minds Meet. Les ventes internationales du film sont gérées par la Chinoise Rediance.

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(Traduit de l'anglais)

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