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KARLOVY VARY 2019 Compétition Documentaires

Critique : Projectionist

par 

- Dans ce documentaire d'observation de Yuriy Shylov, un projectionniste de Kiev accumule les galères

Critique : Projectionist

Projectionist [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Yuriy Shylov
fiche film
]
est un documentaire sur le cinéma, la condition humaine et la mort. Ce premier long-métrage par Yuriy Shylov, en lice dans la section Documentaires du Festival de Karlovy Vary, commence par la naissance d'un cinéma, le Panorama, cinéma qui accueillait jadis les avant-premières les plus scintillantes à Kiev. L'histoire du cinéma est racontée à travers des images d'actualité utilisées à bon escient tout au long du film. Il a ouvert à une époque où les spectateurs arrivaient en costume et en robe du soir, mais finalement les rêves du cinéma sont partis en flamme. À l'intérieur de l'établissement, dans une pièce cachée aux visiteurs, se trouve la cabine de projection, où de grosses machines ronronnent et d'où part la lumière avant d'aller toucher l'écran. C'est là que notre héros, Valentine, a passé le plus gros de sa vie.

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Dans le film, tourné selon les principes du documentaire d'observation, on voit certains bons moments de la carrière de ce projectionniste excentrique, mais ausi et surtout les mauvais moments. Depuis 44 ans, il travail dans sa cabine, boit avec ses copains, danse avec les filles de l'agence de casting d'à-côté et globalement s'amuse beaucoup. Il semble y avoir autant d'action dans cette pièce qu'à l'écran... jusqu'à ce que tout se mettre à s'effriter. Le bâtiment n'est pas entretenu, un incendie éclate, et un jour, le propriétaire décide qu'il ne pourra gagner de l'argent qu'en faisant de ce cinéma un hôtel. On conserve une salle de projection au sous-sol, mais pour Valentine, il est temps de "profiter" de sa retraite.

À présent, il passe le plus clair de son temps dans un appartement, à s'occuper de sa vieille mère et à essayer de pourvoir à ses besoins. Mais il est lui-même malade, et l'espérance de vie en Ukraine étant de 64 ans, il n'est pas certain qu'il sera encore vivant au moment du générique de fin du film. Il y a un grand contraste entre les méthodes du documentaire d'observation utilisées pour dépeindre sa vie et les images des actualités sur ce cinéma, très nettes. La vie de Valentine est troublante et contradictoire. Il fume beaucoup, mais il a maintenant moins d'amis avec qui passer son temps. Ce que le réalisateur cherche à faire est comprendre ce que font les gens après la retraite, un vaste sujet que le Septième Art traite peu. On soupçonne que ce manque est dû au fait que les vieux présentent moins bien à l'écran que les jeunes, et c'est peut-être pour cela que regarder Projectionist est à ce point une lutte. Tout s'écroule autour de Valentine, y compris l'Ukraine. La décision d'avoir recours aux méthodes du documentaire d'observation fait qu'on se retrouve devant un montage d'images et de moments réunis de telle manière qu'on a l'impression d'avoir affaire à un collage abstrait, dont on a du mal à distinguer les ingrédients un à un.

Projectionist menace d'être un film sur l'Histoire du cinéma, mais s'avère un regard sur la manière dont les choses et les gens finissent par pourrir, abandonnés, à tel point que la mort semble une bonne sortie de secours. Est-ce le sort qui attend les cinémas, puisque les spectateurs sont de moins en moins nombreux ? Cette question, et les autres que pose le film, ne trouve pas ici de réponse satisfaisante, car Shylov n'a pas composé un récit assez fort ou suffisamment de métaphores significatives.

Projectionist a été produit par MaGiKa Film (Ukraine), en coproduction avec la Fondation DocEdu (Pologne) et TVP. Le film a reçu un financement de l'Agence d'État pour le cinéma d'Ukraine. Ses ventes internationales sont gérées par MaGiKa Film.

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(Traduit de l'anglais)

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