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TORONTO 2019 TIFF Docs

Critique : The Cave

par 

- Feras Fayyad propose un documentaire féministe sur le travail épique d’une femme-médecin qui sauve les victimes des bombardements dans un hôpital souterrain en Syrie

Critique : The Cave

La section spécialisée dans le documentaire TIFF Docs du Festival de Toronto festival a accueilli la première mondiale de The Cave [+lire aussi :
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. Le réalisateur, scénariste et monteur syrien Feras Fayyad, nominé aux Oscars dans la catégorie meilleur documentaire pour Last Men in Aleppo [+lire aussi :
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, a présenté à cette 44e édition de l’événement canadien une autre œuvre de référence sur la guerre civile syrienne, dont les personnages sont les héros anonymes qui continuent de vivre dans ce pays assiégé.

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The Cave se passe intégralement à Ghouta, un village situé non loin de Damas, connu au niveau mondial pour être le lieu qui, en 2013, a subi la pire des attaques d'armes chimiques enregistrée ces vingt-cinq dernières années. Quand tous les centres médicaux de Ghouta se sont retrouvés en ruine ou inutilisables, les survivants aux bombardements perpétrés par l’armée de Bachar El-Assad et ses alliés russes ont construit un nouvel hôpital souterrain relié à toute la ville par le biais de tunnels. Le documentaire The Cave dépeint le quotidien chaotique des médecins, des infirmiers et des patients qui se trouvent réunis dans cette gigantesque caverne post-apocalyptique.

La jeune doctoresse Amani Ballor, spécialisée en pédiatrie – entendre : dans le secours aux mineurs blessés – est l’authentique héroïne de l’hôpital, et du film. Et pourtant, tous les jours, elle est confrontée au refus de beaucoup de patients qui, bien qu’ils aient survécu aux bombardements, ne veulent pas qu'une femme les soigne, ou même qu'elle les touche. De la même manière que dans le documentaire For Sama [+lire aussi :
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interview : Waad Al-Kateab, Edward Watts
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de Waad Al-Khateab et Edward Watts, le film de Feras Fayyad promeut la cause féministe au Moyen-Orient en donnant la voix à des femmes qui tentent de se rebeller contre la tyrannie du patriarcat, protégée par la religion. Dans The Cave, on entend le Docteur Amani proclamer : "La religion n'est qu'un outil conçu par les hommes pour dominer les femmes" alors qu'elle vient d'échouer à trouver de nouvelles infirmières pour l’hôpital, ou après avoir entendu son père lui dire combien il a honte d'avoir mis au monde une fille qui travaille.

Les collègues médecins de notre doctoresse, notamment le Docteur Salim et l’infirmière Samaher, sont les seuls qui la traitent avec le respect qu’elle mérite, respect que mérite tout être humain qui a sauvé des milliers de vies dans des circonstances limites. Car bien que cet hôpital, appelé "la caverne" possède tout les instruments nécessaires, de quoi administrer des anesthésies, des médicaments et même des incubateurs, les médecins qui y pratiquent le font toujours selon les paramètres du chaos. L’existence de cet hôpital pendant des années a été un miracle qui a sauvé de nombreux Syriens. Malgré tout, le ton critique et défaitiste du documentaire anticipe sur le sort de la caverne. Une dernière attaque chimique, survenue en mars 2018, a forcé l’hôpital à la fermeture permanente, empêchant pour toujours le travail mémorable et épique de Docteur Amani.

The Cave a été produit par la société danoise Danish Documentary Production en coproduction avec ma.ja.de (Allemagne), avec le soutien financier du Danemark (Danish Film Institute), des États-Unis (National Geographic en possède les droits) et du Qatar (Doha Film Institute). Les ventes internationales du film sont gérées par Dogwoof.

(Traduit de l'espagnol)

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