email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

ANGOULÊME 2019

Le Luxembourg à l’honneur du Festival d’Angoulême

par 

- Le Grand-duché, dont le secteur cinématographique est en plein essor depuis au moins les vingt dernières années, a été choisi comme pays à l’honneur du Festival du film francophone d’Angoulême

Le Luxembourg à l’honneur du Festival d’Angoulême
Barrage de Laura Schroeder

C’est la signature du Festival du film francophone d’Angoulême (FFA, 20-25 août) : l’événement fondé en 2008 se concentre chaque année sur une cinématographie nationale. Une belle façon de rappeler la pluralité du monde francophone, et la richesse de cet espace prônant l’indispensable dialogue entre les cultures. Après le Québec, le Burkina-Faso, la Wallonie, la Côte d’Ivoire, c’est désormais au tour du Luxembourg de recevoir les honneurs. Réputé pour sa position stratégique au cœur de l’Europe dont il est un vecteur politique, ce petit pays joue notamment un rôle clé dans la coproduction de films francophones, une caractéristique soulignée par la 12e édition du FFA.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Le Premier ministre Xavier Bettel, très attaché au cinéma et aux nouvelles écritures (en particulier la réalité virtuelle), a d’ores et déjà annoncé sa participation à la soirée d’ouverture d’Angoulême. Cerise sur le gâteau : le Grand-Duc et la Grande-Duchesse sont également attendus ! Un déplacement qui ne saurait passer inaperçu puisqu’il s’agit de la première fois que le FFA compte du "sang royal" parmi ses prestigieux invités.

C’est dans ce contexte favorable que le savoureux duo de fondateurs du festival, Marie-France Brière et Dominique Besnehard, a réuni un florilège de neuf œuvres retraçant l’histoire du cinéma du Grand-Duché. Avec en introduction : Il est un petit pays, un rare documentaire dans lequel René Leclère a sillonné la région en 1937 à la demande du Gouvernement. Le film fut projeté à l'Exposition universelle de Paris, servant comme moyen de promotion touristique.

Le focus angoumoisin est par ailleurs l’occasion de souligner l’héritage du cinéaste Pol Cruchten, dont la récente disparition a ébranlé la profession (il n’était âgé que de 55 ans). Deux œuvres sont présentées : Nuits de Noce, premier film luxembourgeois à être sélectionné à Cannes en 1992 ainsi que Black Dju, coproduit avec la France en 1996 et avec Philippe Léotard dans l’un de ses derniers rôles au cinéma. Cruchten, également auteur d’un récit émouvant sur les survivants de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (La Supplication [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
, 2016), s’apprêtait à réaliser son neuvième film Visage(s) d’Afrique en septembre, en Mauritanie.

Parmi les autres incontournables du focus, les spectateurs peuvent (re)décourir Préjudice [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Antoine Cuypers
fiche film
]
(2015), thriller belgo-néerlando-luxembourgeois réalisé par Antoine Cuypers avec Nathalie Baye, ou encore Barrage [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Laura Schroeder
fiche film
]
(2017) de Laura Schroeder. Ce drame intimiste réunissant Isabelle Huppert et sa fille Lolita Chammah, tourné en grande partie au lac de la Haute-Sûre, a représenté le Grand-Duché dans la course aux Oscars en 2018.

Le FFA n’oublie pas non plus de souligner l’expertise internationalement reconnue du Luxembourg dans le secteur de l’animation. Une impulsion qui remonte notamment à 1990, année de création du BTS spécialisé au Lycée des Arts et Métiers. Un ancien élève de cette formation, Alexandre Espigares, a co-réalisé avec Laurent Witz, Mr Hublot, récipiendaire de l'Oscar du court métrage d'animation en 2014. Ce court-métrage qui figure également dans la programmation angoumoisine illustre un monde absurde où les humains et les animaux sont croisés avec des machines : au cœur de cet étrange univers, un vieux garçon maniaque accueille sous son toit un chien-robot qui va lui donner du fil à retordre... Financé avec l'aide de la France, ce petit bijou formel est cependant un pur produit "local" puisqu'il a entièrement été créé par le studio luxembourgeois Zeilt Productions.

Deux autres films d’animation ont également été sélectionnés : Croc-blanc [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
d’Alexandre Espigares qui s’est distingué en 2017 aux festivals de Sundance et d’Annecy, et Les hirondelles de Kaboul [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Zabou Breitman et Eléa Gob…
fiche film
]
réalisé par Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec révélé cette année à Cannes. Ce drame qui replonge dans l’Afghanistan des talibans en 1998, compte d’ailleurs parmi les 10 longs-métrages de la compétition angoumoisine concourant pour le Valois d’Or. Dans sa globalité, le FFA a ainsi concocté une programmation à saveur luxembourgeoise plutôt appétissante, constituant une rare occasion pour le public français de découvrir l’indiscutable savoir-faire du pays en matière de cinéma.

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.