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LUXEMBOURG 2020

Un 3e VR Day intensive et stimulante au Luxembourg City Film Festival

par 

- La troisième édition de l'événement a réuni des professionnels pour discuter des difficultés et possibilités offertes par le médium réalité virtuelle

Un 3e VR Day intensive et stimulante au Luxembourg City Film Festival
Tupac Martir présente le projet VR Cosmos Within Us (© VR Pavilion Luxembourg)

Vendredi 6 mars, lors de la dixième édition du Festival du film de Luxembourg Ville, s’est tenu la 3e Journée de la VR, organisée au Pavillon réalité virtuelle dans l'Abbaye de Neumünster. L’événement a réuni des professionnels de toute l’industrie de la réalité virtuelle (VR) pour qu'ils échangent sur les défis, les opportunités et les tendances qui se présentent pour ce médium relativement jeune.

La matinée a été consacrée à la présentation de plusieurs études de cas illustrant différentes approches des possibilités de la VR. La journée s’est ouverte sur le projet de la chorégraphe, danseuse et réalisatrice Blanca Li, The Merry Widow, une expérience collective et participative avec des danseurs présents et dans le monde virtuel, et dans le monde réel. Gros plan ensuite sur l'art immersif avec Eleanor Whitley, productrice pour le studio londonien Marshmallow Laser Feast, venue parler de l'utilisation de la technologie VR pour façonner des expériences immersives. Toby Coffey, directeur du développement numérique au Théâtre national, a pris le relais pour évoquer l’expérience en VR All Kinds of Limbo, qui insère un performeur en taille réelle, monitoré grâce à des techniques de capture volumétrique en 3D, dans un nouvel environnement en réalité virtuelle créé numériquement. Annick Jakobowicz, responsable recherche narrative en lien avec les nouvelles technologies chez France Télévisions, a décrit République - Le film interactif (de Simon Bouisson, co-écrit avec Olivier Demangel), où l’utilisateur peut alterner entre trois fils "Facebook live" différents mais simultanés, pendant une attaque terroriste (fictionnelle) à Paris.

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Après une pause, l’événement a tourné son attention vers l’intelligence artificielle. Frederik Duerinck, directeur et fondateur de la société Scentronix, a évoqué Algorithmic Perfumery : l'utilisateur répond d'abord à une série de questions sur sa personnalité (telle qu'il la perçoit) et sur cinq parfums spécifiques, après quoi une machine crée trois fragrances différentes, censées convenir à la personnalité de l’utilisateur et, ainsi, lui plaire. Dans une allocution, Thibaud Latour, directeur du département de recherche sur les "dynamiques humaines dans des environnements cognitifs" au Luxembourg Institute of Science and Technology, a répondu aux questions de Jean-Paul Bertemes, directeur science et société au sein du Luxembourg National Research Fund, sur la manière dont l'art et la science pourraient, à travers l’intuition et la créativité, être utilisés ensemble pour créer de nouvelles solutions.

Jimmy Cheng, directeur du contenu et des opérations chez Iconic Engine, a ouvert l'après-midi sur une présentation du travail de sa société pour "porter la vision d’Hollywood dans la réalité" : selon lui, la technologie devrait soutenir le contenu et pas l'inverse, et il a étayé ce propos en donnant des exemples de manières dont des clients ont étendu leur contenu original pour en faire une expérience en VR ou autre format immersif. Tupac Martir de Satore Studio a ensuite présenté Cosmos Within Us, un projet en VR coûteux qui complète l’utilisation de la réalité virtuelle par des odeurs, des effets de vent, de vrais danseurs, et plus encore.

Cette installation complexe a constitué la transition parfaite pour passer à un débat durant lequel plusieurs programmateurs de festivals ont partagé leurs méthodes pour inclure les contenus XR dans leurs programmes. Lili Hinstin, directrice artistique du Festival de Locarno, en Suisse, dit que "concevoir un programme en VR serait comme composer un programme en 16 mm", dans le sens où plusieurs formats peuvent être mis ensemble dans une même sélection. Nicolas Girard Deltruc, directeur du Festival du Nouveau Cinéma de Montréal, au Canada, est d’accord avec cette idée. Il a expliqué que le "Nouveau Cinéma" qui donne son nom au festival se réfère à toutes sortes d’images en mouvement. Fabien Siouffi, curateur pour le Festival de VR d'Arles, a étendu le propos en évoquant l’intérêt croissant du public pour la VR et la XR. La modératrice du débat, Astrid Kahmke, curatrice pour le Festival Virtual Worlds de Munich, en Allemagne, a également mis en avant l’importance de faire de la réalité virtuelle une expérience accueillante qui s'adresse à tous.

Enfin, pour conclure l’événement, une conversation extrêmement intéressante s'est tenue entre Arnaud Colinart, producteur et directeur créatif pour le studio Atlas V, dont le projet Spheres a gagné le Grand Prix de la VR à la Mostra de Venise en 2019. Colinart s'est arrêté sur le besoin du secteur en auteurs qui ont des idées, la narration étant pour lui un biais formidable pour faire oublier aux spectateurs la technologie et les immerger pleinement dans l’expérience. De son point de vue de créateur, le présent est un moment crucial, car la réalité virtuelle n’est pas encore acceptée comme faisant partie du "mainstream". Ainsi, il a appelé les autres créateurs à être particulièrement perfectionnistes avec leurs projets, car chaque échec pourrait potentiellement nuire à toute l’industrie.

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(Traduit de l'anglais)

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