email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

ZURICH 2019

Critique : Quello che non sai di me

par 

- Rolando Colla raconte, dans le poétique et sincère Quello che non sai di me, l'histoire de deux personnages marginaux qui cherchent le bonheur

Critique : Quello che non sai di me
Koudous Seihon et Linda Olsansky dans Quello che non sai di me

Si l’histoire mise en scène dans le nouveau film de Rolando Colla, Quello che non sai di me [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, présenté en première mondiale au Festival de Zurich dans la section Séances spéciales, pourrait sembler simple, presque prévisible, la complexité des personnages et leur innocence, jamais feinte, font de ce long-métrage une oeuvre très intéressante.

Quello che non sai di me raconte une histoire d’amour, entre Ikendu et Patricia, dans le décor tranquille et, à bien des égards, conformiste du Canton du Tessin. Deux personnages qui, du fait de leurs histoires personnelles et leur style de vie, se retrouvent dans les marges d'une société qui les tient à distance, comme des corps étrangers et, de fait, suspects.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Ikendu (interprété par le touchant Koudous Seihon), est un réfugié malien qui a dû s’enfuir de son pays et passer par la Libye puis l'Italie avant d'arriver en Suisse, à Bellinzona. De son côté, Patricia (interprétée avec beaucoup de justesse par Linda Olsansky) est une mère célibataire un peu bohème qui élève seule ses deux filles et travaille chez un réparateur de bicyclettes. Si on ignore presque jusqu’à la fin du film d’où vient son intrigant accent, on comprend dès le départ que Patricia évolue dans les marges d’un monde qui l'héberge sans vraiment l’accueillir. C’est une femme intrigante et à fleur de peau qui épouvante parce qu’elle est impossible à cataloguer. Et pourtant, elle cherche désespérément l’amour, avec une confiance et une fureur qui frôlent l’ingénuité. Les deux personnages voudraient vivre libres, en ne suivant que leurs propres règles.

La réalité du monde va s'avérer bien plus impitoyable et complexe qu'ils auraient voulu le croire. Leurs vies, apparemment très différentes, apparaissent avec le passage du temps de plus en plus semblables, constellées de non-dits menaçants comme une épée de Damoclès. Étrangers au monde qui les entoure, monde où les vies sont bien tracées et assurées, ils choisissent d’unir leur destin, croyant ainsi pouvoir échapper à leurs fantômes.

Tout est remis en question quand Ikendy est arrêté pour vente de stupéfiants. Ne sachant plus qui croire, Patricia se retrouve face à ses propres stéréotypes, des idées préconçues qui l'ont contaminées sans qu’elle s’en soit jamais vraiment aperçu. "Pourquoi serait-il innocent ? Pourquoi a-t-il épousé une blanche ?", lui dit la femme d’un ami d’Ikendu par provocation. Une question qui soulève beaucoup d’interrogations et remet en question, d’une certaine manière, ce qui les avaient réunis. Comment connaître vraiment l’autre sans en venir à vouloir le posséder ? Comment rentrer vraiment en contact avec quelqu’un sans que les stéréotypes qui l'entourent ne contaminent la relation, ne la distordent ? Filmant ses héros de près, avec tact et poésie, c’est à ces questions que Roland essaie de donner des réponses.

Quello che non sai di me a été produit par Peacock Film (Suisse), Solaria Film (Italie) et Axman Production (République tchèque). Les ventes internationales du film sont assurées par Film Republic.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'italien)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.