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FILMS / REVIEWS Danemark

Critique: Uncle

par 

- Frelle Petersen compose une très humaine tranche de vie rurale dans un petit coin cosy du Danemark le plus sudiste qui soit

Critique: Uncle
Jette Søndergaard et Peter H. Tygesen dans Uncle

Les difficultés de la vie à la ferme ont récemment été dépeintes de manière assez sinistre dans Ravens [+lire aussi :
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interview : Jens Assur
fiche film
]
de Jens Assur, qui se situait dans la Suède rurale des années 1970. Les deux personnages, un père suicidaire nommé Agne, littéralement embourbé dans son champ stérile, et son fils amateur d’oiseaux Klas, destiné à reprendre cette tâche à la Sisyphe, n'avaient droit qu'à très peu de moments heureux. Le film évoquaient des rêves anéantis, des espoirs perdus et des combats reconduits encore et toujours, les mêmes depuis des siècles.

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Devant Uncle, Grand Prix récemment au Festival de Tokyo, on est tenté de supposer que le réalisateur et scénariste du film, Frelle Petersen, ne s'est pas contenté de jeter un coup d'oeil sur Ravens, mais qu'il a décidé de lui répondre. La Suède profonde est maintenant le Danemark profond (juste à côté de la frontière allemande, là où Petersen lui-même a grandi), le jeune Klas est une jeune femme d'une vingtaine d'années nommée Kristine, et le père Agne est à présent l’oncle du titre, dont on ne connaît pas le nom. Les parents de Kris ne sont plus là mais on comprend que la mère a succombé à une maladie grave et que le père s'est donné la mort. Très peu est dit, tout au long du film, sur le sujet, ou sur quoi que ce soit, à vrai dire.

Cela prend environ dix minutes de film avant qu'on entende la première réplique. On voit le vieux fermier bourru (Peter H. Tygesen, le vrai fermier et propriétaire de la ferme qui apparaît dans le film) poussé sur une chaise roulante par sa nièce (Jette Søndergaard, qui est la vraie nièce de Tygesen). On les voit petit-déjeuner, se rendre dans les étables, l’oncle avec son déambulateur, s'occuper de la traite et mener les vaches à la pâture. Après le déjeuner, il faut s’occuper des machines, et puis l'oncle fait la sieste et la nièce va de nouveau nourrir le bétail, après quoi ils vont tous les deux au supermarché pour acheter des victuailles. C’est là qu’une voix, celle de l’oncle, se fait enfin entendre. "Nutella", dit-il .

À ce stade, il est déjà très clair que Uncle a un ton beaucoup plus léger et touchant que Ravens. Dans leur petit coin du monde, où les reportages télévisés sur la migration en Europe, les rencontres au sommet sur le changement climatique et les missiles nord-coréens etc., ne les affectent pas, Kris et son oncle mènent une existence bien complète. Après le dîner, ils s'offrent le plaisir d'une petite partie de Scrabble, regardent un sitcom et vont se coucher, et rebelote le lendemain. Ils sont certainement cloués dans une routine, mais celle-ci est familière, sûre et, disons-le, cosy, et tous deux en dépendent de la même manière.

Cette routine est légèrement bousculée quand un veau est atteint de diphtérie, ce que Kris identifie de manière experte – elle avait intégré une école de vétérinaire après son bac, et c'est sans doute là que sa situation familiale a tout remis en question. Grâce aux encouragements de Johannes, le vétérinaire du coin, joué par le vrai vétérinaire Ole Caspersen, elle se reprend enfin. Est-ce qu’elle envisagerait de reprendre ses études ? Est-ce que Kris est totalement loyale par rapport à son oncle, ou n'est-ce qu'un réaction réflexe ?

Un autre catalyseur du changement pour notre scrupuleux duo se présente sous les traits de Mike, le fils d’un fermier voisin, qui se rapproche timidement de Kris pour lui proposer d'aller dîner à la taverne du coin. Elle accepte et va au rendez-vous, accompagnée de son oncle en déambulateur. Suit une scène de restaurant inénarrable qui dépeint la vie à un moment inconfortable, mais du genre dont on rit des années après, dans les bonnes circonstances.

Des rêves, des espoirs, des combats : tout cela fait partie de Uncle (le film et le personnage). Cependant, les moments de bonheur abondent dans ce travail magnifiquement filmé (par Petersen lui-même) qui montre une tranche d’humanité assez exquise. L'enseigne Nutella devrait également se réjouir.

Uncle a été produit par la société danoise 88 Miles. Ses ventes internationales sont assurées par Alpha Violet.

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(Traduit de l'anglais)

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